Projet de Bible en langues locales du Congo

Projet de Bible éléctronique en langues locales30 ottobre 2026
Les langues sont un patrimoine de l’humanité. Utiles pour définir l’identité, s’exprimer et comprendre le monde, mais elles subissent le même sort que l’homme : naître et mourir. Comment peut-ton limiter les dégats de la mort de l’homme et de sa langue ?Notion biblique de nation et de langue


Conférence 2027 projet Bible en langues locales du Congo

  1. Notion biblique de nation, peuple, ethnie et langue

Pierre Matabaro Chubaka OFM

Intoduction

Je viens de lire dans Cahiers des Religions Africaines l’article du Prof Augustin Tshitende Kaleka[1], intitulé Les affirmations ethno-régionalistes et l’appartenance nationale. C’est une approche philosophique bien équilibrée invitant à intégrer les différents niveaux identitaires pour une identité nationale. J’apprécie l’aspect pluralité qui doit caractériser une nation moderne.

Je pourrais bien compléter avec une approche biblico-théologique soulignant la complexité et la complémentarité des termes goy ethnê, am, laos, erets. Les implications historiques politico-économiques ont fait qu’Israël un ramassis de nomades (Dt 26)[2] devient tour à tour nation en Egypte, puis Royaume unitaire sur la terre de Canaan en y conquérant certains Cités-Etats, puis éclate en deux royaumes, puis province de l’Empire Assyrien, de l’Empire Babylonien, de l’Empire perse, puis Province de l’Empire grec, encore province de l’Empire romain, enfin apatride pendant 1800, et de nouveau une nation Israël au sens moderne depuis 1948.

Le sort de l’Afrique est similaire à celui d’Israël : les royaumes et empires africains sous le coup de l’histoire par les esclavagistes ou par les colonialistes ont été  réduits à des simples tribus ou ethnies ou communautés selon la nomenclature du dominateurs.

« La littérature coloniale du début du XXe siècle n’a pas désigné une entité politique du Congo comme nation, mais comme peuplade ou tribu. Celle-ci étant défini comme ‘agglomération des familles ou clans sous l’autorité d’un chef, vivant dans la même contrée et issue d’une même souche’ en générale, parlant une même langue commune et ayant consciences de leurs différences par rapport à d’autres groupes[3].»

Munzihirwa reproche à cette littérature d’avoir fait une amalgame en qualifia les différentes communautés de « Tribu-Tribal » malgré leurs structures sociologiques variées, et surtout d’avoir ignoré qu’en dehors de l’unité territoriale, du système politique et l’économie il y a la conscience nationale[4]. C’est la religion et la langue qui expriment cette conscience.

Il est important de noter que quiconque fait de la sociologie en langue étrangère se trompe sur certains termes. En effet, dans la Bible le mot français « nation » a des équivalents hébreux qui, selon le contexte, se traduiraient par famille, maison, tribu, nation. En mashi de même, le mot français « nation » peut être rendu, selon le contexte par différents mots qui, au sens strict signifient : famille (mulala), tribu (bûko), maison (nyumpa), nation (ishanja)[5]. Les langues modernes ne doivent pas appauvrir cette richesses des nombreux siècles. La Révolution Française ne doit pas nous obliger à rétrécir le sens du mot « goy », nation, qui était large. Je tâcherai de cueillir l’équivalent ou les équivalents du mot goy en mashi selon des témoins crédibles comme Père Pierre COLLE[6] et M. Christophe MUNZIHIRWA[7] pour voir en quel sens ils considéraient la communauté Shi comme une nation avant l’amalgame coloniale de l’Etat Indépendant du Congo, EIC.

I.1 Le rôle de la langue et son maintien pour la survie d’une nation

  • La langue pour l’individu et pour la communauté est patrimoine. « Si la pratique et la transmission du patrimoine vivant contribuent à entretenir la vitalité, la force et les bien-être des communautés autochtones, la langue est le principal vecteur par lequel ce patrimoine vivant peut rester vivace [8]»

La vie, les parents, le lieu de naissance, la langue du premier mot sont les dons primordiaux non choisis, mais à maintenir pour ne pas se perdre. La langue sert à m’ouvrir au monde, exprimer ma pensée, entrer en communication avec la communauté et avec Dieu. Dans Ph 2 , 11 il est dit clairement : «Et que toute langue proclame que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu, le Père.»

0.2. Les langues  naissent et meurent. Les linguistes disent que 100000 personnes  seulement peuvent maintenir leur langue vivante[9]. Et vous qui m’écoutez, voulez-vous participer à l’enterrement de votre langue ou être parmi les 100000 personnes qui maintiennent votre langue vivante ?

0.3. Le sort de l’homme est semblable à celui de la langue car l’homme est  fragile.  Il nait et il meurt ! De même la langue naît et meurt. Cependant l’homme a trouvé un mécanisme de lutte anthropologique contre la mort humaine et la mort linguistique, en trois grandes luttes : la paternité et la maternité ; la production des œuvres plastiques, intellectuelles et philanthropiques ; la religion qui défend la vie en amont et en aval.

I.2 Les patriarches d’avant Joseph sont encore des nomades et résidents étrangers

Deux paragraphes nous résument les origines des Hébreux, descendants d’Abraham[10] :

« Les Patriarches sont des « résidents étrangers », qui ne prétendent à aucun autre droit. Il n’y a pas de conflits de souveraineté : après son expédition, et devant Melchisedech, Abraham refuse de prendre les biens en guise de butin…La « politique de la promesse » en œuvre dans ces cycles peut se résumer par l’injonction de YHWH à Abraham : « Debout ! Parcours le pays en long et en large, car je te le donnerai » (Gen 13, 17). C’est une légitimité, interne et externe, qui est fondée par le parcours du pays et par l’acquisition légale, sans intervention divine.

Enfin, la promesse de YHWH à Abraham (« Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai », Gen 12, 2a) trouve une correspondance avec celle faite à David, lui promettant une dynastie : « Je te donnerai un renom égal à celui des plus grands peuples de la terre » (2Sam 7, 9b). Ces récits sont souvent des stéréotypes, visant à établir une généalogie – une « ethnogenèse » –, comme pour la plupart des peuples. On y voit également diverses traditions tribales ou claniques, dont la forte localisation présente une caractéristique : Abraham dans les environs d’Hébron – jusqu’à la mer Morte –, Isaac dans le Néguev – autour de Beersheba –, Jacob dans le centre, associé à Sichem.»

I.3 Joseph fait des fils de Jacob une nation forte en Egypte

Joseph, le fils de Jacob qui était vendu comme esclave a connu des moments des souffrances, mais aussi le moment de gloire en Egypte. Le Pharaon Putiphar lui donne le Commandement de l’Egypte (Gn 41, 37-43). Lors d’une famine en Canaan il a obtenu du Pharaon l’autorisation de faire venir sa famille en Egypte. Joseph de grand cœur envers ses frères en donne une interprétation théologique  :

«Maintenant, ne vous affligez pas et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu pour être conduit ici, car c’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous (45, 5).

Un petit nombre deviendra « là une nation grande, puissante, nombreuse.»[11] Même à l’étranger ce peuple sera une nation à craindre[12]. Le témoignage du rapport Israël et Egypte sont nombreux entre autres celui de Encel[13] :

« Le ‘dossier  égyptien’  est  aussi  complexe  que  passionnel,  tant  il  a  été surchargé   de   sentiments, d’attentes   ou   d’entreprises   de   déstructuration… Quoi qu’il en soit, l’Égypte a représenté une sorte de ‘miroir test’ pour les Israélites/Juifs et leur comportement, liant indissociablement – et paradoxalement – le pays du Nil à celui du Jourdain… Précisons que ces visées extérieures, outre des perspectives économiques, devaient éloigner les frontières sanctuarisées de l’Égypte le plus loin possible »

Certains inscriptions trouvé par l’archéologie et certains noms confirment certains récits bibliques sans prendre tous les détails comme une chronologie. De là on peut déceler une base historiques à ces mouvements des peuples et contacts entre nomades et sédentaires[14]:

« Des Asiatiques étaient présents en Égypte, surtout sous la xviiie dynastie, captifs, employés aux corvées et aux grandes constructions, ou même, ponctuellement mais non rarement, poursuivant des carrières en tant que fonctionnaires. Aper-El, vizir d’Aménophis III avec un nom sémitique, ou Ben-Azen, échanson du fils de Ramsès II, Merneptah, fournissent des exemples incontestables de cette présence d’Asiatiques.»

I.4 Du peuple nation puissante on passe à l’esclavage en Egypte

Encel décèle un paradoxe dans la présence des Hébreux en Egypte.  À la suite du cycle des Patriarches, constate-t-il, et plus précisément dans la continuité des récits de Joseph en Égypte, on retrouve les Hébreux esclaves et oppressés par un « nouveau roi […] qui n’avait pas connu Joseph ». L’Égypte est prééminente dans l’histoire, les représentations et la théologie juives, en même temps elle a un rôle paradoxal ; tantôt terre de refuge, tantôt terre d’oppression. Il remarque que 650 occurrences se reportent à l’Egypte, la majorité d’entre elles provenant des cinq premiers livres du Pentateuque (Torah)[15].

Pour Encel, c’est l’Égypte qui permet au Dieu d’Israël d’entrer sur la scène historique et d’y faire ses preuves. Il y trouve le premier tableau de ce que on peut appeler un triptyque. Après quelques siècles de tranquillité les Hébreux deviennent esclavages et désormais  ils sont menacés par un Pharaon qui entend en réduire le nombre. Pour Encel, le trame est historicisante, c’est-à-dire qu’il y a une volonté historienne d’inscrire ces événements dans l’histoire.

« Bien évidemment, il ne s’agit pas d’établir un rapport circonstancié, des sortes de chroniques, pour rendre compte le plus objectivement des événements. Le but est bien théologique : montrer la puissance de YHWH qui, après s’être révélé à Abraham puis à Moïse, combat la principale puissance de l’époque – du moins jusqu’à la fin du xiiie siècle… La mémoire occidentale en a gardé de grands souvenirs épiques, réactivés par les péplums modernes[16]. »

Encel explique le second volet du triptyque qui dépeint l’Egypte en ces termes:

« Après la destruction miraculeuse des armées égyptiennes, avec Pharaon à leur tête, le point d’orgue est le don de la Torah au pied du mont Sinaï… L’élément essentiel est bien sûr la réunion de tout le peuple, sans distinction, d’ailleurs, entre hommes et femmes. Cette révélation marque une borne fondamentale, une distinction temporelle[17] »

Le nouveau Pharaon dans sa folie de grandeur prétend contrôler l’avenir d’Israël, et renforcer la sécurité de l’Egypte, invente un pire génocide de tuer tout enfant juif mâle à la naissance. C’est dans ce contexte que naitra Moïse, le futur grand leader. L’esclavage est dur. Des textes bibliques disent que l’esclavage a duré 430 ans (Ex 12, 40-41)[18]

I.5 Les esclaves Israélites se libèrent pour redevenir une nation

Le troisième volet du triptyque de YHWH libérateur par Moïse concerne la conquête que fera Israël pour rentrer en Canaan :

« Pourquoi une conquête ? Il s’agit du troisième volet du triptyque de la « biographie » de YHWH. Car il fallait bien une terre pour y accomplir les commandements de la Torah, et éprouver la foi du peuple choisi. Cette conquête elle-même est détaillée comme un don de YHWH : lorsque les Israélites combattent seuls, sans l’aval de Dieu, ils sont systématiquement défaits[19]. »

Il existe plusieurs interprétations sur l’exode, mais le fait commun est qu’un peuple qui a connu le haut et le bas en Egypte s’est libéré. Certains y voient un simple hasard d’autres une lecture théologique[20]. En effet en Egypte, Israël a été traité tour à tour : esclaves, migrants, même le mot hébreu ebr signifie traverser, passer, immigrer, être nomade.

Israël quitte un Maître pour devenir serviteur de YHWH. C’est celui-ci qui a choisi le peuple, il a donné l’alliance, la loi et la terre.

« L’« élection » du peuple juif apparaît comme une donnée fondamentale, récurrente et également surchargée de sens, théologique ou non. Appliqué à la relation avec Israël et Jérusalem, il prend cependant un sens tout particulier : ce n’est plus un choix qui est motivé. YHWH ne se justifie pas du choix de ce peuple ou de l’endroit où il fait résider son Nom.[21] »

Ayant choisi ce peuple, depuis l’appel d’Abraham, Dieu refait l’Alliance avec le peuple descendant d’Abraham. C’est l’alliance qui précise les conditions du maintien du choix fait par Dieu[22]:

« Plusieurs alliances et réitérations d’alliance parcourent la Bible, depuis celle passée avec Noé, rescapé du Déluge, et concernant l’Humanité à venir. Mais l’alliance avec le peuple, encadrant juridiquement l’élection… (2Sam 7, 13-15).

Cette alliance symbolise parfaitement le changement de maître qui s’est opéré après la sortie d’Égypte…

L’autre aspect, lié au premier et à « l’institution prophétique », est la moralisation des alliances. On demande en effet au peuple une conduite, plus que des obligations formelles ; équité, justice, respect envers l’Autre… »

I.6 Israël sous les Juges et sous la monarchie redevient une nation

Les tribus israélites ont dû combattre ensemble pour avoir la suprématie sur les Philistins. Le livre de Josué raconte une tragédie : Israël massacre sous ordre de Dieu, car selon Deutéronome et Josué ces peuples de Canaan, dont les Philistins, pratiquant l’idolâtrie ils profané la terre. En conséquence, Dieu veut le déposséder pour donner la terre à son peuple privilégié. Les tribus d’Israël justifient théologiquement la prise de cette terre.

« Le livre des Juges ouvre une nouvelle étape transitoire dans la sédentarisation et l’installation des tribus en Canaan, même si le tableau historique est de beaucoup plus flou que le récit biblique, encore qu’à lire les Juges, beaucoup de difficultés demeurent. »[23]

On peut présenter schématiquement et brièvement les dates historiques d’Israël de l’exode d’Egypte aux différentes dominations subies en Canaan et la dispersion due aux Romains avant de revenir à l’Etat d’Israël aujourd’hui[24].

I.7 L’ancien royaume d’Israël

L’histoire d’Israël est relativement longue, du XIe siècle avant notre ère, alors que l’État d’Israël qu’on connaît aujourd’hui a été fondé en 1948. L’histoire de l’ancien Israël n’est qu’une suite d’exodes et de dominations du peuple hébreu par d’autres peuples plus puissants tels les Babyloniens, les Perses, les Grecs d’Alexandre le Grand, les Syriens, les Romains, etc. « Ce  sont  les  défaites  contre  les  Philistins,  lesquels  avaient  même  capturé  l’Arche,  qui  poussèrent  le  peuple à réclamer un roi, même si le déclencheur fut les péchés des fils d’Eli en tant que juges…YHWH annonça à son Prophète qu’il devait oindre Saül comme premier roi, car « il délivrera mon peuple de la main des Philistins » (1Sam 9, 16), et « il jugera » (9, 17) ce même peuple. Pourtant, outre l’onction, Saül sera également tiré au sort, puis acclamé par le peuple, selon deux traditions   parallèles. »[25]Selon Encel[26], à l’origine, les Hébreux vécurent dans une relative prospérité en Égypte jusqu’à ce que, vers 1250 avant notre ère, voulant fuir la domination égyptienne, ils quittèrent ce pays. Encel[27] renchérit qu’à cette époque, les Juifs parlaient l’hébreu, une langue de la famille afro-asiatique (groupe sémitique). À la mort du roi Salomon en 922 (avant notre ère), le pays fut divisé en deux parties. Le nom d’Israël fut conservé par le royaume du Nord, qui prit pour capitale Samarie. Ce royaume fut détruit par les Assyriens en 721.  En position stratégique, le royaume du Sud, appelé royaume de Juda, parvint à  résister jusqu’au VIe siècle (av. J.-C.), avant d’être conquis par la Babylone. Le royaume  fut ensuite détruit et ses habitants déportés à Babylone (587). A ce moment l’hébreu subit une influence de l’araméen au point où la plupart des Juifs perdirent leur langue au profit de l’araméen, renseigne Encel[28], qui mentionne qu’entre Juda et Babylone il y a eu un jeu de survie car les populations fuyant le nord ont doublé en peu de temps la ville de Jérusalem que le Roi Sédécias a pu maintenir jusqu’à sa capture.

I.7.1 L’Empire perse

Encel considère l’Empire perse come le rêve de l’équilibre[29]. La Bible en donne une interprétation théologique[30] :

« Aussi  fort  que  Nabuchodonosor  représente  la  figure  archétypale  du Méchant envoyé par YHWH, Cyrus est paré a contrario du manteau d’oint et  de  libérateur,  envoyé  par  YHWH.  La punition  envers  le  peuple  d’Israël, et dont le souverain babylonien fut l’arme par destination, prend fin avec le châtiment de l’arme elle-même, et le retour sur la terre promise» (Is 45, 1).

En 538, le roi Cyrus le Grand conquit Babylone et fonda l’Empire perse; il autorisa les Juifs à retourner en Judée. Ceux-ci contribuèrent à répandre de plus en plus l’araméen dans la région.

Puis, en 333, la Macédoine d’Alexandre le Grand s’imposa comme la puissance dominante de l’époque et la Judée devint une province de l’empire d’Alexandre, ce qui eut pour effet de pousser les Juifs à émigrer par milliers vers la nouvelle capitale d’Alexandrie en Égypte, même jusqu’aux rives de la mer Noire et aux îles grecques de la mer Égée. Ces immenses mouvements de population prirent une telle importance qu’on les désigna sous le nom de diaspora (en grec: «dispersion»). Beaucoup de ceux qui s’éloignèrent de Jérusalem adoptèrent le grec, la langue de communication commune de l’Empire hellénique.

On traduisit même l’Ancien Testament en grec. Ainsi les  Juifs de la diaspora parlaient le grec, les Juifs de Judée parlaient souvent l’araméen. L’hébreu était entré dans une sorte d’hibernation, sauf en liturgie.

À la mort d’Alexandre en 323, l’empire grec fut divisé. La Judée revint d’abord à l’Égypte. En 198 la Syrie remporte sur l’Egypte et annexa ensuite la Judée à ses territoires. Or les Syriens parlaient un idiome s’apparentant à l’araméen. En 167, le roi Antiochos IV interdit la religion juive.

En 63, sous l’Empire romain, la Judée devint une province romaine et, au Ier siècle de l’ère chrétienne, les Juifs, dont Jésus vivaient généralement un certain bilinguisme hébreu-araméen. En fait, la plupart des Juifs parlaient couramment un araméen hébraïsé, puis l’hébreu, alors que les plus instruits parlaient aussi le grec.

I.7.2 Les répressions romaines

Sur le plan politique, les Juifs subirent plusieurs répressions qui aboutirent à une violente insurrection déclenchée par les zélotes, une faction politico-religieuse juive réputée pour sa résistance aux Romains en Judée. La révolte fut écrasée par les légions de Titus lors de la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 de notre ère. Ce fut le signal de la dispersion des Juifs et un coup fatal pour la langue hébraïque. La province romaine de Judée devint en 135, province romaine de Syrie-Palestine; Jérusalem devint une cité romaine interdite aux Juifs, sous peine de mort[31]. Pourtant les Romains était venus comme protecteurs d’Israël avec un accord signé (1Mac 8). Quand on fait un accord on doit rester vigilant .

À cette époque, les Juifs de la Judée (Palestine) ne parlaient que l’araméen, un araméen plus ou moins hébraïsé. L’hébreu perdit définitivement son caractère de langue parlée et ne subsista plus que chez une petite élite religieuse qui continua de lire et d’interpréter les textes de la Bible. Néanmoins, plusieurs parties des Saintes Écritures ne furent plus rédigés qu’en araméen. Cette période de l’histoire sonna la fin de l’ancien Israël. Bref, l’histoire de la langue hébraïque montre que le maintien de l’hébreu parlé fut lié au maintien de l’indépendance politique et que la disparition de cette langue coïncide avec la perte de leur État.

II.L’Afrique a connu le même sort qu’Israêl : occupation et remplacement de langue

II.1 Langues du Kivu

Ce phénomène se répète en Afrique où la colonisation a amené des langues étrangères au détriment de langues locales[32]. Le cas de l’Est de la RDC est révoltant. A partir de 1885, plus de 400 cultures se sont combinées pour créer l’Etat Indépendant du Congo, 2.34.5000 km², propriété individuelle privée du Roi des Belges Léopold II. Il a mis ensemble des centaines des nations dans un Etats qu’est le Congo, RDC aujourd’hui.

L’une des conséquences de la colonisation est que de nombreuses langues indigènes de la République démocratique du Congo (RDC) ont été négligées. La plupart des rois et des chefs traditionnels ont été ciblés et exilés comme un moyen de détruire leurs cultures et leurs langues. Néanmoins, les missionnaires chrétiens ont sauvé certaines de ces langues en les traduisant dans la Bible et la liturgie. Malgré l’indépendance , 3 langues natives sur des centaines ont été retenues : Lingala, Tshiluba, Kikongo. Le kiswahili n’est pas né au Congo. C’est une langue née sur la côte orientale de l’Afrique[33] par besoin commercial de la rencontre entre l’arabe et le langues bantoues lors de la traite négrière.

Les langues les plus menacées à l’Est de la RDC sont : Nande, Kinyanga, Kihunde, Kihavu, Mashi, Kilega, Kifuliru, Kivira, Kibembe, Kiluba, Kitabwa, Kisanga, Rund, Kitchokwe, Chibemba. Toutes les langues natives de Kipushi à Kisangani ont été ignorées.

• Langue nande du royaume fédéral de Yira-Nande ;

• Kihunde , langue du Royaume de Bahunde.

• Langue Kinyanga du Royaume de Banyanga

• Langue kihavu du royaume du royaume de Bahavu

• Langue Mashi du royaume Fédéral Bashi composé de sept royaumes: Kabare, Ngweshe, Kaziba, Luhwinja, Burhinyi, Ninja et Kalonge, parlant la même langue.

Je voudrais commencer par documenter la langue Mashi que je connais bien. J’ai des contacts avec de nombreuses personnes âgées qui le parlent jusqu’à aujourd’hui. Dans de nombreux villages, ces langues sont encore parlées. Je donnerai ici un extrait de la Concordance de la Bible en mashi du Congo sur le mot « goy » qu’on traduit par nation, ethnie, tribu, pays. C’est termes polyvalent en hébreu come en grec[34].

• La langue kinyindu, la zone de l’origine des Bami du Bushi, sur les terres de Banyindu.

• Kirega, langue Lega du Royaume Fédéral de Barega.

• Kifuliro, langue kifuliru du Royaume de Bafuliru, Bafulero.

• Langue Kivira du Royaume de Bavira.

• Langue Kibembe du Royaume de Babembe.

• Langue Kitabwa du Royaume Batabwa.

• Langue Chibemba d’un Grand Royaume qui a été divisé, une partie en Zambie et une autre en République Démocratique du Congo

• Langue Kiluba du Royaume Baluba Shakadi.

Rund Langue d’un grand Empire qui s’est divisé en trois parties : une en RDCongo, une autre en Zambie, une autre en Angola.

• Langue Tchokwe du Royaume Bakatchokwe. Qui a été divisé en trois parties : une en RDCongo, une autre en Zambie et la dernière en Angola.

II.2 Les langues de l’ancienne Province Orentale avant le découpage de 2025 :

Avant le découpage territorial de 2015 en 26 provinces, la Grande Province Orientale était la plus vaste entité administrative de la République démocratique du Congo (chef-lieu : Kisangani). Elle a été subdivisée en quatre provinces : le Bas-Uele, le Haut-Uele, l’Ituri et la Tshopo.

La Grande Province Orientale est réputée pour sa très grande diversité ethnolinguistique, se situant au point de rencontre entre les langues Bantoues, Nilo-sahariennes (nilotiques et soudaniques centrales) et Oubangiennes (ou Niger-Congo non-bantoues).

II.1.1. Langues véhiculaires et nationales

À l’échelle régionale, deux grandes langues nationales servent de langues d’intercommunication :

  • Le Kiswahili (Swahili) : Particulièrement dominanât dans l’Ituri, la Tshopo et le sud de la province, ainsi que dans les milieux urbains comme Kisangani et Bunia.
  • Le Lingala : Largement utilisé le long du fleuve Congo et dans les zones forestières à l’ouest et au nord (Uele).

II.1.2. Langues locales par nouveaux districts / provinces issus du découpage

A. District du Bas-Uele

Zone principalement dominée par la famille des langues oubangiennes et bantoues septentrionales.

  • Zande (azande) : La langue majoritaire du nord et du nord-est.
  • Boa (ababua / baboa) : Très parlé dans le centre et le sud du Bas-Uele (Buta, Aketi, Bambesa).
  • Mba et Dongo
  • Barambo (abarambo) et Poko

B. District du Haut-Uele

Région charnière avec une forte concentration de peuples oubangiens et soudaniques.

  • Zande : Très répandu autour de Niangara, Dungu et Faradje.
  • Mangbetu : Langue soudanique centrale emblématique, largement parlée (Rungu, Isiro, Niangara).
  • Budu (kibudu) : Langue bantoue parlée au sud du Haut-Uele (territoire de Wamba).
  • Mayogo (mayogo-bangba)
  • Logo et Kakwa (langues nilo-sahariennes / nilotiques vers la frontière avec le Soudan du Sud et l’Ouganda)

C. District de l’Ituri

C’est l’un des districts les plus diversifiés du pays sur le plan linguistique :

  • Alur : Langue nilotique parlée dans les hauts plateaux de Mahagi.
  • Bira (kibira / bera) : Langue bantoue parlée en forêt (Irumu, Mambasa).
  • Lendu (kilendu / ‘Bale) : Langue soudanique centrale parlée dans le territoire Djugu.
  • Hema (ghema / kikiga) : Langue bantoue proche du nyoro-tooro.
  • Ndo (ndo-okebo) et Aveyi (Aru)
  • Lesu (mlesu / bale) / Ngiti (ksaranga)
  • Efe : Langue parlée par les populations autochtones pygmées de la forêt d’Ituri.

D. District de la Tshopo (bassin de Kisangani)

Majoritairement dominé par le groupe linguistique bantou.

  • Lokele (yaokole) : Langue des riverains du fleuve Congo (Isangi, Kisangani).
  • Topoke (Isangi)
  • Kumu (bakumu / kikumu) : Parlé dans les territoires d’Ubundu et autour de Kisangani.
  • Mbole (kimbole) : Parlé dans le territoire d’Opala.
  • Lengola (Ubundu)
  • So (soco / basoko) : Parlé dans le territoire de Basoko.
  • Olombo (turumbu) (Isangi / Banalia)
  • Bali (kibali) (Banalia)

II.2.Synthèse des grandes familles linguistiques présentes

  1. Bantoues : Budu, Bira, Lokele, Boa, Kumu, Mbole, Hema, Bali.
  2. Oubangiennes : Zande, Mayogo, Barambo, Mba.
  3. Soudaniques centrales : Mangbetu, Lendu, Logo, Ndo.
  4. Nilotiques : Alur, Kakwa.

Toutes ces langues ont été déstabilisées par l’influence de la langue régionale kiswahili importée et imposée de Kipushi à Kisangani pour l’administration belge.

La meilleure manière de conserver une langue c’est la mettre dans la religion surtout dans la Bible ou dans le Coran. C’est cela qui a donné la chance à trois langues qui ont traversé l’histoire, à savoir : l’hébreu, le grec et l’arabe. Pour ces langues de l’Est engageons-nous et gardons l’espoir de réussir comme les Juifs ont pu sauver leur langue malgré le 430 ans d’esclavage en Egypte[35], 70 ans en exil à Babylone[36] et 1800 de dispersion après que les Romains eurent détruit le Temple de Jérusalem[37]. Il s’avère que la nation vit par sa langue et la langue vit par sa nation

II..3 La longue hibernation de l’hébreu

Pour Fraysse[38], en réaction à la dispersion des membres du peuple hébreu, les rabbins bâtirent une religion — le judaïsme — adaptée à l’exil. Ceux-ci fondèrent l’unité des juifs sur leur héritage littéraire biblique, l’organisation des communautés et l’éternel espoir messianique, puis ils fixèrent les règles de la pratique religieuse. Durant six siècles, les chefs religieux codifièrent la Loi orale dont ils rédigèrent l’essentiel dans la Mishnah et la Gemara, lesquelles formèrent le Talmud. Les juifs optèrent pour l’araméen parlé, écrit et lu de l’Inde à l’Égypte, puis du Caucase jusqu’à l’Arabie. Il souligne que  l’araméen régna sur de vastes territoires durant plusieurs siècles, soit jusqu’à la conquête arabe dont l’écriture elle-même dérive d’une forme de l’alphabet araméen. Progressivement, constate Fraysse, un phénomène d’hybridation linguistique s’installe, car toutes ces judéo-langues se sont constituées sur la base de la langue locale avec un apport lexical plus ou moins important de l’ancien hébreu, créant le yiddish[39].

Etant donné que la Bible est aussi une conscience juive, nous allons pouvoir y déceler ce qu’il considèrent comme nation. En effet, « dans l’Ancien Testament, le mot “nation” traduit généralement l’hébreu goy.

“Contrairement à son acception actuelle, ce terme n’a rien de péjoratif pour les rédacteurs du texte biblique, indique l’historien et bibliste Michael Langlois, nouveau directeur de Réforme. On l’utilise le plus souvent par opposition à un autre mot hébreu, ‘am, que l’on traduit plutôt en français par “peuple”. ‘am/peuple évoque davantage le côté filial, l’idée d’ancêtres communs, de liens biologiques entre des personnes. Goy/nation possède à l’inverse une connotation politique, on l’emploie pour désigner un groupe d’individus qui forment un ensemble cohérent, un groupe qui vit une destinée commune, sans nécessairement avoir des liens de sang. Notons, en guise de nuance, que les choses ne sont pas tout à fait aussi schématiques, et il est parfois difficile de distinguer aussi clairement ces deux sens.” [40]»

Le lecteur moderne est habitué au dictionnaire moderne qui ont une conception un peu différente de la nation : «  La nation, selon le dictionnaire Le Robert, est un “groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun”. En français, cependant, le mot possède une forte connotation historique, indissociable de la Révolution française et de l’expérience républicaine.  Et la Bible dans tout cela ?[41] »

Pour la Bible il convient de considérer les mots goy et am en hébreu ; ethnos et phülê en grec pour comprendre quelle conscience avaient les peuples de ces langues qui à travers le grec et le latin nous ont légué le mot « nation ». Le concept peut avoir évolué mais la réalité antique et moderne s’imbriquent.

II.4 Goy désigne autant Juif et non juif

Le terme de goy ou goï (héb. nation) apparaît dans la Torah afin de désigner une « nation » pourvue d’institutions et d’un territoire, par opposition au « peuple » (héb. ‘am), qui qualifie plutôt un groupe (ethnique) de personnes ayant des origines communes[42]. En effet, alors que la forme féminine de goy (gewiya ) désigne le corps vivant (humain: Genèse 47:18; angélique: Ézéchiel 1:11) ou mort (humain: 1Samuel 31:10; lion: Juges 14:8)[43], la forme masculine goy désigne le corps social, la nation (Genèse 10:5, Deutéronome 4:6)[44]. Dans le Dictionnaire de la Bible hébraïque par Marchand Ennery, goy est équivalent à peuple, nation[45].

Ce terme repris par le yiddish correspond à ce que les traductions de la Bible et la littérature biblique expriment traditionnellement en français par le mot gentils (du latin gentiles, les « nations »), c’est-à-dire les membres des peuples non juifs. C’est le terme le plus souvent utilisé entre eux par les Juifs pour désigner les membres des autres nations.

Le mot goy (pluriel : « goyim » ou « goym »[46] ou « goys »[47]) est admis dans des dictionnaires français depuis les années 1980 — terme présent dans le Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse de 1985, avec plutôt une connotation péjorative, ce qui n’est pas le cas partout ailleurs. Le sens du terme a évolué selon les époques, l’usage biblique du terme n’étant ainsi pas celui du Talmud, ou de la période contemporaine6.

De ce qui précède, nous pouvons conclure que le mot goy et ‘am sont interchangeable dans certains cas.  L’étimologie du terme goy qui apparaît plus de 550 est dans la Genèse (10:5).  Son pluriel goyim désigne les nations, plus souvent non israélites. Toutrfois il  désigne aussi Israël, quand Dieu promet à Abraham de faire de sa descendance un « grand peuple » (goy gadol – Gen. 12:2) et à Israël de devenir une nation sainte (goy kadosh — Exode 19:6). Qu’il soit au singulier, ou au pluriel, le mot goy réfère toujours à une collectivité, jamais à des individus.  Le terme goyim est calqué en grec, tant dans la Septante que dans le Nouveau Testament par ethnè, qui a le même double sens, mais signifie en réalité la plupart du temps, d’après le contexte, les « non juifs »[48]

Pour les Talmuds , le mot goy désigne désormais non seulement les nations, mais aussi les individus ; il acquiert même la forme féminine, goya[49].

II.5. L’attitude  du juif envers les autres goyim

« [il] est important, dit Leo Rosten en définissant le terme goy[50], de noter que l’idée de respect d’autrui et des valeurs de la société pluraliste sont partie intégrante du judaïsme. Les rabbins enseignaient que tous les hommes sont égaux devant Dieu, s’ils respectent Sa volonté[51]. »

En effet, selon Shimon ben Azzai (en)[52], le principe le plus important de la Torah est « Ceci est le livre des générations d’Adam etc[53]. » Il n’y a qu’un homme, dont descend toute l’humanité, enfants d’Israël comme ceux des 70 nations[54].

Les goyim n’ayant pas reçu la Torah, ils ne sont cependant pas astreints au joug de ses mitzvot (prescriptions), qu’une tradition rabbinique évalue à 613 pour le salut. La même tradition rabbinique déduit de deux versets de la parashat No’ah (Genèse 9:4-6 sept prescriptions, énoncées dans le Talmud[55] : l’obligation d’établir des tribunaux; l’interdiction de blasphémer; l’interdiction de l’idolâtrie; l’interdiction des unions illicites (adultère, inceste, homosexualité, zoophilie, etc.); l’interdiction de l’assassinat; l’interdiction du vol; l’interdiction d’arracher un membre d’un animal vivant.

Ces sept prescriptions, appelées lois noahides, passent pour être l’alliance contractée par Dieu avec Noé et ses fils. Elles sont supposées s’appliquer à l’ensemble de l’humanité, puisque celle-ci tout entière descend selon la Bible de Noé[56]. Les enfants d’Israël en sont une branche apparue postérieurement et choisie par Dieu pour recevoir Sa Loi, ainsi que ses commandements plus nombreux.

Le hassid oumot haolam, « juste parmi les nations[57] » est celui qui respecte ces sept lois noahides, et a donc sa part au monde à venir[58], quand les Juifs doivent en observer six cent treize. Néanmoins, Dieu est supposé avoir un attachement particulier pour Son peuple, et Sa miséricorde compense la difficulté.

II.6 Confusion entre chrétiens et les Juifs sur le mot goy

Dès le début du 2e siècle, surtout au Moyen-Âge, chrétiens et juifs convertis au christianisme lancent des accusations envers le Talmud au cours de disputations publiques[59], disant y trouver des passages démontrant le rejet inhérent au judaïsme envers les goyim. Certaines reviennent de façon récurrentes :

  • que, dans le Talmud, les goyim sont exclus du genre humain et traités d’animaux ;
  • qu’il est interdit, sous peine de mort, d’enseigner aux goys le Talmud ;
  • que les Juifs ont juré une guerre éternelle aux chrétiens ;
  • qu’ils remercient Dieu tous les jours de ne pas les avoir faits goyim.

Un rabbin explique ce débat : « nous sommes reconnaissants à Dieu de nous avoir illuminés, de sorte qu’à la différence des païens, nous honorons le vrai Dieu et non des idoles. Il n’y a pas de supériorité inhérente à être Juif, mais nous affirmons bien la supériorité du monothéisme sur le paganisme. Bien que le paganisme existe encore de nos jours, nous ne sommes plus les seuls à croire en un Dieu [Un][60] », bien qu’au xie siècle, Rachi doive rappeler aux Juifs que les Goyim ne sont plus des païens[61]. Certains affirme que la méfiance envers les païens n’exclut pas que ceux-ci puissent être détenteurs de grands savoirs[62], ni qu’il y ait des hommes justes et pieux dans ces nations[63], et que tous les justes, juifs et gentils, ont leur part au monde à venir[64].

En face de ce conflit que le Concile Vatican II a essayé d’attenuer[65], récemment un pasteur a fait une série des sermons en sens d’apaisement[66] :

« La promesse de Dieu à Abraham s’étend à toutes les nations (Gn 12.1-3).

Le regard de Dieu sur les nations est positif (Ps 117.1-2 ; Ps 67.2-6).

Le salut et la bénédiction de Dieu sont pour tous les peuples (Ga 3.13-14 ; Gn 3.26-29 ; Rm 15.8-12 ; Mt 28.20 ; Jn 3.16-17).

La notion de nations existe toujours dans le Nouveau Testament (Ap 21.24 et 26-27).

La nouvelle Jérusalem ne nous présente pas un rassemblement de personnes identiques, mais bien une diversité de personnes. On y trouve une vision politique.

(Ez 16.49), Dieu s’intéresse au comportement collectif des nations. La  responsabilité est partagée. J’ai ma part de responsabilité dans ce que fait mon pays. D’où la question : pour qu’un pays soit chrétien, faut-il que tous ses habitants le soient, ou qu’il soit influencé par les valeurs chrétiennes? Dans la seconde alternative, il est impératif de prier pour ceux qui travaillent au bien commun.

Notre échelle de valeurs doit se fonder et s’inspirer de (Mt 5-7). Ces valeurs sont à contre-courant de notre société qui cultive l’individualisme et l’égoïsme et met en danger les nouvelles générations. L’évangélisation des enfants est donc importante.»

III. Expérience africaine d’être nation : Nations réduites politiquement en tribus

Comme le disait Munzihirwa[67], la littérature coloniale  a fait des amalgames sur le Congo car elle ne  distinguait pas les organisations socio-politiques du vaste territoire conquis. Il était impossible que les anthropologues qui avaient gobé la théorie de l’évolutionnisme découvre une quelconque avancée politique chez les peuples qu’ils appelaient primitifs.

Il est indispensable de mettre en évidence la démarche d’un missionnaire catholique flamand, le célèbre père Placide Tempels, soucieux de faire comprendre à ses contemporains l’existence d’une civilisation bantu ayant une conception du monde propre et une philosophie digne d’estime. Son ouvrage[68] dans lequel il s’en explique, a connu une audience phénoménale, à la mesure des polémiques qu’il a suscitées, y compris après l’indépendance. Ce livre apparait comme une réaction occidentale aux thèses occidentales de l’appartenance exclusive de la philosophie à l’Occident et de l’inaptitude des autres peuples à la pensée discursive, abstraite et logique, thèses développées comme on le sait par Hegel[69],

Heidegger[70], Arthur de Gobineau[71] et Lucien Lévy Bruhl[72], pour ne citer que les plus célèbres. Ouvrage de référence en Anthropologie, les tenants de la colonisation ont décrié sa radicalité et son parti pris négrophile, tandis que d’autres l’ont épinglé comme une des formes du colonialisme, sous l’égide de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire qui, dans une ironie, écrivait :

« Vous allez au Congo ? Respectez, je ne dis pas la propriété indigène (les grandes compagnies belges pourraient prendre ça pour une pierre dans leur jardin), je ne dis pas la liberté des indigènes (les colons belges pourraient y voir propos subversifs), je ne dis pas la patrie congolaise (le gouvernement belge risquant de prendre fort mal la chose), je dis – Vous allez au Congo, respectez la philosophie bantoue ! »[73]

Il faut toutefois noter, d’après Giuseppe Di Salvatore, que dans Le mouvement de la Négritude[74] même, les avis furent discordants. À l’encontre de l’école de A. Césaire, «Senghor voyait dans La philosophie bantoue une continuation de l’œuvre de revalorisation des cultures africaines, commencée déjà avec ce mouvement depuis 1935 »[75].

Le prêtre, Tempels, avait commencé la rédaction de son ouvrage onze ans après son arrivée au Congo, à l’est et au Katanga, en partant du constat de l’échec des missions dans leur œuvre de conversion et de transformation de la société indigène[76]. Il dit :

« Nous nous rendons compte un peu mieux chaque jour que la civilisation européenne dispensée aux Bantou ne constitue qu’un revêtement superficiel, sans la moindre prise sur l’âme. Nous constatons que les prétendus  évolués en sont simplement arrivés à ne plus oser professer leur sagesse originelle en face des Blancs, et qu’ils renient ainsi, pratiquement, leurs ancêtres […]Nos pensées et nos aspirations leur furent en effet servies en une forme totalement inassimilable, et ce qu’ils ont appris de notre civilisation leur est demeuré complètement étranger ».[77]

Dès le XVIIe siècle, les esclaves réclame la suppression de ces systèmes.[78] Les Occidentaux quant à eux, pour pouvoir légitimer le commerce et la traite des Noirs recouraient aux idéologies racistes basées sur la soi-disant non-humanité de ces derniers. Aussi des théologiens de grande renommée comme le Père T. de Chardin contribuèrent dans cette école qui légitime le commerce de la chair humaine. Des dites idéologies racistes, citons en passant, Voltaire (1694-1778), ce célèbre écrivain français qui  écrit :

« La race des Nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre […] on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est très inférieure. Ils ne sont pas capables d’une grande attention, ils combinent peu et ne paraissent faits ni pour les avantages, ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l’Afrique comme les éléphants et les singes ; ils se croient nés en Guinée pour être vendus aux Blancs et pour les servir ».[79]

Le théologien français Pierre Teilhard de Chardin, jésuite (1881-1955), soutenait l’infériorité du Noir qu’il tentait d’expliquer théologiquement en ces termes :

« La principale de ces circonstances est assurément la privation de la lumière du Christ et même de tout reflet de cette lumière, qui a permis à l’Esprit mauvais de s’établir en maître, sur cette terre déshéritée de l’Afrique… Les Noirs sont de temps immémorial livrés sans contrôle à un sensualisme abject, à la cruauté, au mensonge. (…) Les nègres aujourd’hui vivent sous l’influence corruptrice de tant de générations impures qu’il serait étonnant de les trouver aptes à une haute civilisation morale immédiate ».[80]

Emmanuel Kant (1724-1804) attribue à la nature une théorie prônant l’infériorité des Noirs :

« La nature n’a doté le Nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie. Les Noirs […] sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ».[81]

Dès lors les Noirs passaient légitimement pour des articles commerciaux inventoriés parmi tant d’autres…. l’État s’est vu obligé de créer de nouvelles primes pour inciter les armateurs à continuer ce trafic[82]. Au cours de la seule année 1778, on avait exporté d’Afrique 104.000 esclaves ; le tiers d’entre eux provenait du Congo et de l’Angola[83].

En Occident, c’est à partir de la fin du XVIIe siècle que s’élevèrent des voix condamnant la traite négrière et l’esclavage, soit à titre personnel, soit dans les treize colonies anglaises d’Amérique du Nord sous l’égide des Quakers :

« L’impulsion essentielle fut anglo-saxonne…. La Société des amis, que les quakers fondèrent en Pennsylvanie à la fin du XVIIe siècle, s’éleva publiquement en 1688, et pour la première fois dans le monde occidental, contre le « commerce de corps humains ». Un siècle plus tard, Anthony Benezer convoquait la première réunion, en avril 1775, de la Société pour la libération des Nègres libres illégalement détenus en esclavage (Society for the Relief of Free Negroes Unlawfully held in Bondage). La majorité de ses vingt-quatre membres étaient des quakers, qui fondaient en février 1784 la Société de Pennsylvanie pour l’abolition de l’esclavage (Pennsylvania Abolition Society) ».[84]

L’Angleterre, elle-même influencée par les initiatives des Quakers nord-américains, prenait la tête des courants abolitionnistes mondiaux après avoir maitrisé le trafic négrier pendant plus de deux siècles[85].

Libotte, dans un style caractéristique, a dressé un bilan qui exprime la perplexité des porteurs de l’Évangile acquis au service d’idéologies politiques racistes et des intérêts commerciaux :

« Quant à l’œuvre missionnaire, elle s’avéra précaire. Sans doute, dès 1491, le roi de Congo était-il baptisé ; sans doute, son petit-fils devenait-il en 1518 le  premier  évêque  congolais ; sans doute, des maçons, des charpentiers venus d’Europe élevaient-ils des églises ; sans doute, baptisait-on le peuple par doses massives ; sans doute, un petit contingent de capucins exerça-t-il jusqu’en 1834 une activité réduite et sporadique. Mais le christianisme, tel qu’il fut introduit alors, ne lança point, semble-t-il, de racines profondes ; imposé par le pouvoir, il ne recueillit point dans l’ensemble l’adhésion des cœurs ; il se confondit souvent avec un opportunisme politique».[86]

Tous ces aveuglements mentaux et parfois délibérés ont fait que les colonisateurs ne décèlent rien d’humain dans l’Africain. Il ne faut pas alors lui demander de reconnaître votre organisation socio-politique et de vous reconnaître appartenant à une nation, car nation évoque déjà une idée de civilisation. Pour le colonisateur, les Bakongo, les Bangala, les Baluba, les Babemba, les Rund, le Tchokwe, les Batabwa, les Babembe, les Bavira, les Bafuliru, les Banyindu, les Balega, Les Bashi, les Bahavu, les Batetela, les Bateke, les Mongo, etc, toutes les 400 communautés quelles que soient leurs structures étatiques et politiques ne  ressemblent en rien à une nation ou à des nations.

Dans les structures politiques dues au découpage de Berlin en 1885 ces entités coupées ont généré des langues internationales qui de part et d’autre où elles sont parlées sont traitées de dialectes. Le lunda est parlé en 3 pays différents, le Tchokwe en 3 pays, le Chibemba en 3 pays. Par quel arrogance une langue de 3  pays demeure dialecte ?

A mon avis, ces entités appelées aujourd’hui tribales sont des nations que la colonisation a dégradées politiquement comme les grands empires se comportaient devant Israël. Nous allons déceler les éléments constitutifs des nations qui existaient et existent dans ce que nous continuons à appeler des tribus : -le territoire, -l’organisation politique, -la conscience d’appartenir au groupe, -la langue qui exprime ce sentiment, -la religion[87] et les mythes des origines, qui éveillent la conscience.

Je commencerai par l’élément organisation politique que les colonisateurs ont minimisé en Afrique pour ne pas y voir des nations.

III.1 Organisation politique des Bashi selon Pierre Colle

Le Père Pierre Colle, est un membre de la Société Missionnaire d’Afrique appelé communément Pères blancs, qui a observé attentivement les sociétés congolaises. Il a pu écrire deux ouvrages selon le questionnaire anthropologique de l’époque : La Monographie des Baluba et la Monographie des Bashi. Il a vécu au Kivu de 1913 à 1961. Son tombeau est à Katana au Sud-Kivu en pleine terre des Bashi qu’il a accompagné avec zèle apostolique. Son observation  exceptionnelle lui a fait découvrir une organisation politique assez développée chez ce peuple. Il a bien maitrisé la langue mashi.

« Le Bushi est administré par deux chefs principaux : Kabare et Ngweshe. On pourrait y ajouter le chef Katana, lequel s’est rendu indépendant de Kabare vers 1850 et régit l’Irhambi, la partie Nord du Bushi, conquis par lui sur les Bahavu (cfr. 141). A côté d’eux se trouvent encore quelques chefs secondaires, tels que Birali, Muzuka, Kakira, considérés comme indépendants. Mais ces chefs se rattachent aux deux premiers  par la parenté, et de droit ou de fait dépendent de l’un ou de l’autre en bien des circonstances. On peut donc les rattacher soit à Kabare, soit  à Ngweshe. Chacun des deux chefs régit son pays en toute indépendance ; Kabare au Nord, Ngweshe au sud. Il en est le grand propriétaire, à lui appartient tout le terrain et  tout le gros bétail.[88] »

Dans le texte de Colle, nous décelons les indices d’une société très hiérarchique, très pyramidale à la tête de laquelle se trouve deux grands chefs qui contrôlent indépendamment l’un de l’autre, deux états ou deux royaumes de sept royaumes que compte le Bushi. Colle cite ailleurs d’autres territoires comme Karhana, Kaziba, Burhinyi, Luhwinja, Kolonge, Ninja  appartenant au bushi avec un accent typique du mashi la langue commune. Les chef de ces territoires ont le titre de bâmi et par cette fonction, ils sont considérés les propriétaires de ces terres : Karhana est Nnirhambi et les autres sont : Nnakaziba, Nnaburhinyi, Nnaluhwinja, Nnakalonge, Nnaninja.

Tous ces sept royaumes sont liés par la même langue mashi et ont un hymne national comnnu, à savoir, Bushi cihugo cinja que je chantais à l’école primaire. Quelques musisiens l’ont vulgarisé. La hiérarchie observée par Colle est ccelle -ci :

Mwâmi, bâmi , Nnakuno, le grand chef, chef de l’Etat, le roi du pays, cihugo.

Murhambo,  barhambo ; murhwâli barhwâli ; Nnahano, le gouverneur de province, Nyirhundwè

Mujinji, bajinji, descendant des anciens chef du pays qui servant dans le culte et l’intronisation des bâmi.

Mugula , mushamuka, le chef de colline, chef du village, cishagala

Le Nyirhunwè peut être subdivisé en mirhundu , pluriel de murhundu, une agglomération des plusieurs villages. L’économie depuis le cihugo, nyirhundwè, murhundu, jusqu’au cishagala, chaque chef est garant de la terre et des vaches. Pour la terre en réalité c’est le mwâmi qui en est le propriétaire[89]. Il y a un code bien précis sur la gestion de la terre et de la vache. Trois siècle chez les Bashi donne une liste de la pages 125-171 : Obuhashe, Obwasa, Obwigwarhire, Omulangiro, Akalinzi, Obugule, et relate un essai de conservation des titres fonciers coutumiers à la page 167. Pour la gestion de la vache on parle de cegu, bugabe, bugule. La vache donnée à la famille de la fille qu’on prend en mariage a des règles particulières dans la gestion de deux familles par alliances.

Comme le bibliste se félicite d’avoir une loi complète et juste, le Mushi chante la beauté et la richesse de son pays le Bushi[90] :

Hymne du BUSHI

1. Bushi cihugo cinja bwenene                 Bushi un très beau pays

N’obworhe bwage bwinja                         Ses coutumes sont bonnes                        

Abarhegesi n’abashizi bali binja               Les gouvernants et les gouvernés sont bons

Basîma, bakuza,                                          Ils aiment, ils louent,

bayubak’okurhurhondo  rhwage             Ils construisent sur ses collines

Akonkwa Nnâmahanga                             Merci à Dieu

oku minja goshiarhuhîre                           Pour tous les biens qu’il nous a donné

2. Bantu ba bushi binja bwenene              Les habitants du Bushi sont très bons

Ishanja lyabo liguma                                              Leur nation est unie

Owalâlika, abûhe omushekera                 Qui convoque le rassemblement sonne la corne

Bahâya, Bagweshe, Abahavu,                              Bahâya, Bagweshe,

Abarhinyinyi ;                                                         Abarhinyirhinyi

Bahwinja, n’Abalinja, Bazibaziba, Barongeronge, Bahwinja et Balinja, Bazibaziba, Barongeronge

Boshi Bakonkwa                                          Que Tous soient bénis

3. Bintu bya bushi binja bwenene                        Le cheptel du Bushi est très beau

Enkafu zirhankaganjwa                             Les vaches inombrables

Ebibuzi, mpene, empanzi n’amanina  gazo        Les moutons, les chèvres, les taureaux et leurs veaux

Engoko, enkoma, neci                                Les poules et les bananeraies

Rhucîshinge                                                 Réjouissons-nous

Akonkwa nyâmà, Bushi, haguma                        Merci, patrie Bushi

N’ébintu byage byoshi                               Avec tout son cheptel

4. Bushi wahinga, ye wanashenya                       Bushi qui labourent et ramasse du bois

Emikolo, buli budaka                                             Les travaux sont multiples

Alâlika boshi, abalume n’abakazi            Elle (Bushi) convoque hommes et femmes

Bayishe, bakole, bayubake, mâshi,                       De venir travailler, construire, oh !

Bwo bugale, bo bakonkwa                        C’est ça la richesse, qu’ils bénis,

N’aban’omumasomo,                                             Et les enfants à l’école

Babone obulezi bwimâna                          Pour avoir une saine éducation

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa                        Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Cet hymne que j’ai chanté à l’école primaire suscite encore beaucoup d’attention et dénote une conscience nationale, bien qu’elle fut malmenée par la colonisation, surtout le mobutisme qui enleva du programme scolaire l’histoire des chefferie et le civisme en 1972 . Ces deux cours furent remplacés par le mobutisme.

III.2 Intégration de la nation Bashi selon Munzihirwa

J’empreinte l’expression « nation Shi », c’est-à-dire nation des Bashi au Bushi, à Munzihirwa qui a analysé les mythes d’origines et leur système politique soulignant l’intégration de différentes couches d’origines ethniques différentes soudées par l’adoption d’une langue commune le mashi. Il qualifie le Bushi , par analyse de son histoire dans la tradition orale, d’une « nation avec sept foyers étatiques [91]»

« Le Bushi est donc une Nation avec sept Etats, dont cinq étaient des ‘marches’ de l’ancien royaume unique. Ils devaient assurer la sécurité aux frontières, notamment KAZIBA et LUHWINJA pour contenir les BAFULIRO, BURHINYI qui contenait les BALEGA, tandis que NIDJA, KALONGE et BULOHO gouvernaient des extensions du Bushi. Jusqu’au XXe siècle, NGWESHE jouissait d’une autonomie de fait mais KABARE, reconnu comme le MWAMI du Bushi (Nnabushi), contestait sa légitimité et espérait encore la réduire avant que la colonisation ne vienne fixer définitivement les limites et les reconnaître comme Mwami. Mais tous unissaient au besoin leurs forces pour repousser l’envahisseur de la grande patrie »[92].

Originairement le Bushi était gouverné par les BATWA ou BARHWA. Ce sont les premiers occupants qui ont été refoulés dans la forêt, bien que certains individus sont restés pour transmettre le pouvoir politique. Le deuxième groupe du Bushi sont les BASHI d’origines différentes et des clans différents. Un clan Banyamwoca venu du sud a profité des contestations internes pour émerger comme arbitre. Pour gérer le sol du Bushi, les Barhwa pygmées ont été supplantés par les Bashi et ses derniers furent supplantés par la famille KABARE, les enfants de NAMUHOYE. La succession ne concerne pas seulement les hommes mais aussi les modes de production.

En plus de trois siècles, selon le mythe des chefs, on détecte au Bushi deux couches des civilisations qui se sont compénétrés[93] :

La civilisation de la flèche ou des chasseurs qui était la plus ancienne serait les Batwa, attestée en Afrique déjà 3000 ans avant Jésus-Christ, reconnus par Hérodote[94] et Aristote[95] comme petits de tailles habitant vers les sources du Nil.

A lire Munzihirwa, les Bashi sont été un métissage Batwa et Balega qui sont venus supplanter les premiers occupants. Après une longue guerre avec le chef de guerre pygmée, une entente fut trouvée :

« Après plusieurs échecs, il se retira dans la profondeur de la forêt, après avoir conclu un pacte de coexistence pacifique avec les Bantu. Ils renouvelèrent ce pacte avec les nouveaux conquérants, les Baluzi. De leur ancienne autorité, ils n’ont gardé qu’un certain droit d’investiture. Chaque année, lors de la grande fête de MUBANDE, le descendant authentique de chaque sous-clan, issu de MUSHINGI-NTASHINGISHIRA (l’invincible), transmet au grand chef du pays, jadis occupé par son ancêtre, le droit d’occuper ces territoires de ses ancêtres. Après l’avoir béni, il lui dit en effet : Nakuha obukulu bwawe, Ogwerhe obwami (Je te donne Ta grandeur, tu possèdes le souverain pouvoir)[96]. »

Ce changement de dynastie Barhwa à la dynastie  Bashi, avait introduit une nouvelle civilisation : la civilisation de la houe ou des cultivateurs BASHI[97], comme l’indique leur nom, shi signifie, terre, aha nshi signifie par terre.

A l’origine, les Bashi avait 5 groupes[98] qui ont marqué leur présence par le défrichage et la culture vivrière, par leur langue et leur agro-politique :

  1. Bashi b’e Cime, sur l’île Shushu près de Kalehe
  2. Bashi b’e Cishoke, dans la plaine de Karhana à Irhambi
  3. Bashi b’e Kasiru appelés Balonge-longe
  4. Bashi b’e Kacuba dans la région actuelle de Bahunde
  5. Bashi b’e Canya au Bushi central chez le chef Nnashi (littérallement, le propriétaire de la terre).

Une révolution de centralisation se pointa quand un chef de Baluzi se proposa d’aider un tout jeune Nnashi à Canya. C’est lui le Kabare I Ngabwe (chef de guerre). Il finira par neutraliser complètement Nnashi et prit le nom de NNABUSHI, ce qui signifie chef de tout le Bushi[99]. L’intégration de la nation est passée par des étapes telles que :

  1. Etablissement du culte civil monarchique remplaçant les cultes public des ancêtres du roi
  2. Abolition de l’endogamie des Baluzi
  3. Les échanges des vaches qui accompagnaient les échanges matrimoniales

« Il en résulte que la communauté SHI est devenue une culture mixtes à deux aspects : agriculture et élevage des bovins se trouvent aussi bien entre les mains de tous. La plupart des gens cultivent aussi bien leurs champs qu’ils essaient d’élever une ou deux vaches. Ainsi ces deux modes de subsistance se compénètrent mutuellement.  Et les deux groupes de BASHI et BALUZI ne vivent jamais séparés ; ils habitent aux mêmes endroits et dans les mêmes villages[100] »

L’intégration a été démographie , économique et politique. Ce peuple ayant une terre, une histoire des rois liés par les mêmes origines et la population qui a connu un mixage culturel et démographique mérite bien d’être appelée nation.

III.3. Conclusion

Beaucoup de tribus au Congo ont les mêmes caractéristiques politiques et une terre de sorte que le Congo apparait une fédération des nations qui ont subi le même sort de la colonisation et doivent maintenir l’unité dans la diversité au moyen de structure des entités décentralisées. Ce n’est pas l’étendue du territoire qui constitue sa grandeur mais sa structure étatique et politique. A mon avis les tribus congolaises correspondent à la nation israélienne et les clans dans chaque tribus correspondent sociologiquement aux tribus d’Israël. Le roi belge a regroupé dans un Etat différentes nations sous son joug qu’il a géré en propriété privée, dégradant politiquement les différentes entités en tribus. Même en considérant l’étendue, la Belgique elle-même est 80 fois plus petite que le Congo. Une seule soi-disant tribu est plus vaste que la Belgique. Parmi nos pays voisins au Congo, il y a des nations qui n’ont pas la dimension du territoire d’une tribu du Congo. Alors reconnaissons que ce sont des nations-unies congolaises, avec un vision claire d’Abraham, Père des croyants[101] :

« Abraham, personnage emblématique et intégrateur, Père aussi bien des Hébreux que des Arabes, recommande que chacun doit avoir son espace vital : « si tu vas à gauche, j’irai à droite ; si tu vas à droite, j’irai à gauche », dit-il à son neveu Loth, ancêtre des Ammonites et des Moabites (Gn 13, 9). Un principe qui fonde l’établissement des frontières claires entre les individus et les peuples, ainsi que le respect strict de ce qui revient à autrui. Une condition pour une cohabitation pacifique. »

Chacun devrait se poser ces questions[102] :

-Qu’est-ce qui fait la gloire et l’honneur de notre pays devant Dieu, (Ap 21: 26) ?

-En quoi suis-je solidaire de l’honneur et du déshonneur de mon pays ?

-Comment est-ce que pratiquement je vis cette relation à mon pays ? Retenons que beaucoup  de nations de la fédération congolaise ont été réduite à des tribus et leurs langues tendent à être effacées de l’histoire.

IV.Toute langue prclame que Jésus est Seigneur

Aperçu

Ce document traite de l’importance des langues comme patrimoine de l’humanité et de leur rôle dans la communication de la foi chrétienne, tout en explorant des thèmes anthropologiques liés à la vie et à la mort.

Quels sont les trois langues qui ont résisté grâce à la religion?

Les trois langues qui ont résisté aux intempéries de l’histoire grâce à la religion et la fierté des interlocuteurs sont l’hébreu, le grec et l’arabe. ​

Comment la langue influence-t-elle l’identité d’une communauté?

La langue influence l’identité d’une communauté de plusieurs manières :

  1. Ouverture au monde : Elle permet à l’individu de s’ouvrir au monde, d’exprimer ses pensées et d’entrer en communication avec la communauté et avec Dieu. ​
  2. Expression de la pensée : La langue est un outil primordial pour exprimer la pensée individuelle et collective. ​
  3. Communication : Elle facilite la communication au sein de la communauté, renforçant ainsi les liens sociaux et culturels. ​
  4. Transmission culturelle : La langue est un vecteur de transmission des traditions, des valeurs et des croyances d’une génération à l’autre. ​
  5. Identité et appartenance : Elle contribue à la construction de l’identité personnelle et collective, permettant aux membres de la communauté de se sentir appartenir à un groupe spécifique. ​

Ainsi, la langue est un élément fondamental de l’identité d’une communauté, influençant ses interactions, sa culture et sa cohésion sociale. ​

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Résumé : Les langues patrimoine de l’humanité ​

Ce document explore l’importance des langues en tant que patrimoine de l’humanité, en mettant en lumière leur rôle fondamental dans la communication, l’expression de la pensée et la transmission culturelle. ​ Il présente des traductions de Philippiens 2:11 dans diverses langues, illustrant la diversité linguistique et culturelle.

V. Les langues patrimoines de l’humanité  selon Ph 2, 11 dans quelques langues du Congo

V.1.Quels mécanismes luttent contre la mort linguistique?

Le document mentionne trois mécanismes anthropologiques de lutte contre la mort linguistique, qui sont analogues à la lutte contre la mort humaine :

  1. La paternité et la maternité : La transmission de la langue aux enfants est essentielle. Dans certaines cultures, comme au Bushi, il est crucial de ne pas mourir sans laisser d’enfants, car cela permet de prolonger la langue et les traditions familiales. ​
  2. La production des œuvres plastiques et intellectuelles : Les œuvres artistiques, littéraires, philanthropiques et spirituelles contribuent à la préservation et à la transmission de la langue. ​ Les œuvres continuent à parler de leurs créateurs après leur mort, assurant ainsi la survie de la langue. ​
  3. La religion : La religion joue un rôle vital à toutes les étapes de la vie. ​ Elle considère le fœtus comme un don de Dieu, donne force aux jeunes et aux adultes pour défendre la communauté, et offre aux vieillards la paix après avoir vu le Messie. ​ La foi en la résurrection est également un moyen efficace de lutter contre la mort. ​ La religion aide à maintenir la langue vivante en la liant à des pratiques et des croyances spirituelles. ​

Ces mécanismes montrent que la préservation de la langue est liée à des aspects culturels, sociaux et religieux, qui ensemble contribuent à sa survie.

V.2. Le passage Ph 2, 11 en quelques langues du Congo et étrangères

En français : « Que toute langue proclame que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. »

En swahili : « Kila lugha itangaze kwamba Yesu Kristo ndiye Bwana kwa sifa ya Mungu Baba. »

En mashi : « Ngasi lulimi luyâlize oku Yezu Kristu ye Nyakasane okw’irenge lya Nyamuzinda Ishe. »

En kinande :  « N’emibughe yosi yithulaghanaye ko Yesu Kristu ni Mwami, oko Busike mwa Nyamuhang’Ise »

En ruund : « Chawiy awonsu akez kitiyiz anch Yesu Kristu ndiy nsalejau, chakwel awonsu akupan uyaz kud Nzamb tatuku ».

En kiluba : «Ndimi yonso iyuke amba Yesu Christu ye Mfumu (en Kiluba de katanga)»

En chibemba :  « ….no lulimi lonse lukasose, ukuti, Yesu Kristu e  Shikulu, kube ubukata kuli Lesa Shifwe…. »

En italien : « ogni lingua proclami che Gesù Cristo è il Signore a gloria di Dio Padre»

En anglais: “ let every language proclaim that Jesus Christ is the Lord in the Glory of God the Father”.

Kikongo du Congo Central: “… mpe ba inua nionso kembela mpe sanisina ti : « Yezo-Kristo kele Mfumu » samu na nkembo ya Nzambi Tata.”

Tshiluba: “ Kabidi bua bantu ba miaku yonso batonde ne: Yezu Kristo, udi Mfumu, bua lumu lua Mvidi Mukulu Tatu”.

Lingala: “ Mpo et bato ba minoko minso basakola ete: Yezu Kristo azali Mokonzi na lokumu na Nzambe Tata”.

KIFULIRU

Ngiisi lulimi lunadendage kwo Yesu Krisito te Nahano, halinde Deata Rurema anayivugwe

KIVIRA

Ne ndeto gooshe onyongobole vye Kilisitu Yezu ce Mfumu ku bukaanzi bwa Leeza Taata

KIBEMBE

Na lôlami lose lôsahôle nibo Yesô Kilishitô ale Mwami m bucunde bwa Abeca Tata

MASHI

Na ngasi lulimi luyâlize oku Yezu Kristu ye Nyakasane oku IRENGE lya Nyamuzinda Ishe

KINANDE

E’mivughe yosi ilagalaghaye Kristu ngoko ni Mwami o’ko busi’ke vwa Nyamuhang’ISE

-Nemibughe yosi yihulanganaye ko Yesu kristu ni Mwami oko Busike mwa Nyamuhang’ISE

KIREGA

Na ndimi ya bilongo byonse bilende Yesu Kristu ali Mwami na mlebu wa Ombe Tata

KISWAHILI

Na kila luga itangaze kwaba Yesu Kristo ndiye Bwana kwa ajili ya Utukufu wa Mungu Baba.

CIHAVU

«Buli lulimi luyalize oku Yezu Kristu ye Nyakasane oku IRENGE lya Nyamuzinda Ishe».

Kihunde (je cherche)

kitembo (je cherche)

Kinyarwanda: “…kandi indimi zose zamamaze ko Kristu ari We Nyagasani, biheshe Imana Se ikuzo.

VI. Film « chacun les entendait dire les merveilles de Dieu dans sa langue

VII. Le projet Bemdc sur internet : ebible.org/shr ; bible.com/bible/ 3953

Analyse et présentation de IA adobe :

Ce document explore les notions bibliques et culturelles de nation, langue et identité, notamment en contexte africain et congolais, en insistant sur la préservation des langues locales et leur rôle dans la construction de l’identité.

Notions bibliques sur la nation, la tribu, et la langue

  • La Bible utilise des termes hébreux comme goy, ethnê, et grec pour désigner famille, tribu, maison ou nation selon le contexte.
  • La notion d’identité nationale s’appuie sur la religion et la langue, souvent ignorées par la sociologie coloniale.

Rôle et survie des langues locales

  • La langue est patrimoine essentiel à l’individu et à la communauté, vecteur de transmission culturelle et religieuse.
  • La mort des langues est provoquée par conquêtes, domination socio-économique, immigration, et assimilation sociale, mais la religion peut contribuer à leur maintien.

Origines et évolution des peuples hébreux

  • Les Patriarches vivaient comme résidents étrangers, sans revendications de souveraineté, en attendant la promesse divine d’une terre.
  • Jacob et Joseph ont forgé le statut d’une nation forte en Égypte, où Joseph a symbolisé la relance de leur identité nationale.

De l’esclavage à la libération nationale

  • Les Israélites, déportés en Égypte, ont vécu l’esclavage jusqu’à leur libération par Moïse, en clôture de leur histoire ancienne.
  • La conquête du Canaan leur a permis de former une nation sous l’élection divine, symbolisée par l’alliance y compris moralisation.

Restauration de la nation après les dérélictions

  • Les juges et la monarchie ont renforcé l’unité des tribus, avec des récits de combat contre les ennemis, souvent justifiés par la volonté divine.
  • L’histoire d’Israël se caractérise par les dominations étrangères, y compris Babyloniens, Perses, Grecs et Romains, compromettant la stabilité nationale.

Disparition et hibernation de l’hébreu

  • La perte de l’indépendance politique a entraîné la fin de l’usage quotidien de l’hébreu, qui survécut surtout dans la liturgie.
  • La longue dispersion en diaspora a affaibli la langue, mais sa survivance fut possible grâce à la religion et aux textes sacrés.

Influence de la colonisation et menaces sur les langues africaines

  • La colonisation a imposé des langues étrangères comme le kiswahili, lingala, et Kikongo, au détriment des langues indigènes.
  • La survie des langues locales dépend souvent de leur usage dans la religion, notamment dans la Bible et le Coran.

Diversité linguistique en RDC et défis de maintien

  • La RDC compte plusieurs familles linguistiques : bantoues, oubangiennes, soudaniques, nilotiques, mais leur usage est menacé par l’influence des langues régionales.
  • La documentation de la langue Mashi montre que la transmission orale persiste dans certains villages, malgré la dominance des langues régionales.

La longue période d’hibernation de l’hébreu

  • La période d’oppression et de dispersion a transformé l’hébreu d’une langue vivante en une langue surtout liturgique.
  • La survie de la langue hébraïque a été possible par la centralité de la religion et la conservation des textes sacrés durant plus de deux millénaires.

Définition et évolution du judaïsme en exil

  • Les rabbins ont construit une religion adaptée à l’exil, centrée sur l’héritage biblique, la communauté et l’espoir messianique.
  • Pendant six siècles, ils ont codifié la Loi orale dans la Mishnah, la Gemara et le Talmud, fixant les pratiques religieuses.

Histoire et usage de l’araméen et des judéo-langues

  • L’araméen, parlée et écrite dans de vastes territoires, a dominé jusqu’à la conquête arabe, dont l’écriture dérive de l’araméen.
  • Un phénomène d’hybridation linguistique a créé le yiddish, mêlant langues locales et hébreu ancien.

Signification biblique et linguistique du mot « nations »

  • La Bible traduit généralement « nations » par le terme hébreu « goy », qui n’est pas péjoratif à l’origine.
  • « Goy » désigne une « nation » ou un groupe cohérent, non nécessairement lié par le sang, contrairement à « ‘am » qui évoque un peuple de liens biologiques.

Interchangeabilité et signification de « goy » et « ‘am »

  • « Goy » peut aussi désigner Israël ou les autres nations, toujours en référence à une collectivité.
  • Le mot « goyim » est utilisé pour désigner les non-Juifs, mais dans le Talmud, il s’applique aussi aux individus.

Attitude du judaïsme envers les non-Juifs

  • Tous les hommes sont égaux devant Dieu, selon l’enseignement rabbinique.
  • Les non-Juifs, qui n’ont pas reçu la Torah, sont soumis aux lois noahides, et leur respect est une condition de la justice divine.

Droits et respect des autres selon la tradition rabbinique

  • Les lois noahides incluent la justice, l’interdiction de l’idolâtrie, le meurtre, le vol, etc., pour toute l’humanité.
  • Le « juste parmi les nations » respecte ces lois, assurant sa part dans le monde à venir.

Confusions historiques entre chrétiens et juifs

  • Au Moyen-Âge, des accusations de rejet et de haine dans le Talmud ont été propagées par les chrétiens.
  • Certaines interprétations ont laissé croire à une supériorité inhérente des Juifs, ce qui a nourri les préjugés et les persécutions.

Perspectives modernes et dialogue interreligieux

  • Le Concile Vatican II et d’autres mouvements œcuméniques ont tenté d’apaiser ces différends.
  • La vision chrétienne valorise la diversité des nations, croyant que toutes peuvent aspirer au salut, incluant non-Juifs.

Expérience africaine et perceptions coloniales

  • La littérature coloniale a amalgamé et minimisé les structures socio-politiques africaines, considérant les tribus comme primitives.
  • P. Tempels a valorisé la civilisation bantoue et sa philosophie, en opposition à la vision inférieure européenne.

Définition des nations africaines et leur organisation politique

  • Les peuples comme les Bashi possèdent une organisation politique complexe, avec des chefs indépendants et une conscience collective.
  • Munzihirwa illustre que l’intégration des peuples africains repose sur une terre commune, des dynasties, des mythes d’origine, une langue et une religion commune.

La notion de nation en Afrique et en diaspora

  • Les tribus africaines sont, selon l’auteur, des nations dégradées par la colonisation qui les a démembrées.
  • La vraie identité repose sur un territoire, une organisation politique, une langue, une religion et une conscience communautaire.

La nécessité d’un respect mutuel basé sur Abraham

  • Le principe d’espace vital et de frontières claires inspire la coexistence pacifique entre nations et peuples.
  • Chaque personne doit être solidaire de l’honneur de son pays et vivre selon ses valeurs pour préserver la paix sociale.

La pérennisation des langues par la religion et la culture

  • La transmission linguistique, la création d’œuvres et la foi religieuse sont essentielles pour lutter contre la disparition des langues.
  • Philippiens 2:11 illustre la proclamation universelle de Jésus comme Seigneur dans diverses langues, symbolisant la diversité linguistique.

La coexistence linguistique et divine dans la foi

  • Quatre à cinq langues africaines, dont le swahili, le kikongo, le kinyarwanda et le français, proclament la souveraineté de Jésus-Christ.
  • La diversité linguistique dans la foi montre que chaque langue est un vecteur précieux pour annoncer la gloire de Dieu.

La célébration de la diversité dans la communication divine

  • Les films et projets numériques, comme ebible.org, illustrent la diffusion de la foi dans plusieurs langues, aidant à renforcer l’unité multilingue.
  • La proclamation que Jésus est Seigneur dans toutes les langues exprime l’universalité de la foi chrétienne et la valeur du patrimoine linguistique.

Ce résumé met en avant l’histoire, la diversité linguistique, la vision biblique, la relation entre nations, la colonisation et la foi, pour comprendre la richesse culturelle et spirituelle de chaque communauté.

Sommario

Intoduction. 2

I.1 Le rôle de la langue et son maintien pour la survie d’une nation. 3

I.2 Les patriarches d’avant Joseph sont encore des nomades et résidents étrangers. 4

I.3 Joseph fait des fils de Jacob une nation forte en Egypte. 4

I.4 Du peuple nation puissante on passe à l’esclavage en Egypte. 5

I.5 Les esclaves Israélites se libèrent pour redevenir une nation. 6

I.6 Israël sous les Juges et sous la monarchie redevient une nation. 7

I.7 L’ancien royaume d’Israël 7

I.7.1 L’Empire perse. 8

I.7.2 Les répressions romaines. 9

II.L’Afrique a connu le même sort qu’Israêl : occupation et remplacement de langue. 9

II.1 Langues du Kivu. 9

II.2 Les langues de l’ancienne Province Orentale avant le découpage de 2025 : 11

II.1.1. Langues véhiculaires et nationales. 11

II.1.2. Langues locales par nouveaux districts / provinces issus du découpage. 11

II.2.Synthèse des grandes familles linguistiques présentes. 12

II..3 La longue hibernation de l’hébreu. 13

II.4 Goy désigne autant Juif et non juif 14

II.5. L’attitude  du juif envers les autres goyim.. 15

II.6 Confusion entre chrétiens et les Juifs sur le mot goy. 16

III. Expérience africaine d’être nation : Nations réduites politiquement en tribus. 17

III.1 Organisation politique des Bashi selon Pierre Colle. 21

III.2 Intégration de la nation Bashi selon Munzihirwa. 23

III.3. Conclusion. 25

IV.Toute langue prclame que Jésus est Seigneur 26

V. Les langues patrimoines de l’humanité  selon Ph 2, 11 dans quelques langues du Congo. 27

V.1.Quels mécanismes luttent contre la mort linguistique?. 27

V.2. Le passage Ph 2, 11 en quelques langues du Congo et étrangères. 27

VI. Film « chacun les entendait dire les merveilles de Dieu dans sa langue. 29

VII. Le projet Bemdc sur internet : ebible.org/shr ; bible.com/bible/ 3953. 29


[1] A . TSHITENDE KALEKA, « Les affirmations ethno-régionalistes et l’appartenance nationale », in CRA Vol. 3, n. 6 (2022) 7-28, Presse Universitaire de l’Université Catholique du Congo, Kinshasa, 2022.

[2] Dt 26, 5 : « Mon Père était un araméen errant et descendit en Egypte, il s’y séjourna avec peu de gens, mais il devint là une nation grande, puissante et nombreuse .»

[3] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi. Souvenir des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Press, Bukavu, 1996, p. 3-4.

[4] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique, p. 3-4, cite RICHARD, Dictionnaire de Sociologie, PUF, Paris, 1971.

[5] P. MATABARO, «goy»,  Glossaire de la Bible en mashi du Congo, https://nyabangere.com (consulté le 13.8.2023).

[6] P. COLLE, Essai de Monographie des Bashi, Centre d’Etude des Langues Africaines réédition du livre de 1936, Bukavu , 1971, 282 pages,  cité par P. MATABARO, P. Colle parle des Bashi, de Mashi et du Bushi, https://nyabangere.com (consulé le 13.08.2023).

[7] C. MUNZIHIRWA , Pouvoir royal et idéologie. Rôle du mythe, des rites et des proverbes dans la monarchie précoloniale du royaume de Kabare (Zaïre), in Journal des africanistes 22 (2002) 227- 261;

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/ article/jafr_03990346_2002_num_72_1_1297 (consulté le 26 – 3 – 2014).

[8] UNESCO, « La langue vecteur principal pour la transmission du patrimoine », https://unesco.org ( consulté le 9.8.2023)

[9] ULAVAL , Vitalité et mort des langues, https://www.axl.cefan.ulaval.ca (consulté le 9.8.2023). Les destructeurs des langues sont cités : 1. Conquêtes militaires : génocide, défaite d’une langue forte, victoire de la langue vaincue ; 2. Faiblesse numérique : dispersion démographique, immigration étrangère, mariages mixtes et dénatalité ; 3. Domination socio-économique, intérêt économique vers la zone de langue dominante, développement économique contre la langue faible ; 4. Impuissance politique, les langues sans états, dépossession politique, des Etats non souverain comme l’EIC; 5. Impérialisme culturel : éducation, cinéma, internet, langues moins fortes ; 6. Processus de morts : bilinguisme social, assimilation dans l’espace. Ce processus peut aboutir à la mort si les interlocuteurs ne prennent pas garde, il suffit que les nouvelles générations abandonnent leur langue pour qu’elle s’écroule.

[10] S. ENCEL,  Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin  © Cairn.info, Paris, 2023, p. 33-77.

[11] Gn 46, 26-27 : « 26 Les membres de la famille de Jacob, ses enfants et petits-enfants venus en Égypte sont 66 en tout. En plus il y a les femmes de ses fils.

27 Avec les deux fils de Joseph nés en Égypte, les membres de la famille de Jacob venus en Égypte sont 70 personnes en tout. » Voir aussi Ex 1, 1-22.

[12] Ex 3

[13] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin  © Cairn.info, Paris, 2023 p. 25.

[14] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin © Cairn.info, Paris, 2023, p. 50.

[15] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 39

[16] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 39

[17] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 39

[18] E. DRITION, « La date de l’exode », in RHPR vol. 31, n. 1 (1955) 36-50 ; https://perse.fr (3/8/2023).

[19] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 43

[20] S. McEVENUE, « Interprétation scientifique et exégèse d’Exode 16, in Théologique vol. 1, n. 1 (1993) 55-78 ; https://www.erudit.org/fr/revues/theologi/1993-v1-n1-theologi2880/602382ar/ (consulté le 3.8.2023) ;

T. RÖMER, « Le livre de l’Exode : mythes et histoires (1) Introduction entre autochtonie et alloctonie. L’invention de l’Exode», in CDF; https://www.college-de-france.fr/media/thomas-romer/UPL9057066907730145077_ExodeCdF__Cours_du_20.2.2014.ppt.pdf (consulté le 3.8.2023)

[21] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnemosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 44.

[22] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnemosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 45.

[23] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnemosya), éditeur Armand Collin© Cairn.info, Paris, 2023, p. 79. https://www.cairn.info/les-hebreux–9782200629847.htm (consulté le 3.8.2023)

[24] https://www.axl.cefan.ulaval.ca (consulté le 4.8.2023)

[25] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,  © Cairn.info, Paris, 2023, p. 89.

[26] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,  © Cairn.info, Paris, 2023, p. 89

[27] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,  © Cairn.info, Paris, 2023, p. 89

[28] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,   © Cairn.info, Paris, 2023, p. 123-146.

[29] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,   © Cairn.info, Paris, 2023, p. 149-157

[30] S. ENCEL, Les Hébreux, (Mnémosya), editeur Armand Collin,   © © Cairn.info, Paris, 2023, p. 149

[31] C. BATSCH, Les ‘amphores Hadriennes’  in Mémoires juives Trajan et Hadrien, Presse universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 220, p. 71-82.

[32] P. MATABARO, Initiation et vulgarisaation des programmes Paratext et paratext lite pour la Bible mashi, https://nyabangere.com (consulté le 8.8.2023).

[33]J. C. PENRAD, « SWAHILI », https://www.universalis.fr/encyclopedie/swahili/2-naissance-et-histoire-d-une-communaute/ (consulté le 9.8.2023)

[34] P. MATABARO, « Goy » in Concordance Bible en mashi du Congo, BemdC, https://nyabangere.com (consulté 8.8.2023) ; « Goy » in Biblical Terms for Bible en mashi du Congo, Bemdc project in Paratext, https://nyabangere.com (consulté le 8.8.2023).

[35] Ex 12, 40.

[36] Dan 9 ; Jr 25-27.

[37] La destruction a eu lieu en 70 ; en 135 l’empereur Adrien interdit aux Juifs de passer à Jérusale sous pein de mort, comme les Belges avait relégué les rois des Bashi à Léopolville, interdit d’aller dans sa culture.

[38] L. FRAYSSE, « Qu’est-ce que les nations dans la Bible », in https://www.reforme.net/bible/2021/01/26/quest-ce-que-les-nations-dans-la-bible/ (consulté le 4.8.2023)

[39] L. FRAYSSE, « Qu’est-ce que les nations dans la Bible », in https://www.reforme.net/bible/2021/01/26/quest-ce-que-les-nations-dans-la-bible/ (consulté le 4.8.2023)

[40] L. FRAYSSE, « Qu’est-ce que les nations dans la Bible », in https://www.reforme.net/bible/2021/01/26/quest-ce-que-les-nations-dans-la-bible/ (consulté le 4.8.2023)

[41] L. FRAYSSE, Qu’est-ce que les nations dans la Bible, in https://www.reforme.net/bible/2021/01/26/quest-ce-que-les-nations-dans-la-bible/ (consulté le 4.8.2023)

[42] S. L. GRAVETT, K. G. BOMBACH et F. V. GREIFENHAGEN, An Introduction to the Hebrew Bible: A Thematic Approach, Westminster John Knox Press, 2008 (lire en ligne [archive]), page 202.

[43] P. MATABARO, ,  « Goy » in  Glossaire de la Bible en mashi du Congo, https://nyabangere.com (consulté le 4.8.2023).

[44] P. MATABARO,  « Goy » in  Glossaire de la Bible en mashi du Congo, https://nyabangere.com (consulté le 4.8.2023).

[45] P. MATABARO,  « Goy » in Glossaire de la Bible en mashi du Congo ; https://nyabangere.com (consulté le 4.8.2023).

[46] P. MATABARO,  « Goy » in Glossaire de la Bible en mashi du Congo ; https://nyabangere.com (consulté le 4.8.2023).

[47] Petit Larousse, 2010.

[48] X. L. DUFOUR, Dictionnaire du Nouveau Testament, 2e édition, Paris, Seuil, 1975, p. 385 (article « Nations »)

[49] T.B. Sanhédrin 82a

[50] L. ROSTEN, Les Joies du yiddish, traduit et adapté par Victor KUPERMINC, p. 130-132, éd. Calmann-Lévy 1994, cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Goy (consulté le 11.8.2023).

[51] T.B Sanhédrin 105a

[52] Yer. Nedarim 9:4

[53] Genèse 5:1

[54] Selon la tradition rabbinique, les nations sont au nombre de 70, d’après Genèse 10. Chacune possède son langage propre (cf. Rachi sur Deutéronome 32:8), raison pour laquelle Dieu possède 70 Noms.

[55] T.B. Sanhédrin 56b

[56] A. BLUM, « Goy: le non-juif » [archive], sur Akadem, novembre 2016 ; https://www.akadem.org/medias/documents/texte-goy-def ( consulté le18.08.2023).

[57] T.B. Baba Bathra 15b

[58] M. MAÏMONIDE, Mishneh Torah Hilkhot melakhim Umilchomoteih 8:11, Edit. Maznaim Publishing Corporation, Nez York, 1987.

[59] Dans le Dialogue avec Tryphon,  la section 133 : 3, Justin dit à Tryphon : « Après avoir tué le Christ, vous [les Juifs] n’en avez pas même le repentir ; vous nous haïssez, nous qui par lui croyons au Dieu et Père de l’univers, vous nous mettez à mort chaque fois que vous en obtenez le pouvoir ; sans cesse vous blasphémez contre lui et ses disciples. » ; cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Goy (consulté le 11.8.2023).

[60] R. HAMMER Or Hadach, The Rabbinical Assembly, NY, 2003, cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Goy (consulté le 11.8.2023).

[61] L. Rosten, Les Joies du yiddish, traduit et adapté par V. KUPERMINC, p. 130-132, éd. Calmann-Lévy 1994, cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Goy (11.8.2023); http://www.jewfaq.org/gentiles.htm (consulté le 11.08.2023).

[62] Midrach Eikha Rabbati 2:17 cité par https://fr.wikipedia.org/wiki/Goy (consulté le 11.8.2023).

[63] T.B Baba Batra 15 b.

[64] T.B Sanhédrin 105a, sur Nombres, 8:2

[65] Unitatis Redintegratio, Concile Vatican II, Libreria vaticana, Roma, 1964, https://www.vatican.va (consulté le 13.08.2023).

[66] https://www.eglisevillard.ch/sermons/la-notion-de-nation-dans-lecriture/ (consulté le 13.08.2023)

[67] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique dela nation Shi du 18e au 19e siècle, Imprimerie Kivu-Press, Bukavu, 1996, p. 3

[68] P. TEMPELS, La philosophie bantoue, Lovania, Elisabethville, 1945, 152 p.

[69] Cf. G.W.F., HEGEL Leçons sur la philosophie de l’histoire, Traduction de J. GIBELIN VRIN, Bibliothèque des Textes philosophiques, Paris, 1979. Dans La Raison dans l’Histoire, Hegel affirme : « L’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui – même, le pays de l’enfance qui, au – delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit. » Cf. G.W.F. HEGEL, La Raison dans l’Histoire, traduit par K. PAPAIOANNOU, éd. Univers Poche, Paris, 2012 ;  cité par J. COPANS, Penser l’Afrique ou connaître  les Sociétés africaines, in Cahiers d’études africaines 235 (2019) 881-908, p. 885.

[70] Cf. M. HEIDEGGER, Chemins qui ne mènent nulle part, trad. Brokmeier, Gallimard, Paris, 1962. Antoine – Dver Osongo – Lukadi dans l’approche de l’être – là présentée par Heidegger, a jeté les jalons d’un dialogue probable entre Heidegger et la pensée africaine. L’en jeu est de tenter une réception de Heidegger en Afrique. Cf. OSONGO – LUKADI A.D., Heidegger et l’Afrique, Réception et paradoxe d’un ‘dialogue’ monologique, Bruylant – Académie, Louvain – La – Neuve, 2001.

[71] A. DE GOBINEAU, Essai sur l’inégalité des races humaines, Paris, 1853.

[72] L. LEVY – BRUHL (1857 – 1939) affirme dans Les fonctions mentales dans les sociétés inférieures (1910) : « l’Africain n’appartient pas à l’histoire de l’humanité, sa mentalité prélogique et primitive le condamne à l’existence émotionnelle et mystique. Il est insensible aux Principes universels de la Raison qui fondent le Développement socioculturel des grandes civilisations. », cité par E. KOUM DIM, La Philosophie en Afrique, in http://www.academia.edu/5007198/CHAP_II_LA_PHILOSOPHIE_EN_AFRIQUE (consulté le 05.12.2013).

[73] Cf. A. CESAIRE, Discours sur le colonialisme (1950), Présence africaine, Paris, 1955, p. 36.

[74] Le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire qui la définit ainsi : « La Négritude est la simple  reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. » Cf. A. CESAIRE A., Cahier d’un retour au pays natal en 1939 ; Jeunesse noire et assimilation, in L’Étudiant noir, 1 (1935). Quant à Léopold Sédar Senghor, il affirme : « la négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. » Cf. SENGHOR L. S, Liberté 1 : Négritude et Humanisme, discours, conférences, Le Seuil, Paris, 1964, p. 9.

[75] G. DI SALVATORE, Pour lire La philosophie bantoue du P. Tempels/2 : L’audace d’un missionnaire belge, in Communauté Redemptoris hominis, 24 juin 2013, in http://fr.missionerh.com/index.php?option=com_content&task=view&id=46 90&Itemid=40 consulté le 17.03.2014.

[76] Cf. S. DEMART, Les Territoires de la délivrance. Le réveil congolais en situation postcoloniale (RDC et Diaspora), Editions Karthala, Paris, 2017, p. 110.

[77] P. TEMPELS , cité par S. DEMART , Les territoires de la délivrance : le Réveil congolais en situation postcoloniale (RDC et diaspora), Edit. Karthala, Paris, 2017, p. 110.

[78] N. SCHMIDT, « Les abolitions de l’esclavage : quelques repères, questions et perspectives », intervention dans le cadre du Colloque national La Traite négrière, l’Esclavage et leurs Abolitions, Mémoire et Histoire, séminaire national, 10 mai 2006, Direction générale de l’Enseignement scolaire, Bureau de la Formation Continue des enseignants, Programme de pilotage. Publication des Actes du colloque en 2007, ministère de l’Éducation nationale, Paris, 2007, p. 45.

[79] VOLTAIRE, Essai sur les mœurs, t. XVI, Genève, 1756, p. 269 – 270.

[80] T. DE CHARDIN, La Guinée supérieure et ses missions, Keer – Lez – Maastricht, 1888, p. 88.

[81] E. KANT, Essai sur les maladies de la tête, Observation sur le  sentiment du beau et du sublime, Flammarion, Paris, 1993.

[82] P. DANCHERS (dir.), La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire, Actes du Séminaire national organisé à Paris le 10 mai 2006, Versailles, 2007, p. 22.

[83] Cf. O. LIBOTTE, L’Histoire du Congo Belge vue par les coloniaux. Les pénétrations étrangères, URONE, 2002, in http : // www.urome.be/pdf/fpene.pdf, p. 1 – 2, (consulté le 05.12.2013), p. 2.

[84] N. SCHMIDT, Les abolitions de l’esclavage : quelques repères, questions et perspectives, intervention dans le cadre du Colloque national La Traite négrière, l’Esclavage et leurs Abolitions, Mémoire et Histoire, séminaire national, 10 mai 2006, Direction générale de l’Enseignement scolaire, Bureau de la Formation Continue des enseignants, Programme de pilotage. Publication des Actes du colloque en 2007, ministère de l’Éducation nationale, Paris, 2007. p. 47.

[85] Cf. SCHMIDT N., Les abolitions de l’esclavage : quelques repères, questions et perspectives, p. 48.

[86] LIBOTTE O., L’Histoire du Congo Belge vue par les coloniaux, UROME, 2002, in http : // www.urome.be/pdf/fpene.pdf, p. 1 – 2, (consulté le 05.12.2013).

[87] La religion est important pour tout home. Vincent Mulago  définit la religion africaine comme « l’ensemble cultuel des idées, sentiments et rites basé sur : 1. la croyance à deux mondes, visible et invisible ; 2. la croyance au caractère communautaire et hiérarchique de ces mondes ; 3. l’interaction entre les deux mondes, la transcendance du monde invisible n’entravant pas son immanence ; 4. la croyance en un Être Suprême, Créateur et Père de tout ce qui existe » ; V. MULAGO, La religion traditionnelle des Bantu et leur vision du monde, Faculté de Théologie Catholique, Kinshasa, 1980, p. 12.

Cf. P. MATABARO-C. BUNYAKIRI, Monothéisme africain. Chance pour un dialogue œcuménique et interreligieux, L’Harmattan, Paris, 2015.

[88] P. COLLE, Essai de Monographie de Bashi, 1936, réédité par le Centre d’Etude des Langues Africaines, Bukavu, 1971, p. 290.

[89] P. MASSON, Trois siècles chez les Bashi, Kivu Press, Bukavu, p. 125.

[90] P. MATABARO, Bushi cihugo cinja, in https://nyabangere.com 2018/06/07 (consulté le 20.08.2023).

[91] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 4

[92] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 4

[93] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 7

[94] HERODOTE, Histoire, Livre II, 32,  traduit par LARCHER, Charpentier-Librairie éditeur, Paris 1880.

[95] ARISTOTE, Histoire des animaux, Livre VIII, c. 2, traduit par Barthélémy Saint Hilaire, Librairie Hachette, Paris, 1883.

[96] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 11.

[97] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 13.

[98] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 14.

[99] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 17.

[100] M. C. MUNZIHIRWA, Dynamique de l’intégration politique de la nation Shi du 18e au 19e siècle. Souvenirs des exploits des patriotes, Imprimerie Kivu-Presses, Bukavu, 1996, p. 20.

[101] A. KABASELE MUKENGE, Mourir à la convoitise pour une cohabitation pacifique, in Cahiers des Religions Africaines, CRA vol. 3, n.6 (2022)6, Presse de l’Université Catholique du Congo, Kinshasa 2022.

[102] « la notion de nation dans l’Ecriture », in https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/nations/S21/ (consulté le 18.08.2023).

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