Les fondements bibliques du dialogue interreligieux

Fondements bibliques du dialogue interreligieux

Pierre Matbaro Chubaka, ofm

Introduction

 Dialoguer, c’est faire l’effort de connaître, comprendre, apprécier l’autre qui est différent de moi. Notre société est devenue pluraliste : On assiste à un brassage de cultures, de peuples, de mœurs et de croyances. L’autre fait partie de notre monde, de nos rencontres quotidiennes. Dialoguer, c’est se mettre dans une attitude positive d’accueil et d’écoute de l’autre. C’est à mon avis une gestion positive du pluralisme dans le respect de l’un et de l’autre. Il est utile de parler aussi bien des ressemblances que des différences.

Mais parlant des fondements bibliques ne veut pas dire que la Bible soit le livre des doctrines des religions. Elle est plutôt un livre en plusieurs genres littéraires, communs à toute l’humanité, qui raconte avant tout l’initiative de Dieu sur la création et ses interventions dans l’histoire de l’humanité.

Quelques questions préalables introduisent notre lecture de la Bible en perspective du dialogue.

Comment les partenaires des religions se perçoivent les uns les autres ?[1] Plusieurs opinions :

– ma religion est la seule vraie ;

– les religions des autres sont incomplètes mais une préparation à la religion en plénitude ;

– les religions sont des chemins menant au sommet de la même montagne ;

– les religions sont des montagnes séparées par des abimes ;

– chaque religion possède sa cohérence propre et ne peut être jugée de l’extérieur.

Or dans la rencontre, il est possible de vivre une certaine reconnaissance de l’autre : au niveau éthique, au niveau de la sincérité de la foi, au niveau de la reconnaissance de théologie. Quand ces trois dimensions sont présentes dans la reconnaissance de l’autre, la rencontre est fructueuse[2]. Malgé les différences, nous trouvons un point commun dans les religions : chaque religion est une voie, un parcours de vie[3] :

  • L’islam est appelé la « voie droite » dans la première sura du Coran.
  • Dans la tradition juive, Dieu dit à Moise de montrer au peuple « la voie dans laquelle il doit marcher (Ex 18,20).

Dans le NT, Jésus est la Voie et ses disciples sont appelés, les disciples de la Voie (Ac 9,2).

  • Les religieux indiens suivent trois voies complémentaires : la voie de la connaissance, la voie de bonnes œuvres, la voie de la dévotion ;
  • Boudha enseignait la Voie de la Verité, la Voie de l’Ancien et l’Actuel.
  • Dans le Taoisme on parle de la Voie vers la Perfection.
  • Beaucoup de cultures africaines parlent de la Voie des Ancêtres pour atteindre le Créateur.

Six considérations nous aideront à aborder la questions des fondements bibliques du dialogue:

  1. La foi universelle mais non uniforme en la création
  2. L’alliance de Dieu avec Noé
  3. La vocation d’Abraham
  4. L’événement Jésus
  5. Le ministère apostolique dirigé par l’Esprit vers l’universalité du salut
  6. Influence du judaïsme sur les Evangiles et sur l’ensemble du Nouveau Testament : espérance messianique, unicité de Dieu, Dieu qui parle à l’homme, condescendance de Dieu dans la révélation, Jérusalem centre de la terre, élection d’Israël, Abraham père de tout croyant.

I. La foi en la création

I.1. Les débats actuels

Face au triomphe de la théorie du Big-Bang[4], dans les débats actuels, la thèse de « l’univers infini », dogme de la pensée matérialiste, fit rapidement partie des débris de l’histoire au sein du « consensus cosmique contemporain », afirme Harun Bahya. Il est évident que pour les matérialistes, cette affirmation ne fit que soulever d’autres questions  telle que: « Qu’y avait-il avant le Big-Bang ? Et quelle était donc cette force qui provoqua l’explosion qui eut pour résultat final un univers qui n’existait pas auparavant ? »[5]

Des matérialistes comme Arthur Eddington reconnurent, malgré leur sentiment  que cela leur était fortement désagréable, que les réponses à de telles questions ne pouvaient donner lieu qu’à la mise en évidence de l’existence d’un créateur suprême[6]. Dans cette optique, un philosophe athée fit un commentaire à ce sujet :

« De manière notoire, la confession est bonne pour l’âme. Je commencerai alors par confesser que l’athée que je suis est dans l’embarras en raison du consensus cosmique contemporain. Car il semblerait que les cosmologues aient prouvé ce que Saint Thomas s’efforçait à vouloir faire admettre -que l’univers a un commencement- d’un point de vue philosophique. Aussi longtemps qu’il était convenu que l’univers n’avait ni fin ni début, il était assez simple de considérer son existence brute ainsi que toutes ses caractéristiques, aussi fondamentales soient-elles, comme étant une fin en soi. Même si je maintiens que ce point de vue reste correct, il m’est difficile d’opposer cette théorie face à l’hypothèse du Big-Bang »[7].

Harun constate que des scientifiques qui ne sont pas athées acceptent et défendent l’existence et la présence d’un créateur doté de pouvoirs infinis, entre autres, l’astrophysicien Hugh Ross défend l’existence d’un créateur de l’univers qui soit au-dessus de toutes dimensions physiques :

Par définition, le temps est la dimension dans laquelle le phénomène cause-effet se produit. S’il n’y a pas de temps, il n’a pas de cause ni d’effet. Si le temps commence avec la création de l’univers, comme il l’est dit dans le « théorème de l’espace-temps », alors la cause de la création de l’univers se doit d’être une quelconque entité qui opère dans une dimension temporelle complètement indépendante et, préexistante de la dimension temporelle du cosmos… Cela voudrait dire que le Créateur est transcendant, et qu’Il opèrerait au-delà des limites dimensionnelles de l’univers. Cela suggère que Dieu ne soit ni l’univers en soi, ni contenu dans l’univers[8].  

Certains matérialistes agissent avec plus de bon sens à ce sujet. A cause des évidences scientifiques, le matérialiste anglais H.P. Lipson, accepta à contrecœur l’idée de la vérité de la création :

Si la matière vivante n’a pas été crée par l’interaction des atomes, des forces naturelles et de la radiation, comment a-t-elle bien pu apparaître ?… Je pense, cela dit, que nous devons admettre que la seule et unique explication plausible est celle de la création. Je sais qu’il s’agit d’une idée que les physiciens ont en abomination, comme elle l’est d’ailleurs pour moi, mais nous ne devons pas oublier que nous ne pouvons rejeter un argument qui est prouvé expérimentalement[9].

En se basant sur beaucoup de données de la science, Harun considère comme vérité révélée par la science[10] ce qui suit : un être supérieur indépendant – un Créateur – doté d’un immense pouvoir a donné naissance à la matière et au temps. Dieu, Celui qui possède un pouvoir omnipotent, une connaissance ainsi qu’une intelligence infinie, a créé l’univers dans lequel nous vivons.

Il démontre ainsi que la science a prouvé une affirmation  longtemps professée par les sources religieuses , à savoir, dans tous les livres saints comme l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran, il est clairement dit que l’univers et tout ce qui s’y rapporte  a été créé à partir du néant.

I.1.1. La Bible et le Coran parlent de la création par Dieu créateur incréé

Gn 1-3 

Les religions abrahamiques[11] comportent le judaïsme, le christianisme et l’islam, le mouvement baha’i et le mouvement rastafari qui s’en inspirent.

Dieu, un et unique, cause première du monde, est incréé, préexistant éternellement à tout ordre :

  • Selon le Livre de la Genèse, partagé par le judaïsme et le christianisme, ceci est déduit de Genèse 1:1 (Bereshit bara Elohim ett hashamaïm ve ett haaretz Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Le récit poursuit en narrant cette œuvre créatrice, depuis le chaos aux luminaires célestes, aux êtres aquatiques et volatiles, aux animaux et à l’humanité (Adam désigne initialement l’homme et la femme, cf. Gen 1:26).
  • Selon le Coran, le livre saint de l’Islam :

(13:16) … Dis: Allah est le Créateur de toutes choses, et Il est l’Un, le Suprême (57:3) … Il Est le Premier et le Dernier, le Manifeste et le Caché, et Il est Celui qui sait toute chose (112:1-2) … Dis: Lui, Allah, est Un. Allah est Celui sur Qui tout repose Toute la création est donc attribuée à Allah (le nom propre de Dieu en arabe), le seul Dieu des musulmans.

I.1.1.1. De la cause première

  • Dans le judaïsme, du récit même de la Création découlait sans aucun doute la primauté de Dieu[12]. Celle-ci dut cependant être justifiée lors de la confrontation avec la philosophie hellénique, particulièrement lorsque certains, dénommés apikorsim par la tradition, rejetteront les fondements de la Torah pour adhérer à ceux de l’éternité du monde. Le problème sera abondamment discuté par le rabbin et philosophe Moïse Maïmonide, ainsi que ses successeurs. Un concept crucial du judaïsme, particulièrement développé dans la kabbale lourianique est celui du Tzimtzoum, la « contraction » ou « rétraction » de Dieu afin de « laisser la place à l’espace et au temps ».
  • Les références à Dieu dans le Nouveau Testament varient, mais elles démontrent toutes une incorporation de la cause première. Cependant, la conception chrétienne de Dieu, la doctrine trinitaire, est plus complexe, ainsi que l’illustrent divers exemples:

Révélation 1:8 – Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, Dieu Tout-puissant. 1,17-18 : Je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant. J’étais mort mais maintenant je suis vivant pour toujours, et je détient la clé de la mort et du séjour des morts.

Jean 1:1-4 – Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Le même fut au commencement avec Dieu. Toute chose fut faite par Lui ; et au sans Lui, rien n’aurait été fait de ce qui fut fait. En lui était la vie ; et la vie était la lumière des hommes.

  • Dans l’Islam, Allah est clairement identifié comme la « cause première », en de nombreuses occurrences dans le Coran.

I.1.1.2. L’humanité et sa place dans la Création

Selon le premier récit de la Genèse (Gn 1 3), l’Adam, homme et femme, est créé par Dieu à Son image au sixième jour de la Création. Selon le second récit (Gn 2 4-25), l’Adam fut formé avec de la terre du sol et l’âme de vie fut insufflée par Dieu dans ses narines; la femme est formée à partir d’un côté/d’une côte de l’homme.


Selon le Coran (sourate 23:12-13) :

Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence ; et de l’adhérence Nous avons créé un embryon ; puis, de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Dieu le Meilleur des créateurs !

Adam, homme et femme, furent créés par Dieu pour embrasser et jouir du meilleur milieu pour vivre qu’est la Terre, et le jardin d’Éden en particulier. Ils furent faits pour refléter l’autorité, l’amour et le juste gouvernement de Dieu, ses « hérauts » en ce monde, en quelque sorte, qui Lui offrent également les louanges de la création, dirigeant le chœur de l’armée terrestre en parallèle avec celui de l’armée céleste, décrit par Isaïe (Is 6). Ils sont uniques dans la Création, en ce qu’ils sont les seuls porteurs de l' »imago Dei, l’image (Héb. tselem – comme un enfant à l’image de ses parents) de Dieu au sein de la création, animée et inanimée. En tant que tels, ils ont un droit de conquérir le monde et de s’en servir à leur usage, et un devoir de marcher en communion avec Dieu, et avec l’autre.

«Le mot hébreu Zakor, « mâle », est aussi le verbe « se souvenir » ; ainsi est fondamentalement mâle celui ou celle qui se souvient de cet « autre côté » de lui, dit « femelle », Naqob. Celui-là signifie « trou » ou le verbe « trouer », non étranger à l’idée de « nommer », car au plus profond de ce trou femelle est le Nom, germe de JE SUIS, fondateur de l’être. »[13].

 Le mâle doit se souvenir de sa femelle, c’est-à-dire du divin non-conscient qui est en lui. L’Humain accompli, celui qui unit le mâle et le femelle, est celui qui est totalement mémoire de Dieu[14].

 Cependant, au « Nous » de la communion avec Dieu et l’autre, l’homme préfère de choisir en tant que « Je », cultivant son individualisme.

Cette « chute dans l’ombre » a libéré des motifs destructeurs à l’intérieur comme à l’extérieur de la race humaine, et entraîné la nécessité d’un adam en voie de rédemption, choisissant de vivre une vie humaine en communion avec Dieu, inversant les effets de la chute.

Selon la foi chrétienne, Jésus, le Christos de Dieu, était le nouvel adam, envoyé aux hommes « à la complétion des temps. » La quête humaine du retour à l’Éden culminera avec un nouvel Éden dans les temps à venir, manifesté dans des nouveaux cieux et une nouvelle terre.

I.1.1.3. Dialogue entre homme de foi et les scientistes

La pape François dit que même la théorie du Bigbang ne contredit pas la foi en la création[15] :

“Quand nous lisons dans la Genèse le récit de la Création, nous risquons d’imaginer Dieu comme un magicien, avec sa baguette magique faisant apparaître toutes les choses. Mais il n’en est pas ainsi. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu’il a données à chacun, pour qu’ils se développent, pour qu’ils arrivent à leur plénitude. Il a donné l’autonomie aux êtres de l’univers en même temps qu’il les a assurés de sa présence continue, donnant vie à toute réalité. C’est ainsi que la création s’est poursuivie pendant des siècles et des siècles, des millénaires et des millénaires, jusqu’à ce qu’elle devienne celle que nous connaissons aujourd’hui, justement parce que Dieu n’est pas un démiurge ou un magicien, mais le Créateur qui donne vie à toutes les espèces. Le début du monde n’est pas l’œuvre du chaos qui doit à un autre son origine mais dérive directement d’un principe suprême qui crée par amour. Le Big Bang que l’on met aujourd’hui à l’origine du monde ne contredit pas l’intervention du Créateur divin mais l’exige. L’évolution dans la nature ne s’oppose pas avec la notion de Création parce que l’évolution présuppose la création des êtres qui évoluent…

En ce qui concerne l’homme, en revanche, il y a un changement et une nouveauté. Quand, au sixième jour du récit de la Genèse, arrive la création de l’homme, Dieu donne à l’être humain une autre autonomie, une autonomie différente de celle de la nature, qui est la liberté. Et il dit à l’homme de donner un nom à toutes les choses et de continuer dans le cours de l’histoire. Il le rend responsable de la création, pour qu’il domine aussi la création, pour qu’il la développe et ainsi jusqu’à la fin des temps”.

Et le scientifique Coppens d’ajouter[16] :

“Moi, je suis convaincu que l’homme, dès qu’il est homme, est religieux. C’est amusant de voir combien la nature se fiche de l’individu et veut absolument préserver l’espèce et combien, quand on arrive à l’homme, peut apparaître la noblesse de l’individu et tout le respect de la personne. Je crois que la force des sciences naturelles, c’est de voir à la fois cette discontinuité dans la continuité. Quand on passe de la matière inerte à la matière vivante, il y a tout à coup un saut. Et quand on passe de la matière vivante à la matière pensante, il y en a un autre. Et puis, pourquoi pas d’autres à venir, que bien sûr, on ignore”

Une étude récente vient de découvrir un os du petit doigt découvert en Tanzanie qui a beaucoup à dire: il nous parle d’un ancêtre de l’Homme qui aurait déjà été équipé d’une main « moderne » il y a 1,8 million d’années[17]. Une main qui lui aurait permis toutes sortes de manipulations.

On pense qu’il s’agit du plus ancien os de main moderne connu à ce jour, souligne une étude publiée en ligne dans la revue britannique Nature communications.

Cette découverte a été faite sur le riche site préhistorique des gorges d’Olduvai (nord de la Tanzanie) par une équipe de chercheurs menée par Manuel Dominguez-Rodrigo, de l’Institut de l’évolution en Afrique dont le siège est à Madrid.

Pour ces chercheurs, le propriétaire de cette phalange, un adulte baptisé OH 86, coexistait à cet endroit avec le Paranthrope Boisei – un Australopithèque robuste – et avec l’Homo Habilis (« homme habile ») qui savait fabriquer des outils primitifs en pierre[18].

I.1.1.4 Dialogue multiple Ps 8; 19; 104

Ces Psaumes sont très centrés sur le thème de la création. Ils soulignent le lien entre le Créateur et la créature. Non seulement, il y a un dialogue entre le Créateur et la créature, mais aussi les créatures entre elles.

Le rapport avec les animaux[19] :

Dans la deuxième récitation de la Genèse sur la création de l’Humain, il est également question du rapport de l’Humain avec les animaux. Mais là où la première récitation de la Genèse parlait de domination, la seconde parle plutôt de nomination.

Cette nomination est la mise en œuvre du mimisme, car il s’agit bien de saisir le geste caractéristique de chaque animal, ainsi que le montre le texte biblique.

« Il les amène vers l’homme

pour voir ce qu’il leur crie.

Et tout être vivant auquel l’homme crie :

tel est son nom.

L’homme crie les noms de tout quadrupède,

de tout volatile des cieux et de tout animal terrestre. »

(Gn 2, 19-20)

Mais cette nomination ne suffit pas à Adam, il semble encore lui manquer quelque chose, « une aide qui le fasse connaître à lui-même ». Le mot hébreu kênegdo, utilisé ici pour qualifier l’aide donnée à Adam, signifie « raconter, expliquer, annoncer, faire connaître »1. Jean-François Froger affirme que le sens de cette parole est : « je vais lui donner la capacité d’être conscient de lui-même ». En effet, sans cette conscience, Adam est seul, en étant isolé de lui-même.

En réalité, le rapport de l’Humain avec les animaux comporte une gradation : il s’agit d’abord pour lui de les nommer et ensuite de les dominer. Et il lui faut une aide pour passer de la nomination à la domination, c’est-à-dire de la manifestation d’En Bas, l’animal dans son geste caractéristique, à la réalité d’En Haut, l’animal dans sa dimension symbolique et son rapport aux pensées passionnées. En effet, cette domination n’a rien à voir avec la domestication servile externe, comme on l’entend communément. Il s’agit de la domination intérieure, car les animaux symbolisent les pensées passionnées qui habitent l’homme pour lui permettre de vivre. « Il a été demandé à Adam de nommer tous les animaux, autrement dit de voir et de reconnaître tous les aspects qu’il porte en lui. Il est en effet courant dans les traditions anciennes d’assimiler les caractéristiques humaines et les émotions au règne animal. L’iconographie tibétaine représente ainsi les poisons de base de l’esprit que sont l’avidité, la haine, l’illusion sous la forme d’animaux tels que le porc, le serpent et le coq. Pour évoquer des penchants humains, on sait que La Fontaine s’est beaucoup inspiré des fables antiques d’Esope, qui mettaient également en scène des animaux. »[20]

Comme le constate Beauperin[21] :

« L’Humain a donc pris conscience du geste caractéristique de chaque animal et l’a nommé. Mais il lui reste à prendre conscience que chaque animal n’est que la matérialisation, l’extériorisation des pensées passionnées qui sont en lui, à l’état non-conscient, et que l’Humain risque de ne pas savoir exploiter si elles ne viennent pas à la conscience, autrement dit si l’Humain ne les porte pas dans sa maison, ce qui est le sens étymologique du verbe « dominer ». Il faut que l’Humain prenne conscience de ce non-conscient qui est en lui et qu’il s’unisse à lui, dans la conscience, pour que ces forces vives, dominées par lui, soient « mère de la vie » = Hawah = Eve = la Vivante7.

Et nous allons assister à une extériorisation, faite par Dieu, de ce qu’il y a de plus intérieur à l’Humain : l’extraction de « l’hommesse ». Cette « hommesse » est bâtie de son côté, lieu du coeur, siège de la pensée et de la mémoire. Elle est bâtie par Dieu pendant le sommeil de l’homme, c’est-à-dire que l’hommesse est bâtie de l’homme non-conscient. L’hommesse est dans l’homme et il n’en a pas conscience. Dieu a fait surgir l’hommesse du non-conscient de l’homme. Elle permet ensuite à l’homme de prendre conscience, car elle est « l’os de ses os et la chair de sa chair ».

C’est précisément la caractéristique de la Parole de Dieu : née du non-conscient de l’homme, elle l’aide à prendre conscience de ce qui est en lui et qu’il doit dominer ».

C’est après le dialogue avec les animaux, l’Humain doit dialoguer avec l’Humaine qu’il portait en lui sans le savoir. C’est Dieu qui le réveil en faisant sortir l’Humaine, la Vivante qui n’ai pas l’œuvre de l’Humain mais une partener.

Les signes du Coran

Mis à part une explication de l’univers, le modèle du Big-Bang a une autre implication importante. Comme Anthony Flex cité ci-dessus le dit, la science a prouvé une affirmation que seules les sources religieuses avaient soutenue jusqu’ici.

La vérité défendue par les sources religieuses est celle de la création à partir du néant. Tous les livres saints servant de guides à l’humanité pendant des milliers d’années mentionnent cette affirmation. Dans tous les livres saints comme l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran, il est clairement dit que l’univers et tout ce qui s’y rapporte à été créé à partir du néant par Dieu.

Dans le Coran, il y a des déclarations à propos de la création de l’univers qui s’est formé à partir du néant mais aussi au sujet de la manière dont cela s’est produit. En fait, ces déclarations correspondent aux connaissances du 20ème siècle alors qu’elles ont été révélées il y a bcp de siècles.

Tout d’abord, la création de l’univers à partir du néant est révélée dans le Coran comme suit :

Créateur des cieux et de la terre. (Sourate Al-An’âm : 101)

Un autre aspect important révélé par le Coran il y a quatorze siècles, bien avant les découvertes modernes au sujet du Big-Bang, est, qu’à sa naissance, l’univers n’était constitué que d’un volume minuscule : Ceux qui ont mécru, n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? (Sourate Al-Anbiyâ : 30)

Le choix des mots dans la langue d’origine du Coran, l’arabe, est extrêmement important. Le mot arabe « ratk » traduit ici par « tissés » signifie « mélangés l’un dans l’autre » dans les dictionnaires arabes. Ce terme est utilisé pour désigner deux substances différentes qui ne forment, en réalité, qu’une entité. Le terme « décousus » renvoie au verbe arabe « fatk », qui signifie que quelque chose a été créé par la séparation ou le démontage du « ratk ». On emploie souvent ce verbe pour désigner l’action d’arracher une graine du sol.

Revenons sur ce verset avec ces notions désormais en tête. Dans ce verset, le ciel et la Terre sont d’abord sujets au « ratk ». Ils sont ensuite séparés (fatk) par l’extraction d’un des éléments de l’autre. Etrangement, des cosmologues parlent d’un « œuf cosmique », constitué de toute la matière existant avant le Big-Bang. En d’autres termes, les cieux et la terre dans leur totalité étaient compris dans cet œuf, dans un état de « ratk ». Quand cet œuf explosa violemment, sa matière subit le « fatk » et, dans ce même processus, créa la structure de tout l’univers.

Une autre vérité révélée dans le Coran est celle de l’expansion de l’univers qui a été découverte à la fin des années vingt. La découverte de Hubble du déplacement rouge dans le spectre de lumière stellaire a été révélée dans le Coran :

Le ciel, Nous l’avons construit par Notre puissance et Nous l’étendons [constamment] dans l’immensité. (Sourate Az-Zâriyât : 47)

En résumé, les découvertes de la science moderne soutiennent la vérité révélée dans le Coran plutôt que les dogmes des matérialistes. Ces derniers peuvent bien dire qu’il ne s’agit que de simples coïncidences mais les faits sont clairs : L’univers doit son existence à un acte de création de la part de Dieu et que la seule vraie connaissance concernant l’origine de l’univers se trouve dans les paroles révélées par Dieu.

I.1.2. Beaucoup de cultures parlent de la création

En Egypte[22] à Heliopolis nous avons un texte explicite:

Au commencement des temps, Rê prend conscience de lui-même «en voyant» sa propre image (Amon); puis, dans le Grand Silence, il appelle son double: «Viens à moi». C’est Rê Lumière et Conscience de l’Univers, qui « appelle» Amon, Esprit de l’Univers même. Par cet appel, c’est-à-dire par la parole = puissance créatrice, se manifestent l’espace-air (Shou) et le moteur-feu (Tefnout) qui à leur tour engendrent et séparent la terre (Geb) du ciel (Nout) donnant fin au chaos et de ce fait équilibre et vie à l’Univers. Tout est désormais prêt à recevoir les forces créatrices de la vie terrestre et supraterrestre, c’est-à-dire la force fécondante Osiris – semence et arbre de la vie, eau qui donne l’aliment – et la force génératrice Isis, amour des créatures, force féconde. Plus tard (après la fin de l’Eden ?) intervient le couple destructeur: Seth et Nephtys, les forces du mal continuellement perdantes en face du couple vivifiant, mais aussi collaboratrices en ce qu’elles provoquent l’éternel devenir de la vie universelle.

A Hermopolis on a le texte suivant:

“Le Chaos primordial est une immense sphère sans lumière où se coagule le tertre originel. De cette première forme en cône-pyramide sort l’œuf primordial qui, comme une immense fleur de Lotus, s’ouvre et laisse sortir le Soleil-Rê (Thot ou Ptah), source de toute forme de vie. Des yeux de Rê, Lumière de l’Univers, coulent des larmes qui engendrent les créatures humaines. De sa bouche, source du Verbe générateur, naissent toutes les créatures, forces qui engendrent toute forme vitale”.

Selon le mythe Bambara[23] au Mali, Guinee, Burkina Faso et Senegal:

Avant la création, le principe premier, Koni, aux vingt-deux noms cachés2, n’était que pensée, se contenant en secret dans le vide (lankolo), il était aussi ce vide. Vint un moment où il s’amassa, formant un point ou boule, kuru, qui était en même temps .« l’air lourd » (fyë gri), « l’air en gestation » (fyë kono)3. Immobile, sans dimensions, sans limites, mais les impliquant toutes, il était centre de tout mouvement. Pensée et parole primordiales, en lui était aussi la substance de toutes choses. A ce moment il était « un », contenant en lui-même ses propres déploiements et ceux du monde à venir ; « un était rien » (kelen iunye foi ye), car. on ne le connaissait pas encore, mais « rien était un » (foi Iunye kelenye), car sans lui le monde n’aurait pas existé.

Koni commença alors à limiter en lui-même l’espace pour en faire idéalement «l’oeuf du monde». Là où serait l’Est, il fit une spirale de trois tours, ce qui le doubla : il fut six, mais en même temps cette spirale le contenait comme une matrice (dëzo)* et l’ensemble était également sept, c’est’-àdire une « personne », à la fois mâle et femelle (3 + 4 = 7). Dans ce nombre sept, la création entière était en puissance (folo)[24].

I.1.2.1. Étapes classiques de création du monde

La majorité des récits[25] ont ceci en commun qu’ils ne présupposent pas l’existence d’un Univers incréé, immuable et éternel, mais suggèrent des étapes et des devenirs possibles du monde :

  • apparition de l’Univers à partir du néant (ex nihilo), du chaos ou de l’inconnu ;
  • naissance du temps et de l’espace, de la lumière et de la matière. À partir du chaos primordial inerte, les éléments, eau, terre, feu et air (en Occident ; dans d’autres cultures, les éléments fondamentaux sont organisés différemment) s’animent ;
  • apparition de la vie à partir de la rencontre et du mélange de ces éléments ;
  • apparition de l’homme ;
  • possibilité de création d’un nouvel univers après un cataclysme mondial.

Certains récits partent du principe que la naissance et la mort de l’Univers est une création continue. L’univers apparaît, vit, disparaît puis laisse place à un nouvel univers et ceci à l’infini. Chaque création d’univers correspondrait à une sorte de réincarnation de Dieu. Le corps physique de Dieu serait l’univers tout entier. À chacune de ses réincarnations, il s’améliorerait et pourrait donc créer à chaque fois un univers meilleur que le précédent.

Aux mythes cosmogoniques répondent les mythes eschatologiques, qui décrivent la fin du monde.

I.1.2.2. Thèmes communs

De nombreux thèmes sont communs à ces récits, quelle que soit leur origine

  • L’entité créatrice
    • Dans la majorité des cosmogonies traditionnelles, les créateurs sont un ou des dieux anthropomorphes qui génèrent l’Univers et l’Homme par la parole, le geste, un membre, des sécrétions, etc. Les religions abrahamiques inversent ce concept : c’est l’homme qui est fait à l’image de Dieu, et encore ne s’agit-il que d’une allégorie (Maïmonide, Guide des Égarés, chap 1.) Dans les sociétés actuelles, les entités ont été remplacées par les lois de la physique et de la chimie, qui tentent de dépasser les anthropomorphismes traditionnels.
    • L’oeuf est souvent représenté comme le germe contenant l’univers en puissance. Il symbolise la rénovation périodique de la nature, la possibilité de renaissance du monde. L’éclosion de l’œuf donne naissance à l’Univers (Pan Gu en Chine, Partholon chez les Celtes, Puruska en Inde, Nommo au Mali ).
    • On peut aussi retrouver la symbolique de l’œuf dans les histoires de déluge, où les hommes était enfermés dans une embarcation, comme le poussin dans son œuf.
  • Le chaos primordial
    • La naissance d’un monde harmonieux est souvent la résultante de conflits entre forces antagonistes, l’ordre et le désordre. Cependant, dans la Théogonie d’Hésiode, le chaos originel n’est pas un ensemble en conflit avec l’ordre, mais plutôt une entité renfermant l’ensemble des éléments à venir, mélangés.
      Quant au tohu-bohu biblique, il décrit un état « stupéfiant » et « désolant », impossible à appeler autrement (Rachi sur Ber. 1:2)
  • L’eau
    • Symbole de pureté, l’eau est souvent exprimée par le biais du Déluge (qui, dans la Bible, appelle à purifier le monde de l’impiété des hommes).
    • Le monde sort souvent d’eaux primordiales (comme c’est le cas de la vie, les végétaux, arthropodes, mollusques, amphibiens colonisent la terre ferme en sortant des eaux)
    • Le déluge se retrouve dans de nombreux récits originels. Il rappelle à l’homme sa faiblesse face aux puissances célestes, et permet le renouvellement du monde grâce aux meilleurs des humains (le roi Manu, sauvé par Vishnu et transformé en poisson, Noé et son arche, Deucalion et Pyrrha sauvés par Prométhée).

I.1.2.3. Croyances abrahamiques

Les traditions scholastiques de judaïsme, du christianisme, et de l’islam adhèrent à la création ex nihilo, et ce dès le premier verset de la Bible :

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre »


Le verset 2 Macchabées 7:28 (« Je te conjure, mon fils, de regarder le ciel et la terre, et toutes les choses qu’ils contiennent, et de comprendre que Dieu les a faites de rien, ainsi que la race des hommes ») semble indiquer que cette croyance cosmogonique était courante chez les Juifs.
Une croyance similaire transparaît dans l’Epitre aux Hébreux : « Par la foi, nous comprenons que les mondes furent construits par le verbe de Dieu, de sorte que les choses que nous voyons ne furent pas faites à partir de choses qui apparaissent.


De même, dans le Coran, « Il dit [d’une chose] Sois !, et elle est ».

L’ancien des jours de William Blake

Les maîtres de ces traditions, dont Augustin d’Hippone ou Moshe ben Nahman, affirment également que Dieu est en dehors du temps, et que le temps n’existe que dans le cadre de l’univers créé.

Toutefois, ces traditions connaissent également les idées de création à partir de matériaux préexistants, idée qui ne peut qu’être discutée à l’arrivée des philosophes hellènes, qui développent entre autres l’idée de la hylè (en grec, la matière).
C’est probablement en réaction aux philosophes classiques que la croyance en une création ex nihilo s’impose dans la tradition du judaïsme et du christianisme naissant, vers le second siècle EC.

Un philosophe dit à Rabban Gamliel : ton Dieu fut un grand artisan, mais Il S’était trouvé de bons matériaux pour L’assister: Tohu va-Bohu, ténèbres, vent et eaux, et l’abîme primordiale.

R. Gamliel lui dit : Que le souffle s’échappe de cet homme ! Pour chaque matériel, il y a une référence qu’il a été créé. Tohu va-Bohu : « Je fais la paix et crée le mal » ; la ténèbre : « Je façonne la lumière et crée la ténèbre » ; les eaux : « Louez-le, cieux des cieux, et vous les eaux » — et pourquoi ? — « Car Il a commandé et ils furent créés » ; le vent : « Car, Lui qui firme les montagnes et crée le vent » ; l’abîme primordiale : « Lorsqu’il n’y avait pas d’abîme, je fus emmenée ». Bereshit Rabba 1: 9

Se fondant sur cette tradition, des érudits modernes trouvent que ces versets, et les autres habituellement cités, peuvent encore être sujets à des interprétations contradictoires, alimentant tantôt la thèse de la création à partir du néant, tantôt celle de la création à partir d’un préexistant, de sorte que la création ex nihilo pourrait n’être pas soutenue par les anciens textes, Bible incluse. Ils relèvent par ailleurs des similarités entre le récit biblique de la création et d’autres récits cosmogoniques où un ou plusieurs dieux créent le monde à partir d’un préexistant.
Des érudits traduisent le second verset de la Genèse : « Et la terre était sans forme et vide » ou encore « principe de matière et principe de forme », en clair un préexistant, ou un intermédiaire informe à partir duquel Dieu crée le monde. Cette vue ne fut pas seulement celle de biblistes critiques, mais aussi celle de grands rabbins.

Joseph Campbell, un spécialiste en mythologie réfutant toute véracité à la Bible, a abondamment écrit sur le sujet et considère les « mythes » de la création comme des moyens pour exprimer la prise de conscience naissante au mysterium tremendum et fascinans de cet univers tel qu’il est.
Dans son livre The Masks of God: Creative Mythology, il explique que la relation mythique de la création permettrait de rendre une image interprétative totale de la création connaissable à la culture contemporaine. En renouvelant l’acte de l’expérience de la création, l’existence de l’aventure est renouvelé, « brisant et réintégrant en même temps ce qui a déjà été fixé et est connu, dans le feu créatif sacrificiel de la chose en devenir, qui n’est pas autre chose que la vie, non comme elle sera, non comme elle devrait être, fut ou ne sera jamais, mais comme elle est, en profondeur, en processus, ici et maintenant, interne et externe. »

À l’inverse, le Rav Samson Raphaël Hirsch estime la création ex nihilo non seulement comme un fondement de la foi, dont découle la croyance en un Dieu Un, au-delà du temps et de l’espace, mais aussi comme la condition sine qua non pour qu’Il Soit omnipotent, possède le libre arbitre, et en ait fait don à l’humanité (commentaire sur Gen 1:1, in Elie Munk, La Voix de la Thora, Fondation S. et O. Levy, éd. 1988). En clair, éthique et universel dérivent de la même source, raison pour laquelle YHWH est Elohim, l’amour du Créateur commence par celui de Ses créatures, etc

I.2. Autorité universelle de Dieu sur la création

Ps 24 : Au seigneur le monde et tout ce qu’il contient

Le psaume se compose de trois parties[26] :

– v.1-2 : Dieu maître du monde

– v.3-6 : le peuple de Dieu en marche vers lui

– v.7-10 : le triomphe de Dieu

Il présente Dieu comme source et sommet de la vie du monde et des hommes. Il est au

départ et il en est l’aboutissement inéluctable. Le début est une profession de foi très forte, pleine de superlatifs pas forcément sensibles à

la lecture superficielle  Il affirme la primauté et l’universalité de Dieu, créateur du monde : tout est pour lui, le monde, ses richesses, tous ses habitants sans distinction. Car il a fait une chose extraordinaire : il se sert de la mer comme fondation, et malgré son caractère mouvant, il maintient la création inébranlable. Exploit du créateur qui garde à la création sa permanence ! Mais plus encore, la mer et les flots sont le symbole de la fragilité du monde et le refuge des puissances du mal : malgré cela, la création reste dans la main de Dieu et le mal peut déchaîner sa violence, il n’a pas de prise sur elle : elle est inébranlable.

Face à la majesté de Dieu, qu’est-ce que l’homme ! A lui seul, rien : ce n’est pas en lui seul qu’il trouvera les ressources qui l’approcheront de Dieu. Il lui faut certes préparer le terrain : à l’instar de Moïse, n’importe qui ne peut pas prétendre « gravir la montagne du Seigneur » ; et seuls les prêtres peuvent imaginer « se tenir dans le lieu saint », c’est-à-dire officier dans le temple, et encore, avec crainte et tremblement ! La tradition leur demandait d’effectuer leur service sans s’attarder de crainte d’une « mauvaise rencontre », ce qui arrive par exemple à Zacharie, père de Jean-Baptiste… Il leur fallait se plier à des règles de pureté draconiennes, ce qui ne les dispensait pas de préparer leur coeur, de le débarrasser de la poussière accumulée et de soigner l’innocence de leur vie. Cette exigence, le psaume l’étend à tous les humains : tous peuvent gravir la montagne du Seigneur, qui les y invite, en vivant la fidélité, la pureté, c’est-à-dire en désemcombrant leur coeur. Alors dans le coeur de l’homme s’ouvre le chemin de Dieu. Car si Dieu n’entre pas par effraction et appelle notre participation, c’est de lui seul que peut venir la vie. C’est lui seul qui est bénédiction, source de justice. L’homme désire être juste, il recherche la lumière de Dieu, Dieu lui offre sa sainteté, il marche inébranlable sur les flots du mal et de la mort.

Les quatre derniers versets évoquent l’irruption définitive de Dieu dans le monde : l’homme qui se tourne vers lui fait éclater les limites étroites et finies de la création : alors Dieu peut entrer « chez lui », fort vaillant, vainqueur, dans toute sa gloire. Thomas d’Aquin voit dans ses portes, le mur éternel que le péché et le mal construisent entre Dieu et l’homme et qu’entretient le désir de domination des puissants de ce monde. Ce sont ces princes de la terre qui ferment les portes avec le monde de Dieu et qui volent en éclats. Ainsi s’ouvre une liturgie, éternelle louange de la gloire du Créateur, où l’homme, libéré du poids de ses limites et de ses fragilités trouve, sur la montagne sainte, la face de Dieu qu’il cherchait…

“Le Psaume 24 commence par l’affirmation des droits de l’Éternel sur la terre. La croix y fut dressée (Ps. 22). Elle est présentement une sombre vallée (Ps. 23). Mais bientôt l’Éternel y établira son trône. «Le monde et ceux qui l’habitent» devront alors reconnaître Celui à quiils appartiennent et se soumettre à sa domination. Certains ne s’y décideront que sous l’effet de la contrainte, «en dissimulant», comme l’annonce le Ps. 18. 44. En ce qui nous concerne, puissions-nous rendre dès aujourd’hui au Seigneur Jésus l’obéissance de l’amour. Pour avoir part au Royaume, les citoyens doivent en posséder les caractères (v. 3 à 6). Jésus les a promulgués dès le début de son ministère (comp. v. 4 avec Matth. 5. 8). Il était le Roi, le Messie d’Israël. Mais son peuple l’a rejeté, aussi est-il sorti, portant sa croix (Jean 19. 5 et 17). Contemplons-le maintenant entrant comme l’Éternel lui-même, le Roi de gloire, dans son règne de bénédiction”[27].  La théplogie de ce pasume justifie l’audace du Pape François qui a eu l’audace dadresser l’encyclique Laudato sii[28] à tous les hommes et toutes les femmes du monde entier.

II. L’alliance avec Noé

L’Alliance Avec Noe (9:8-17)[29]

L’alliance de Dieu avec Noé et sa descendance révèlent beaucoup de caractéristiques d’alliances à venir que Dieu a fait avec l’homme. Pour cette raison, nous soulignerons quelques traits bien visibles de l’alliance.

II. (1) L’Alliance a été initiée et ordonnée par Dieu :

Nous voyons clairement la souveraineté de Dieu dans cette alliance. Pendant que quelques anciennes alliances étaient le résultat de négociations, celle-ci ne l’était pas. Dieu a initié l’alliance comme une expression extérieure de Son but révélé dans Genèse 3:20-22. Dieu a dicté les termes de l’alliance à Noé, et il n’y a pas eu de discussion.

 II. (2) L’Alliance a été faite avec Noé et toutes les générations à venir :

« Et Dieu ajouta:Voici le signe de l’alliance que je conclus pour tous les âges à venir entre moi et vous et tout être vivant qui est avec vous: » (Genèse 9:12)

Cette alliance restera valide jusqu’à ce que notre Seigneur revienne sur terre pour la nettoyer par le feu. (2 Pierre 3 :10)

II. (3) C’est une alliance universelle

Pendant que certaines alliances impliquent un petit nombre, cette alliance particulière inclut « toutes créatures. »

Ca veut dire tout ce qui vit, homme et animals :

« Pour ma part, je vais établir mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous,

    ainsi qu’avec tous les êtres vivants qui sont avec vous: oiseaux, bétail et bêtes sauvages, tous ceux qui sont sortis du bateau avec vous et ils peupleront la terre. » (Genèse 9:9,10)

II.(4) L’Alliance avec Noé est une alliance inconditionnelle

Certaines alliances dépendaient que les deux parties respectent certaines conditions. Tel était l’alliance avec Moïse. Si Israël respectait la Loi de Dieu, ils éprouveraient les bénédictions et la prospérité de Dieu. S’ils ne la respectaient pas, ils seraient chasses du pays (Deutéronome 28). Les bienfaits de l’Alliance avec Noé n’étaient pas conditionnels. Dieu donnerait des saisons régulières et ne détruirait pas la terre par un déluge simplement parce qu’Il l’a promit. Bien que certains commandements soient donnes à l’humanité dans les versets 1-7, ceux-ci ne sont pas vus comme des conditions pour l’alliance. Ils ne sont techniquement pas inclus comme une partie de l’alliance.

II. (5) Cette Alliance était la promesse de Dieu de ne jamais plus détruire la terre par un déluge :

« alors je me souviendrai de mon alliance avec vous et avec tout être vivant, quel qu’il soit, et les eaux ne formeront plus de déluge pour détruire l’ensemble des créatures.» (Genese 9:15)

Dieu détruira la terre par le feu (2 Pierre 3:10), mais seulement après que le salût ait été payé par le Messie et que les élus soient enlevés, même comme Noé a été protégé de la colère de Dieu.

II. (6) Le signe de l’Alliance avec Noé est l’arc-en-ciel :

« j’ai placé mon arc dans la nuée; il servira de signe d’alliance entre moi et la terre.

    Quand j’accumulerai des nuages au-dessus de la terre et que l’arc apparaîtra dans la nuée,  alors je me souviendrai de mon alliance avec vous et avec tout être vivant, quel qu’il soit, et les eaux ne formeront plus de déluge pour détruire l’ensemble des créatures. » (Genèse 9:13-15)

Chaque alliance a un signe qui l’accompagne. Le signe de l’Alliance avec Abraham était la circoncision (Genèse 17:15-27); celui de l’Alliance avec Moïse est l’observation du Sabbath (Exode 20:8-11 ; 31:12-17).

Le « signe » de l’arc-en-ciel est approprie. Il consiste du reflet des rayons de soleil dans les particules de l’humidité dans les nuages. L’eau qui a détruit la terre cause l’arc-en-ciel. Et aussi, l’arc-en-ciel apparaît à la fin d’un orage. Ce signe assure l’homme que l’orage de la colère de Dieu (dans le déluge) est fini.

Plus intéressant est le fait que l’arc-en-ciel ne soit pas destiné pour le bénéfice de l’homme (du moins dans ce texte), mais pour celui de Dieu. Il a dit que l’arc-en-ciel Lui rappellerait Son alliance avec l’homme. Quel confort de savoir que la fidélité de Dieu est notre garantie !

Les prophete de l’ancien temps se referent aussi a l’Alliance avec Noe. Ésaïe rappela a la nation, Israel, la fidelite de Dieu en respectant l’Alliance avec Noe : Is 54,9-10; Jr

« Car il en est pour moi comme au temps de Noé. J’avais juré alors que les eaux du déluge ne submergeraient plus la terre. De même, je fais le serment de ne plus m’irriter à ton encontre, et de ne plus t’adresser de reproches.

   
    Même si les montagnes se mettaient à bouger,  même si les collines venaient à chanceler, mon amour envers toi ne bougera jamais; mon alliance de paix ne chancellera pas,»déclare l’Eternel, rempli de tendresse pour toi. » (Is 54:9-10)

Au temps des Ecritures d’Ésaïe, il semble y avoir peu de raison d’espoir pour la nation. Ésaïe rappelle la nation que leur espoir était aussi sûr que la Parole de Dieu. La promesse de Dieu de la venue du salût devrait être regardée à la lumière de Sa fidélité en respectant Son alliance avec Noé et ses descendants.

Le langage de Genèse chapitre 9 a été utilisé par Osée pour assurer le peuple de Dieu de leur restauration:

«Je conclurai, en ce temps-là, une alliance pour eux  avec les animaux sauvages  et les oiseaux du ciel, et les animaux qui se meuvent au ras du sol. Je briserai l’arc et l’épée, et je mettrai fin à la guerre: ils disparaîtront du pays.  Et je les ferai reposer dans la sécurité. » (Osée 2:20)

II.7. Le récit des Descendants de Noé, indice d’une fraternité universelle

Le repeuplement de la terre et trois grands groupes humains depuis le déluge[30]

  

II.7.1 -Les chamites :

Cham eut 4 fils: Koush, Pouth, Misraïm et Canaan

Les Koushites et les Pouthites étaient très riches et puissants et leurs descendants ont bâti les puissants royaumes africains d’Egypte, de Nubie et d’Ethiopie*² et ainsi qu’en Mésopotamie.

II.7.1.1-KOUSH l’ancêtre des Koushites,

 associés dans la Bible au sud de l’Égypte et à l’Éthiopie. C’est aussi l’ancêtre de groupes mésopotamiens, puisqu’il est le père de Nimrod. Il est donc aussi l’ancêtre des Kassites de Babylonie (actuelle Irak).

Le cœur du pays de Koush se situe selon l’Ancien Testament au sud de la Haute-Égypte et s’étendrait jusqu’au nord de la Nubie. Une partie de ses descendants ont une couleur de peau foncée, à cause du fait qu’ils habitent des régions très ensoleillées, et que la peau a tendance à secréter plus de mélanine en présence du soleil.

*Jérémie 13 :23 « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, Et un léopard ses taches? De même, pourriez-vous faire le bien, Vous qui êtes accoutumés à faire le mal ». Le prophète Jérémie décrivait donc déjà les Éthiopiens comme de couleur de peau différente des israélites.

²[La femme de Moïse nommée Séphora, était noire, et les critiques de Marie et d’Aaron à son égard furent punies sévèrement par l’Éternel, car Marie fut frappée de lèpre.

Nombres 12 :1-15: « Marie et Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme éthiopienne qu’il avait prise, car il avait pris une femme éthiopienne… » d’autres versions emploieront le terme « koushite » à la place d’ « éthiopienne »

Pour mieux comprendre ce passage sur Sephora, femme en réalité madianite, voyons déjà qui était Madian, et où se trouvait son pays.

->Le pays de Madian a été formé par le fils d’Abraham, « Madian », qu’il avait eu avec sa concubine Ketourah (après la mort de Sarah). Abraham eut 6 fils avec Ketourah, qu’il envoya vivre à l’Est, loin d’Isaac.

Genèse 25 : 1-6 « Abraham prit encore une femme, nommée Ketura. Elle lui enfanta Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. Jokschan engendra Séba et Dedan. Les fils de Dedan furent les Aschurim, les Letuschim et les Leummim. Les fils de Madian furent Epha, Epher, Hénoc, Abida et Eldaa. -Ce sont là tous les fils de Ketura. Abraham donna tous ses biens à Isaac. Il fit des dons aux fils de ses concubines; et, tandis qu’il vivait encore, il les envoya loin de son fils Isaac du côté de l’orient, dans le pays d’Orient. »

->Or, Exode 2 : 2 nous dit que Sephora, femme de Moïse, était la fille du Sacrificateur madianite Jethro. Du point de vue historique, le territoire de Madian se trouvait du Jourdain jusqu’à la péninsule du Sinaï au sud en passant par la mer morte.

->Exode 3:1:  » Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. » Ici, la montagne de Dieu n’est autre que le Mont Sinaï, sur la péninsule égyptienne.

De cette localisation géographique de la belle-famille de Moïse en Madian dans un territoire koushite, nous en déduisons que Sephora était madianite de la région du Sinaï, pas loin de l’Ethiopie. De plus, du fait que les habitants de la région étaient les koushites, les madianites pouvaient être aussi vus comme des koushites, sans compter qu’il n’est pas exclus que ces peuples se soient mélangés, créant ainsi des métissages. Ceci explique donc pourquoi Sephora, était d’apparence éthiopienne, donc noire. Ce qui lui valut d’être insultée et traitée d’étrangère koushite, bien qu’elle était issue de la descendance d’Abraham.

II.7.1.2.Quelques enfants de Koush

Nimrod fut, selon la Bible le premier souverain de la terre et un vaillant chasseur.

Genèse 10 : 9-11: « Koush engendra aussi Nimrod; c’est lui qui commença à être puissant sur la terre. Il fut un vaillant chasseur devant l’Eternel; c’est pourquoi l’on dit: Comme Nimrod, vaillant chasseur devant l’Eternel. Il régna d’abord sur Babel, Erec, Accad et Calné, au pays de Schinear. De ce pays-là sortit Assur; il bâtit Ninive, Rehoboth Hir, Calach, et Résen entre Ninive et Calach; c’est la grande ville. », Il était donc un fameux chasseur et un puissant roi. Les premières villes de son royaume : Babel (ou babylone, en Irak actuel), Erek, Accad et Kalné au pays de Chinear.

Nous constatons donc au travers de l’histoire de Nimrod, premier fils de Koush, que les koushites ont très vite dominé le monde. Ils étaient puissants et vaillants, instaurant une royauté dans les régions d’Egypte, de Nubie (Soudan), de Saba et de Mésopotamie (Babylone). Même le peuple d’Israël fut sous domination koushite pendant 400 ans en Egypte. Cette notoriété se fera encore ressentir sous le règne de Salomon avec l’impressionnante reine de Saba qui vint écouter la sagesse de Salomon (cf. 1 roi 10). Mais cela va crée une littérature défavorable aux Noirs.

Le Père jésuite Camerounais Engelbert Mveng avait contredit les idées reçues qui affirmaient que le monothéisme en Afrique était mieux perçu sous l’influence du Christianisme et de l’Islam[31]. Selon Mveng, “l’interprétation des traditions religieuses africaines aboutit à l’affirmation explicite du Monothéisme. Les missionnaires chrétiens qui l’ont exploité pour leur apologétique, ne l’ont pas inventée”[32]. Au contraire, fait remarquer Mveng,  toutes les religions révélées qui se réclament du monothéisme sont nées dans des milieux et des traditions polythéistes. C’est le cas du Judaïsme, du christianisme et de l’Islam nés autour du bassin méditerranéen, surtout la vallée du Nil sud; c’est le pays de Kush, c’est-à-dire l’Afrique noire. Selon Pierre Nillon[33] :

“Le chapitre 10 du livre de la Genèse en citant les trois continents connus dans l’Antiquité à savoir : l’Asie, l’Afrique et l’Europe nous révèle que l’ancien nom du continent africain était KaM, diminutif de KaMa. En effet, KaMa en araméen ou KaM en hébreu, signifie Chaleur, Brûlé, Noirci…, caractéristique principale de ce continent, car selon Hérodote, la chaleur y rend les Hommes Noirs (Histoire II, 22). Mais le mot KaMa est-il pour autant originaire de ce continent ? Oui, car depuis l’apparition de l’écriture hiéroglyphique (3400 av. J.C), les anciens Egyptiens se désignaient eux-mêmes par le mot KaMtou signifiant les Noirs.

Par ailleurs, ils utilisaient le mot KaMi signifiant Noire, non seulement pour désigner leur pays, mais aussi par extension tout le continent africain. Cette racine africaine se rencontre toujours dans les langues suivantes : KaMa signifie Noir en Copte, iKaMa signifie Noirci en Mbochi, KaMi signifie Brûlé en Bambara. KéMi signifie Brûlé en Mandjakou, KeM signifie Brûlé en Wolof, KiM signifie Brûlé en Mossi, etc.… KeMbou signifie Charbon en Pullar, KeMpou signifie Noir en Vaï, KéMatou signifie complètement Brûlé en Mandjakou. Précisons que QeMaDo en portugais/espagnol est un emprunt historiquement explicable aux langues africaines et est de ce fait à rapprocher de l’égyptien KaMtou.

Le mot égyptien KaMa représenté graphiquement par un morceau de bois brûlant (donc, un charbon) évoque lui même le radical bantou KaLa signifiant Charbon, à l’instar du Kikongo, du Téké, du Zigoula, du Mbati, etc.… Notons que chez les sémites (juifs et arabes) le mot QaLah signifie aussi grillé, brûlé.

En Inde, le mot KaLa signifie également Noir en Tamoul et la grande déesse Noire vénérée depuis plus de 5000 ans se nomme KaLi.

Dans certaines régions d’Afrique, le mot KaLa évolua en GaLa à l’instar du Topoke (en linguistique K = G). Précisons qu’en Kikongo li-KaLa signifie Charbon au singulier, tandis que ma-KaLa signifie Charbons au pluriel. D’autre part, en égyptien comme dans beaucoup de langues africaines, la lettre R se confond avec la lettre L (certains Noirs ne prononcent pas la lettre R) et sont représentées graphiquement en égyptien par une bouche. C’est ainsi que KaRa devient KaLa chez certains peuples africains, de même GaRa devient GaLa chez d’autres. Selon Hérodote, les Garamantes (GaRa-Mandé, GaRa-Mountou = Homme Charbon) étaient des Noirs habitant l’île de Crète et le Maghreb dans l’Antiquité (Histoire IV, 174, 183 à 184). Le pays du BenGaLe habité primitivement par des Noirs depuis 65 000 ans (les Jarawa) tire son nom des BanGaLa du Zaïre (nGaLa au singulier et BanGaLa au pluriel). Cette petite étude montre clairement que le radical KaRa ou KaLa, que le radical GaRa ou GaLa ou encore le radical KaMa servait aux peuples Noirs pour se désigner eux-mêmes”

II.7.1.2.1.Saba

Saba était un des fils de Koush, son royaume, le royaume de Saba (version latine) ou de Shéba (version chamito-sémitique) était un puissant royaume situé en Arabie du sud, au Yémen, au nord de Éthiopie et dans l’actuelle Érythrée). La Bible nous révèle que c’est l’Éternel qui a permis cette domination, et que c’est encore lui qui la changera. ISAÏ 43 :3 « Car je suis l’Éternel, ton Dieu, Le Saint d’Israël, ton sauveur; Je donne l’Egypte pour ta rançon, L’Ethiopie et Saba à ta place ».

II.7.1.2.2. Havila :

Le royaume d’Havila (autre fils de Kousch) était très riche, situé dans la région allant du Jourdain à l’Egypte.

->Genèse 25 :18 « Ses fils habitèrent depuis Havila jusqu’à Schur, qui est en face de l’Egypte, en allant vers l’Assyrie. Il s’établit en présence de tous ses frères. »

->Genèse 2 : 11 « un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pischon; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.«  

II.7.1.2.3.- POUTH :

Pouth est un autre fils de Cham.

Ezéchiel 30 :4-5 « L’épée arrive en Egypte; il y aura de la souffrance pour Koush, quand les victimes tomberont en Egypte; on prendra son abondance et ses fondations seront rasées. Koush, Pouth, Loud et toute la population mêlée, Koub et les fils du pays de l’alliance tomberont avec eux par l’épée» .

II.7.1.2.4- MISRAÏM

Misraïm est l’ancêtre des Philistins et des Caphtorim (les Crétois) (Genese 10 :13-14)

II.7.1.2.5. CANAAN :

Genèse 10 :17-19 : « De Canaan descendent les Jébusiens (Yebousiens), les Amoréens, les Guirgasiens, les Héviens, les Arkiens (Arqiens) et les Siniens, les Arvadiens, les Tsemariens et les Hamathiens. Ensuite les différentes tribus des Cananéens se dispersèrent. Le territoire des Cananéens s’étendait de Sidon, en direction de Guérar, jusqu’à Gaza et en direction de Sodome, de Gomorrhe, d’Adma et de Tseboïm jusqu’à Léscha (Lécha). « 

II.7.2. Les japhetites

Les enfants de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Mosoc et Thiras. L’Écriture (Genèse 10:5) dit qu’ils peuplèrent les îles des nations et s’établirent en divers pays, chacun suivant sa langue, sa famille et son peuple. Les îles des nations sont des îles de la Méditerranée et tous les pays séparés par la mer du continent de la Palestine, et où les Hébreux ne pouvaient aller que par mer, comme l’Espagne, la Gaules, l’Italie, la Grèce, l’Asie Mineure.

-Gomer fut vraisemblablement père des Cimbres ou Cimmériens (Jérémie 25 :25-27 : « à tous les rois des Cimmériens, à tous les rois d’Elam, et à tous les rois de Médie[a]; à tous les rois du nord, rapprochés ou lointains, l’un après l’autre; à tous les royaumes du monde répartis sur la terre. Et le roi de Chéchak[b] boira après eux tous. Tu leur diras: Voici ce que déclare le Seigneur des armées célestes, Dieu d’Israël: Buvez, enivrez-vous, vomissez et tombez sans plus vous relever devant l’épée que j’envoie parmi vous! « )

– Magog fut le père des Scythes ; Scythe, un habitant de la Scythie, l’actuelle Russie.

– Medes, le père des Macédoniens ou des Mèdes. Les perses et les Medes sont confondus, car leur royaume fut fondé par Cyrus II en -550 avant JC;

-Yavan, le père des Ioniens et des Grecs ;

-Thubal, des Tibaréniens ;

– Mosoc, des Mosques ou Russiens ;

-Thiras, des Thraces.

II.7.3.- Les sémites :

Fils de Sem :

a.Élam, père de la civilisation homonyme.

b.Ashshur.

c.Arpakshad. Ancêtre d’Abraham, les religieux juifs ou musulmans se considèrent eux-mêmes comme ses descendants.

d.Loud.

e.Aram, père des Araméens.

Abraham est un déscendant de Sem

Sem-> Arpacschad -> Schélach-> Héber-> Péleg-> Rehu->Serug-> Nachor-> Térach->d, Abram, qui est Abraham.

II.7.4. Origine des races

->Y a-t il une race ou des races humaines dans la Bible?

Cantiques 1: 4-5 « Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon. Ne prenez pas garde à mon teint noir: C’est le soleil qui m’a brûlée. »

Au travers de ce verset de Salomon, nous avons la confirmation biblique de la théorie scientifique selon laquelle la couleur de peau est liée au soleil, car la peau noire est plus riche en mélanine, pigment servant à protéger la peau du soleil. C’est ce qui explique le principe du « bronzage » de la peau, sachant que ce bronzage s’accentue et devient définitif sur une longue durée (plusieurs siècles). N’avez-vous pas remarqué que plus les pays sont ensoleillés, plus les populations autochtones ont la peau foncée?

Si vous regardez la carte du monde ci-dessous, vous verrez que les couleurs de peau des peuplades sont les mêmes en fonction des latitudes: les aborigènes d’Australie ayant la même couleur de peau que les autochtones d’Afrique du sud, les indiens d’Amérique latines (autochtones) ayant la même couleur de peau que les bantous ou les indonésiens etc… En somme, entre les tropiques, de l’Amérique latine à l’Inde en passant par l’Afrique, les couleurs de peau sont plus foncées que dans les zones tempérées, et cela indépendamment de l’origine ou du groupe ethnique de ces peuples.

Nous constatons également que plus l’Homme est proche de l’équateur, plus ses cheveux sont crépus et épais, formant ainsi un véritable tapis imperméable aux rayons du soleil, pour le protéger des insolations. En effet, dans les zones équatoriales, les rayons arrivent perpendiculairement, avec un effet plus puissant que partout ailleurs.

 

rayons soleil

 

Par contre, plus on s’éloigne des tropiques, plus les cheveux de l’Homme sont longs et soyeux, permettant de les utiliser comme voile protecteur contre le froid.

Nous pouvons même aller plus loin dans le sujet sur les types humains, en analysant les caractéristiques communes des peuplades aux yeux bridés. Selon certaines théories scientifiques, les yeux bridés seraient issus de l’adaptation du corps humain au climat des ancêtres des habitants des régions polaires, dont le pli protégeait l’œil de la forte réverbération du soleil sur la neige et sur la banquise, ainsi que le puissant blizzard soufflant alors sur ces plaines. Imaginez en effet d’avoir en permanence le reflet du soleil sur la glace, avec comme un effet miroir, et rajoutez à cela un vent puissant et froid, vous vous verrez obligés de plisser les paupières. Et vous savez qu’un muscle qui travaille se développe, tandis qu’un muscle qui ne travaille pas s’atrophie.

Géographiquement parlant, les peuplades aux yeux bridés se situent de la Sibérie à la Chine, en passant par la Mongolie, et les îles environnantes. Les esquimaux, peuples autochtones de l’Arctique, dans les régions de l’Alaska, du Grand Nord canadien, du Groenland et de la Sibérie orientale ont également les yeux bridés. Vous pourrez voir sur la carte ci-dessus que les régions occupées par ces peuplades ont les mêmes caractéristiques géographiques et météorologiques. Par contre, à la suite de migrations ultérieures, des populations avec ce génome « yeux bridés » se sont retrouvées jusqu’en Indonésie ou dans des régions voisines, zones géographiques intermédiaires et de métissage, où nous trouvons des individus avec à la fois la peau foncée, les yeux bridés et les cheveux lisses.

 En somme, la théorie de l’évolution des espèces est cohérente, parce que les êtres vivants s’adaptent naturellement à leur milieu. Il y’a donc une seule race humaine, qui a varié de typologie en fonction de la réalité du climat et de l’écosystème.

Par contre, il faut savoir que l’évolution des typologies des peuplades humaines ne s’est pas faite en quelques jours ou quelques années, mais sur plusieurs milliers d’années et que le climat était très rude il y’a plusieurs milliers d’années. N’oublions pas que la terre a connu des grandes glaciations, des périodes de fortes chaleurs et des bouleversements météorologiques tels que certains animaux n’ont pas pu y survivre. Le climat s’est en effet beaucoup adouci depuis, et continue de le faire, rendant les hivers de moins en moins rudes, et de ce fait les mutations humaines encore plus lentes qu’avant. Il a d’ailleurs été démontré scientifiquement que la température de la terre augmente naturellement d’un degré tous les dix ans.

De plus, l’homme est beaucoup plus mobile qu’avant, et la sédentarisation a tendance à disparaitre. Durant sa vie, il n’est donc plus soumis à un seul climat, mais à plusieurs climats, rendant improbable toute mutation sur du long terme. Le métissage est aussi plus fréquent qu’avant, atténuant ainsi les typologies.

La mutation de l’homme n’est donc pas un phénomène que nous pouvons observer rapidement et facilement sur quelques générations , mais elle est pourtant bien réelle, démontrée scientifiquement, et confirmée par la parole biblique.

III. La vocation d’Abraham

III.1. Concerne toutes les familles de la terre

Gn12.1-3 : Toutes les familles de la terre seront bénies en Abraham

Ce n’est qu’en Genèse 17,5 que le Seigneur dira à Abram : « On ne t’appellera plus du nom d’Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d’une multitude de nations ». Dans la Bible, le changement de nom indique que Dieu donne une mission correspondant à ce nom.

Le texte donne d’ailleurs son étymologie d’Abraham : ab-hamôn, père d’une multitude. Mais on a aussi proposé : ab-ham, père du peuple. En fait, il semble que le sens le plus probable du mot soit ab-ram, le père est élevé, sans qu’on puisse dire vraiment en quoi Abraham est différent d’Abram.

Il ya de grands moments de dialogue dans la vie d’Abraham: un jour il trouve Melkisedeq prtre de Dieu Très-Haut. Il lui offre la dime et reçoit sa bénédiction (Gn 14,17-20). Malgré son mensonge, Abraham découvre la crainte de Dieu chez le Pharaon d’Egypte (Gn 12,10-20). Abraham découvre, malgré son mensonge du à la peur, qu’il y a la crainte de Dieu chez les paiens, chez Abimelek ( Gn 20, 1-15). Le récit du cycle d’Abraham parallèle au récit du cycle de Jacob sert à amorcer des crises entre Lot et son oncle Abraham[34], entre les anciens exilés et ceux qui n’ont pas été en exile (Cf. Ez 33,.24.34) : Il y a deux tendances[35]: il ya ceux qui sont restés en Palestine, peuple de la terre selon Ezéchiel, qui se réfèrent à Abraham pour pour revendiquer la terre, et ceux qui sont revenus de l’exil qui font d’Abraham une figure de l’Exode (Gn 12). Ils avaient des conceptions différentes les uns des autres. Ceux qui rentrent son poussés par un nationalisme fort et une conception strict de Dieu. Ceux qui sont restés en Palestine sont supçonné d’avoir composé avec la culture des oppresseurs. Par conséquent, il y aura un grand désaccord sur les mariages mixtes[36]. Au retour d’exil Esdra exige de répudier les femmes non juives (Esd 10), tandisque. Malachie 2, 14 exige la fidélité à la femme de la jeunesse autant qu’à l’alliance avec Dieu. Dans ce contexte la figure d’Abraham qui épousa son esclave égyptienne Agar et eut de consideration pour elle et pour son enfant Ismael (Gn 16; 21), sert maintenant d’exemple dans ce rapport. Le petit fils d’Abraham Joseph avait épousé la fille d’un prètre égyptien (Gn 41,45) et réussit un dialogue interreligieux avec la religion d’Egypte[37]. Abraham qui a accomplit un premier exode avant Moise. Celui-ci épousa Sphora, fille d’un prètre madianite (Ex 2, 16-22 et une femme koushite, noire, malgré la critique de sa soeur Myriam (Nb 12,1). L’expérience d’Abraha continuée par Jacob, Joseph et Moise est destinée à tous les peuples et toutes les races.

Pour Benoit XVI[38], l’histoire d’Abraham doit devenir l’histoire de tous et par conséquent, l’histoire d’Israël devenir de tous car les nations peuvent accéder à la communauté des promesse en entrant dans la communauté du Dieu Unique, et que sans abolir la mission d’Israel, elles deviennent elles-memes, avec lui, Peuple de Dieu.

III.2. élection d’un peuple historique au service de toute l’humanité (Is 49)

Cmme la Genèse affirmait que la Benediction de Dieu attravers Abraham cocerne le monde entier (Gn 12,3)

Élection[39] Hébreu : bahar ; Grec : eklogè (voir éclectique) ; Latin : electio ; Emplois : AT 146 ; NT 7

La notion d’« élection » est fondamentale dans la Bible si nous voulons comprendre quelque chose au projet et à la volonté de Dieu sur l’être humain. D’entrée de jeu, il faut nous libérer de la conception que nous avons de l’élection dans nos sociétés modernes. L’expérience que nous avons de l’« élection » est l’exercice démocratique que nous effectuons régulièrement en nous rendant aux bureaux de vote pour choisir nos gouvernements. Dans notre cas, on peut dire que le mouvement s’effectue du peuple vers ses représentants élus.

     Il en va tout autrement dans l’histoire du peuple de Dieu et des individus qui le composent. Dans la Bible, « l’expérience de l’élection est celle d’un destin différent de celui des autres peuples, d’une condition singulière due non à un concours aveugle de circonstances ou à une série de réussites humaines, mais à une initiative délibérée et souveraine de Yahweh » (« Élection », Vocabulaire de théologie biblique, col. 337). L’élection relève donc de l’initiative de Dieu qui se choisit un peuple ou des individus pour les associer de façon étroite à son projet de salut pour l’humanité. Dans ce cas, le mouvement s’effectue de Dieu vers les êtres humains. Ce choix est gratuit et ne s’explique que par l’amour de Dieu, comme en fait foi ce très beau texte du Deutéronome : « Car tu es un peuple consacré à Yahweh ton Dieu; c’est toi que Yahweh ton Dieu a choisi pour son peuple à lui, parmi toutes les nations qui sont sur la terre. Si Yahweh s’est attaché à vous et vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux d’entre tous les peuples : car vous êtes le moins nombreux d’entre tous les peuples. Mais c’est par amour pour vous et pour garder le serment juré à vos pères, que Yahweh vous a fait sortir à main forte et t’a délivré de la maison de servitude, du pouvoir de Pharaon, roi d’Égypte. » (7, 6-8)

     La notion théologique de l’élection s’est largement développée au 7è siècle et s’exprime surtout à travers des oeuvres comme le Deutéronome. Même si l’élection est davantage reliée aux événements de l’exode, on relit l’ensemble de l’histoire d’Israël à la lumière de ce choix de Dieu. C’est ainsi que l’on découvre que Dieu avait déjà manifesté ses intentions au temps des patriarches comme Abraham. En considérant l’élection de Dieu à son égard, Israël perçoit la permanence de l’action de Yahweh dans son histoire d’une part, et la continuité dans la réalisation de son projet de salut d’autre part.

     En tant qu’initiative gratuite de Dieu, l’élection a son origine dans l’amour même de Dieu qui ne regarde pas au mérite. L’élection crée dès lors une relation intime au point d’affirmer qu’Israël est un fils pour Yahweh. L’élection est cependant officialisée par l’acte juridique de l’alliance qui fait d’Israël le peuple qui appartient à Dieu. En respectant les exigences de l’alliance, exprimée dans la synthèse qu’est le Décalogue, Israël s’engage à devenir saint comme Dieu est saint, c’est-à-dire à se laisser habiter totalement par la présence de Dieu. Le but de l’élection apparaît alors un peu plus clairement : Israël est appelé à faire rayonner parmi les peuples la grandeur et la générosité de Dieu. C’est le déploiement de la promesse faite à Abraham d’être une bénédiction pour toutes les familles de la terre.

     Outre cette dimension collective, l’élection peut être individuelle. Certaines personnes ayant une fonction importante dans le peuple choisi seront elles aussi élues par Dieu. On a parlé du choix d’Abraham, mais il y a aussi celui de Moïse, de David, de la personne du roi, des prêtres. Même un étranger comme Cyrus, qui a autorisé le retour des Juifs déportés, sera considéré comme l’élu de Dieu. La notion d’élection nous montre bien la liberté souveraine de Dieu qui entend prendre tous les moyens pour réaliser son projet d’établir l’humanité dans une relation de communion avec lui

Toutefois la notion d’élection est souvent mal comprise[40] dans un sens de privilège alors qu’elle est d’abord une exigence. Elle est une étape dans un processus d’universalisation.

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Il en est ainsi de la notion de peuple élu, souvent comprise comme une marque de particularisme ethnique et élitiste.

Pour la tradition juive, l’ignorance par les nations du sens réel de l’élection d’Israël au Sinaï aurait provoqué leur sinah (« haine »). Israël, peuple élu de Dieu, serait le peuple exclu des hommes, leur bouc émissaire, serviteur souffrant.

Pourquoi un tel rejet ? L’idée d’une élection entendue comme rôle privilégié incombant à un peuple n’est pas spécifique à Israël. Comme l’écrit Henri Atlan dans un remarquable article, « chaque peuple joue un rôle central à l’intérieur de la cosmogonie que lui enseigne sa culture ». Les Grecs n’appelaient-ils pas tous les autres les Barbares ?

De plus, cette notion d’élection, si souvent décriée lorsqu’elle concerne Israël, va paradoxalement être récupérée par ses détracteurs souvent dans un antijudaïsme de la substitution : l’Église, Nouvel Israël , hors de laquelle il n’y a pas de Salut, oumma en islam, peuple américain…

Un peuple et une terre

La conception hébraïque de l’élection relève-t-elle de cela ? Elle concerne d’abord un peuple mais aussi secondairement une terre.

« Je fixerai ma résidence au milieu de vous et mon esprit ne se lassera point d’être avec vous […]. Et je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. » (Lv 26,11-12). La reconnaissance de Dieu par Israël précède celle du peuple. Comme si la relation de Dieu à Israël était de l’ordre d’une élection dialectique, réciproque.

« Tous les peuples de la terre verront que tu portes le Nom de l’Éternel et ils te craindront [au sens d’être impressionnés]. » Ce verset (Dt 38,10) suit immédiatement une référence aux commandements que doit observer Israël. Ce qui distingue ce peuple des autres, ce n’est pas une grandeur intrinsèque (Dt 7,7). La distinction d’Israël repose sur son projet et sa capacité de Sainteté à l’image de celle de Dieu (Lv 20, 26). Ainsi l’élection n’implique-t-elle pas, comme on peut le croire, des droits mais des devoirs accrus. C’est la raison pour laquelle tout au long de la Bible les Hébreux tentent de s’y soustraire !

Le plus grand texte sur l’élection dit que c’est pour le service de toute l’humanité qu’Israël a été choisi :

Is 42, 1 « Voici mon serviteur n , dit le Seigneur, je le tiens par la main, j’ai plaisir à l’avoir choisi. J’ai mis mon Esprit sur lui pour qu’il apporte aux nations le droit que j’instaure ». Le début du v. 1 est évoqué en Matt 3.17 ; 17.5 ; Marc 1.11 ; Luc 3.22 ; 9.35. — V. 1-4 : voir Matt 12.18-21.

Un autre verset important :

Is 49, 6 Il m’a dit : « Cela ne suffit pas que tu sois à mon service, pour relever les tribus de Jacob
et ramener les survivants d’Israël. Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut s’étende
jusqu’au bout du monde  ». Ce verset  v. 6 est cité en Act 13.47 ; Luc 2.32 y fait allusion. Voir aussi És 42.6 ; 51.4 ; Jean 8.12 ; Act 26.23.


g le jour du salut : voir 2 Cor 6.2. — envers l’humanité : voir 42.6 et la note. — La fin du verset fait allusion au partage du pays de Canaan sous la direction de Josué (voir Jos 13—21).


h Je vais relever… (v. 8) Je dis (v. 9) est parfois traduit pour que tu relèves… et que tu dises.


i Comparer Apoc 7.16-17.Le but est clairement donné en Is 49, 7 : « Quand les rois te verront, ils se lèveront de leur trône. Quand les princes t’apercevront, ils s’inclineront devant toi. » Ils montreront ainsi leur respect pour le Seigneur, qui t’a choisi, pour l’unique vrai Dieu, le Dieu d’Israël, qui tient parole ». Donc Israel n’a pas été choisi pour soi mais pour rendre service à l’humanité.

III.3. Les autres nations ont du prix aux yeux de Dieu (Is 19)

Selon l’eschatologie d’Is 19, 24-25 : « En ce même temps, Israël sera, lui troisième, Uni à l’Egypte et à l’Assyrie, Et ces pays seront l’objet d’une bénédiction. L’Eternel des armées les bénira, en disant: Bénis soient l’Egypte, mon peuple, Et l’Assyrie, œuvre de mes mains, Et Israël, mon héritage! » . Dans ce texte c’est l’Egypte qui est en tête pour apporter la bénédiction à l’humanité. Israël sera en troisième position après l’Assyrie.

IV. L’événement Jésus

IV.1. L’enfance, visite des Mages d’Orient

Dans la généalogie de Jésus selon Matthieu, bien qu’elle commence par Abraham, on y trouve des  femmes étrangères : Ruth et  la femme d’Urie ; dans la généalogie de Luc, Jésus est fils d’Adam embrassant l’histoire de toute l’humanité.

Dans le récit de la naissance, les Mages prêtres des religions astrales de l’Orient viennent adorer, le roi des Juifs disent-ils.

IV.2. Contact de Jésus avec Tyr et Sidon, témoignage sur Jonas, la veuve de Sarepta  et Naaman

Dans son ministère publique, Jésus a accueilli les païens comme la femme syro-phénicienne (Mc 7, 24-30), le centurion romain (Lc 7, 1-10) : «C’était vraiment un Romain pas ordinaire: un occupant qui se souciait de bâtir une synagogue, un officier malheureux de voir souffrir un esclave! Et comme c’est le cas souvent pour les hommes au cœur droit, c’est sa charité qui l’a mis sur le chemin de la foi. Sa première idée a été d’amener Jésus jusqu’au malade. L’Évangile le dit clairement: « Il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir afin de sauver l’esclave ». Puis, dans un deuxième temps, alors que Jésus déjà s’approche de la maison, le centurion s’effraie de l’honneur que Jésus va lui faire, et il envoie des amis, cette fois, pour dire à Jésus:  « Ne prends pas cette peine! ». Ce qui revient à dire: « Sauve-le sans venir; sauve-le de là-bas où tu es! »[41]» 

Mt 12,39-40 : Le signe de Jonas

Le livre de Jonas est écrit dans une perspective étonnamment universaliste, ouverte aux païens, sur le mode d’une grande parabole à destination des Juifs revenus d’exil, qui s’installent à Jérusalem en s’enfermant dans leur propre particularité. Avec beaucoup d’humour et d’ironie, l’auteur de ce livre fait de Jonas la figure symbolique de ce judaïsme fermé sur lui-même qui découvre que Dieu ne rejette pas les païens qui se tournent vers lui. Si Jésus parle du signe de Jonas, c’est aussi dans cette perspective. Il donne en exemple, aux scribes et aux pharisiens, les habitants de Ninive qui se convertissent après avoir entendu la parole de Jonas. C’est le seul signe que donne le prophète : une parole forte annoncée au nom de Dieu. Jésus ne fait pas autre chose. Il a refusé à toute forme de stratégie médiatique visant à séduire ceux qui le voient. Il parle, annonce le Royaume, apaise les cœurs blessés, libère les consciences qui ploient sous le poids de la culpabilité, relève l’humain condamné, accueille le rejeté… Ce qu’il dit et fait ouvertement est la seule base qu’il donne à ses adversaires pour juger de sa mission. À vous de décider, leur dit-il! Cette invitation est aussi adressée à chacun de nous![42]

Jésua parle de la veuve de sarepta et Naaman

« Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. » (Luc 4,25-26 ; 1R 17,8-10)

Sarepta (parfois transcrit Tsarephat, en hébreu biblique צרפת, Tzarfat[1]), était une ville phénicienne fortifiée sur la côte méditerranéenne entre Sidon et Tyr, dont l’emplacement était situé juste au nord de l’actuelle ville de Sarafand.

Sarepta a fait l’objet de fouilles par James B. Pritchard de 1969 à 1974. Le site archéologique de Sarepta n’étant pas habité à l’époque contemporaine, c’est la seule ville située au cœur de l’ancien territoire de la Phénicie qui a pu être fouillée et étudiée complètement. Avant les fouilles de Sarepta, la plupart des objets historiques considérés comme caractéristiques de la culture phénicienne provenaient de colonies ou de comptoirs situés en dehors de la Phénicie (Espagne, Sicile, Sardaigne, Tunisie). La découverte majeure sur le site de Sarepta concerne le culte de la déesse Tanit / Astarté. Sarepta était renommée pour son activité de soufflage du verre, activité qui existe encore aujourd’hui à Sarafand. Sarepta a fait partie du royaume de Tyr jusqu’à la conquête romaine. Elle a par la suite été le siège d’un évêché latin.

« Il y avait beaucoup de lépreux au temps du Prophète Elisée, aucun n’a été guéri sauf Naaman le Syrien » (Lc 4,27 ; 2R 5,14). Le contexte de ce rappel fait par Jésus est l’incrédulité des ses compatriotes. Il admire ce que Dieu réalise chez les paiens : Naaman, le Syrien. Pandant que dans la tradition juife, les maisons des païens étaient considérées impures (Jn 8,18,28 ; ac 10, 28 ; Oholot 17,7), les terres des païens étaient considérées aussi impures (Oholot 18,9 ; J. Pesahim 6b ; Sabbat 46a). C’est donc une grande révolution que Jésus fait sur les lois de la pureté. La rencontre avec la Cananéenne, contraint l’homme Jésus formé au judaisme à prendre conscience de l’universalité du Règne. En effet Jésus et les autres Juifs appellent les paiens des chiens (Midras des Psaumes 4,11 ; GnR 81 ; ExR 9. Après la rencontre avec la Cananéneenne, Jésus va à Tyr, il va à Sidon et en Décapole (Mc 7,1). Son misnistère ne concerne plus le seul territoire d’Israel come c’étaite le cas en Mt 15. Pour Mc et Mt c’est après la rencontre avec la Cananeenne que Jésus fait un miracle qui évoque la cité paenne. Lors de la seconde multiplication des pains, c’est 7 corbeilles qui restent et non 12. Or 7 est le symbole de 7 sages du conseil de la cité paienne, le chiffre a des origines egyptienne[43]. Selon l’analyse linguistique de Sim Mi Nsonkon Rémy, le symbolisme du monothéisme juif provient de l’Egypte. Pour lui, et nous en sommes d’accord, les Hébreux ont carrément copié le symbolisme du nombre 7 et sont matérialisme inventés en Egypte. Le vocable hébraïque zayin signifiant 7, et parenté à l’égyptien sefeth et aux langues d’Afrique noire moderne, en est une évidence irréfutable. Il note que chez les Juifs, le chandelier joue aussi un rôle très significatif dans le culte. On appelle ce chandelier, une “ménorah”, c’est un candélabre à 7 branches, pour rappeler les 7 jours de la création et pour signifier que tout vient de Dieu et tout retourne à Dieu[1]. C’est Dieu qui donne la lumière, c’est Dieu qui donne la vie. Le Chandelier à 7 branches en or était en relation exclusive avec le Tabernacle. Dans le premier miracle 12 symbolise les tribus d’Israel.

Pour Yves Guillemette[44]. le Nouveau Testament attribue le titre d’« Élu » à Jésus mais en filigrane de certains événements, comme le baptême, la transfiguration et la crucifixion. On voit se profiler dans ces cas la célèbre figure du Serviteur souffrant contenue dans le livre d’Isaïe. On veut alors affirmer que Jésus mène à son achèvement l’oeuvre de salut que Dieu avait entreprise avec Abraham et Israël : « Il est venu en aide à Israël son serviteur en souvenir de sa bonté, comme il l’avait dit à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance pour toujours. » (Lc 1,54-55) La notion d’élection est appliquée également au peupe nouveau rassemblé par Jésus qui se voit attribuer les titres de gloire du peuple de la première alliance : « race choisie, sacerdoce royal, peuple saint, propriété de Dieu. » (1 P 2, 9)

IV.3. Le troupeau de Jésus non connu du cercle des disciples (Jn 10,16)

Selon Raymond Brown,dans  la Communauté du Disciple Bien –Aimé , l’Evangile de Saint Jean reflète une communauté en grande mutation qui s’est élargie de plus en plus. Elle est né d’un groupe des Judéens et Galiléens (Jn 1,39-45), puis les Samaritains sont entrés (Jn 4), enfin des Grecs qui désirent voir Jésus (12,20-33). L’evangile affirme que Jésus meurt pour rassembler les enfants de Dieu dispersés (Jn 11,54). Jésus-lui même affirme qu’il a des brebis que les groupe des Disciples ne connaissent pas encore (Jn 10,16).

Reprenons Jean 10.
Verset 1 à 4.
Oui, vraiment, je vous le dis : Celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis, mais qui monte par un autre endroit, celui-là est un voleur et un pillard. 2 Mais celui qui entre par la porte est berger des brebis. 3 Le portier ouvre à celui-ci, et les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses brebis à lui par [leur] nom et les mène dehors. 4 Quand il a fait sortir toutes les siennes, il va devant elles, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix
Jésus nous parle d’un enclos. Ici, Jésus n’est pas la porte de l’enclos.
Il n’est pas non plus le portier puisque le texte indique que le portier ouvre au berger, Jésus.
Dans cet enclos se trouvent des brebis. Seulement, toutes les brebis de l’enclos n’appartiennent pas au berger qui est Jésus. L’ensemble de l’enclos n’est pas disposé à suivre Jésus.
Remarquons aussi que le berger arrive, appelle ses brebis et les fait sortir..
Ses brebis, et seulement les siennes, quittent donc cet enclos et n’y retournent pas. Il s’agit donc bien du système juif lié à l’ancienne Alliance.
versets 7 à 15.
Ici, Jésus est le berger, mais il est aussi la porte de l’enclos, ce qu’il n’était pas dans le premier enclos. Etant la porte, c’est lui qui permet aux brebis d’entrer dans l’enclos. Il ne peut donc s’agir que de chrétiens.
Toutes les brebis de cet enclos appartiennent au berger qui les fait entrer pour les mettre à l’abri des loups et autres prédateurs. Toutes les brebis sont donc des chrétiens. Il n’y a pas d’autres brebis n’appartenant pas au berger dans cet enclos; L’enclos est donc le symbole des dispositions liées à la nouvelle alliance ouverte à tout humain, juifs ou gentils.
verset 16.
“ Et j’ai d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les amène, et elles écouteront ma voix, et elles deviendront un seul troupeau, un seul berger »
Jésus parle évidemment d’un troisième enclos. En disant qu’il a d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos, il fait forcement allusion à un autre endroit où les brebis vont se rendre.
Jésus utilise une parabole lié au métier de pasteur.
Or, tous les bergers, sans exception, disposaient d’un enclos où ils parquaient leurs brebis la nuit pour les protéger.  En utilisant cette illustration, ses auditeurs ne pouvaient absolument pas imaginer que les brebis quittaient le premier enclos pour ne plus jamais en connaître un autre.
Jésus a donc appelé ses brebis dans un enclos (ancienne Alliance) où se trouvaient aussi des brebis qui n’ont pas répondu à son appel. Il a fait sortir les siennes de cet enclos « commun » pour ensuite les faire entrer dans son enclos à lui, puisqu’il en est la porte. Plus tard, Jésus rassemblera d’autres brebis pour les mettre dans un autre enclos. Au final, les brebis des 2ème et 3ème enclos seront unies car soumises au même berger. C’est ainsi qu’elles formeront un seul troupeau

Pour les contemporains de Jésus, le monde était divisé en deux parties : il y avait les “Juifs”, pratiquement les seuls à croire au Dieu unique, et ceux qu’ils appelaient les “Grecs”, c’est-à-dire les peuples païens avec leurs religions polythéistes. Avec la venue de la foi chrétienne, les chrétiens ont formé une troisième partie.

La religion juive était “l’enclos”, la bergerie, où les brebis étaient protégées, mais aussi comme enfermées. La voix du bon Berger a retenti dans cette bergerie: des brebis l’ont entendue, elles l’ont écoutée. Le Seigneur Jésus est le “bon Berger”. Il a donné sa vie pour ses brebis (Jean 10. 1-30).

Sa voix s’est aussi fait entendre à l’extérieur de cette bergerie, et “d’autres brebis” ont été amenées du milieu des autres peuples. Maintenant il n’y a plus de bergerie avec ses murailles de lois et de règles. Il y a un seul troupeau, maintenu groupé par les soins et la puissance d’attraction du seul Berger.

Voilà l’unité des chrétiens. Elle est aussi représentée par l’image d’une seule famille ayant Dieu comme Père, et par celle du seul corps dont Christ est la tête. Mais il y a une douceur particulière dans le fait que le seul troupeau, sur la terre, appartient en propre au Seigneur. Et dans cet immense troupeau de Dieu, chaque brebis est attachée individuellement au Berger dans une intimité qu’elle seule connaît. “Il appelle ses propres brebis par leur nom” (Jean 10. 3). Jésus nous assure: “Moi, je suis le bon berger: je connais les miens, et je suis connu des miens” (v. 14).

Un autre épisode surprend les disciples

Mc 9,38-48 : Qui n’est pas contre nous et pour nous

Marc 9, 38 Jean lui dit: « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, quelqu’un qui ne nous suit pas, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne nous suivait pas. »

Marc 9, 39 Mais Jésus dit: « Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui puisse faire un miracle en invoquant mon nom et sitôt après parler mal de moi.

Marc 9, 40 Qui n’est pas contre nous est pour nous.

Marc 9, 41 « Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau pour ce motif que vous êtes au Christ, en vérité, je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense.

 Ici apparait encore des personnes unies à Jésus, car elles font le bien au nom de Jésus et par la puissance de Jésus, sans appartenir aux cercles de disciples. Jésus accepte leur travail et les considère comme étant pour Jésus et ses disciples. Les limites sociologiques du groupe autour de Jésus ne sont pas les limites du Règne de Dieu que Jésus est venu inauguré.

IV. Le Ressuscité principe universel du dialogue (Mt 28, Rm 6,9 ; He 9)

En effet, Jésus commence par décrire ce qu’est la Résurrection : « Tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre ! » Dans l’évangile, ce mot de pouvoir ne signifie pas d’abord une sorte de possibi­lité d’exercer la tyrannie sur des êtres ou des choses ou des royaumes. Le mot pouvoir signifie davantage le fait qu’une réalité est ordonnée, est construite pour quelqu’un qui a le pouvoir sur elle. « Tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre cela veut dire tout simplement de la part de Jésus : Désormais, tout ce qui existe au ciel et sur la terre est en relation avec Moi, et ne peut comprendre ni son existence, ni son destin, autrement que dans cette relation que le Père a établie entre lui ou elle et Moi. Par conséquent, la Résurrection, c’est d’abord cela. C’est le fait que le Christ devient pour ainsi dire le point central vers lequel convergent tous les rayons de la circonférence, et ces rayons ce serait l’ensemble de l’univers et de la création.

Contrairement aux consigne de Mt 15 à ne pas allez chez les samaritains et les païens, car Jésus était envoyé aux seuls brebis perdues d’Israël, la Résurrection a ouvert des nouveaux horizons sans limite. Désormais le message du Christ Ressuscité est adressé à tout le cosmos.

V. Le Ministère apostolique mu par l’Esprit vers le dialogue universel

V.1. Pierre chez Corneille (Ac 10-11)

Après avoir travaillé pendant un certain temps dans la Samarie, Pierre est retourné à Jérusalem, et signalé à l’église il ya les résultats de ses travaux (Actes 8:14-25). Ici il est resté pendant une période, durant laquelle il a rencontré Paul pour la première fois depuis sa conversion (9:26-30;. Gal 1:18). Laissant encore Jérusalem, il s’en alla dans un voyage missionnaire à Lydda et Joppé (Ac 9:32-43). Il est à côté appelé à ouvrir la porte de l’église chrétienne aux païens par l’admission de Corneille de Césarée (ch. 10)..Après être resté quelque temps à Césarée, il retourna à Jérusalem (Actes 11:1-18), où il a défendu sa conduite en référence aux païens, avec la phrase clé  de Césarée: « Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit: En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable.… . » (Ac 10,34-35). Il a été obligé de justifier son entrée dans une maison d’un paien dès son retour à Jérusalem Ac 113 : « Tu es entré dans la maison des hommes incirconcis et tu as mangé avec eux ». Il répond : Ac 11, 17 : « Si donc Dieu leur a donné le même don que nous, car ils ont cru en Notre seigneur Jésus Christ,  qui étais-je moi pour faire obstacle à Dieu ? ».

V.2. Paul et les païens (Ga 3, 27-29 ; Eph 2,19-22) : tous héritiers d’Abraham

 L’apostolat de Paul reflète ce que Manns appelle l’appel à l’universalité[45] tandis que le Pape Benoit XV l’appelle Apotre de l’unité[46]. Parmi beaucoup d’interventiond de Paul en faveur du dialogue, on peut évoquer la lettre à Philémon où il plaide la cause d’un esclave fugitif qu’il remet au maitre en suppliant celui-ci de l’accueillir non plus comme esclave mais comme un frère en vertu du baptème qu’il a reçu. Il ya aussi son intervention à Antioche où il dit ouvertement à Pierre d’entrer en dialogue avec les paiens sous peine de trahir l’Evangile (Gal 2). Sa cathéchèse à Athène reflète un esprit de dialogue avec les Athéniens :

Actes 17, 22 Debout au milieu de l’Aréopage, Paul dit alors: « Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.

Actes 17, 23 Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription: au dieu inconnu. Eh bien! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer.

Actes 17, 24 « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui, le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits de main d’homme.

Actes 17, 25 Il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses.

Actes 17, 26 Si d’un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur toute la face de la terre; s’il a fixé des temps déterminés et les limites de l’habitat des hommes,

Actes 17, 27 c’était afin qu’ils cherchent la divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver; aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous.

Actes 17, 28 C’est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi d’ailleurs l’ont dit certains des vôtres: Car nous sommes aussi de sa race.

Actes 17, 29 « Que si nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l’or, de l’argent ou de la pierre, travaillés par l’art et le génie de l’homme.

 Il insistera sur le dépassement de clivage ethnique, social et religieux, et discrimination liée au sexe dans Ga 3,26-29 :

Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans Christ Jésus.

Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ:

il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme; car tous vous

ne faites qu’un dans le Christ Jésus.

Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la

promesse.

VI . Influence de la littérature judaïque sur les Evangiles

6.1. Espérance messianique

Le point de contact avec la littérature juive c’est l’espérance messianique. On en trouve aussi bien chez les Synoptiques que chez Jean. Les Evangiles présentent Jésus comme le Messie annoncé par l’Ancien Testament. D’autres écrits juifs nous renseignent beaucoup sur l’attente messianique([47]). L’espérance messianique dénote une vision du monde tendant vers un but eschatologique. La conception judéo-chrétienne du monde est fondamentalement linéaire. L’histoire va vers un point culminant et c’est Dieu qui en est le maître. Les Actes des Apôtres nous apportent la lumière sur la conception judéo-chrétienne de l’histoire.

Nous savons qu’avant d’être interprétés dans le Nouveau Testament, les textes vétérotestamentaires ont été interprétés et réinterprétés par la Bible elle-même, par sa traduction des Septante, par le Targum, la Mishna et les Midrashim, ainsi que par les Écrits Apocryphes et Apocalyptiques appelés communément les Écrits Intertestamentaires. Ce serait donc une lacune de considérer un texte du Nouveau Testament comme une génération spontanée, en ignorant son environnement historico-culturel et théologique dans lequel il a été écrit.

Nous parlons des écrits apocalyptiques ou apocryphes pour éviter l’ambiguïté que contient l’appellation « Écrits Intertestamentaires » qui pourrait laisser croire que ces écrits sont tous postérieurs aux livres de l’Ancien Testament et tous antérieurs aux livres du Nouveau Testament. En effet, « certaines parties d’Hénoch sont plus anciennes que le livre de Daniel, certains apocryphes sont plus récents que les écrits les plus tardifs du Nouveau Testament.

Chronologiquement les Écrits Intertestamentaires empiètent donc à la fois sur les limites de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament »[48]. Bien que ces écrits ne soient ni l’enseignement officiel de la Synagogue ni celui de l’Église, ils contiennent certaines informations utiles sur les idées religieuses qui circulaient dans le milieu qui vit naître le Nouveau Testament.

VI.2. L’unicité de Dieu: thème important du judaïsme qui tisse les Evangiles

Un autre point de contact avec le Judaïsme c’est l’unicité de Dieu professée dans le Shema Israël (Dt 6,4-6).

Pour vérifier la continuité entre le judaïsme et le christianisme primitif il faut rappeler les piliers  du judaïsme . Le monothéisme trouve dans le Shema Israël son expression la plus parfaite. La théologie de la loi, l’élection du peuple, le don de la terre et la Shekina, présence au Temple, constituaient les thèmes clés de l’Ancien Testament. On va voir que le christianisme qui dialoguait avec le judaïsme ne pouvait éviter ces questions vitales. Le dictionnaire Petit Larouse en couleur défini la judaïsme en ces termes : « Ensemble des institutions religieuses du peuple juif » et ajoute :

« La tradition religieuse juive se réclame d’Abraham, père des croyants, et de Moïse, législateur d’Israël. La Bible contient la Loi écrite, dont l’essentiel fut révélé à Moïse sur le Mont Sinaï. La Loi orale, explicitant la Loi écrite, est contenue dans le Talmud, œuvre des saints et savants docteurs, dont la rédaction définitive a été achevée au Ve Siècle. La profession de foi juive est la parole de Moïse : ‘Ecoute Israël, l’Eternel notre Dieu, l’Eternel est Un’. C’est l’affirmation fondamentale, celle du monothéïsme ».

Chacun des thèmes majeurs du judaïsme sera relu à la lumière de la résurrection du Christ. D’une certaine façon la figure d’Abraham offre une variation sur les principaux aspects de cette recherche théologique. Les piliers du judaïsme sont ainsi transformés en un édifice solidement enraciné dans l’Ecriture. Le Nouveau Testament, et surtout Saint Paul, utilisera souvent l’expression ‘selon les Ecriture’ ou pour que s’accomplisse la parole de l’Ecriture’ (1Co 15 ; Mt 1,20-23).

La tradition évangélique se souvient que Jésus a déclaré que le premier commandement de la loi est constitué par le Shéma Isrël (Mc 12, 28-34 ; Mt 22, 37). Si Jésus récitait cette prière, il en connaissait l’interprétation courante que Ber 9,5 a conservée : « Il faut bénir Dieu pour le mal comme pour le bien, car il est écrit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens. De tout ton cœur : avec tees deux penchants, le bon et le mauvais. De toute ton âme : dût-il te prendre ta vie. De tous tes moyens : avec tout ton argent ».

La Définition des termes clés s’impose : cœur, âme et forces. On sait que la Bible suppose une anthropologie diverse de l’anthropologie grecque. Elle localise dans le cœur, le foie et les organes internes les mouvements, les émotions et les sentiments et même les idées de l’âme, sans toujours préciser les domaines où s’exercent les différentes facultés (volonté, pensée, mémoire, intellignece). Le cœur leb ou lebab en hébreu signifie l’intérieur opposé à la face qu’on voit (1Sm 16,7 ; Is 29 , 13 à lire). Le cœur est le centre de l’énergie vitale, puisqu’il est le moteur de la circulation du sang. Il est siège et principe de toutes les affections (Ct 5,2). Il st parfois synonyme de ‘entraille’ (Ct 5,4 ; Is 16,11). L’intelligence lui arrive par les oreilles (1R 3,9). Le cœur voit par les yeux et entend par les oreilles. D’où l’importance de l’écoute. Du fait que la racine lebab répète deux fois le lettre bet, les rabbins ont déduit que le cœur a deux penchants : un penchant au bien et un penchant au mal. Nephesh traduit en grec par psychè signifie âme et souffle . Le principe de la vie est le souffle vital. On admet que le Nephesh est dans le sang (Lv 17,20) ou que le Nephesh est le sang (Lv 17,14 ; Dt 12, 23). Alors aimer Dieu de toute son âme signifiera aimer Dieu jusqu’à lui donner le sang.

Dans les évangiles, on trouve bien l’influence du genre littéraire du Shema . L’Evangile de Matthieu proche de la mentalité juive présente des interprétations des événements ou des paroles de Jésus selon le Shema.

En Mt 4, &-11, Jéssus réplique au tentateur par la Parole de Dieu. Les trois épreuves examinent si Jésus, le Fils de Dieu, aime le Père de tout son cœur (pemière tentation), de toute son âme (deuxième tentation), de toute sa force-argent (troisième tentationà). Jésus affirme qu’il est prêt à aimer Dieu de tout son cœur,de toute son âme et de toute sa force. La richesse lui importe peu. L’inclination vers les biens de la terre, même pour apaiser la faim ; ne peut l’emporter sur la vocation de l’homme qui veut écouter la parole de Dieu . La recherche de la vaine gloire n’entache pas l’âme de Jésus. Bref, tandis que le premier Adam avait succombé à la tentation, Jésus résiste à l’assaut du diable. Il est le nouveau Moïse qui alors peut introduire le peuple dans la nouvelle terre promise, après avoir synthétisé en un jeûne de quarante jour les quarante ans de l’exode ?

Au chapitre 6 de Matthieu on trouve le même triple aspect du Shema : l’aumône (amour de Dieu par ses richesses, force) ; la prière amour de Dieu de tout son cœur[49] ; le jeûne c’est l’amour de Dieu avec toute son âme. D’ailleurs la Bible définit le jeûne comme une qffliction de l’âme (Lv 16,29).

En Matthieu 27, 33-50 récit de la passion où l’évangile reprend les trois thèmes de l’épreuve : vv 333-34 ; Jésus a soif ; vv 35-37, il perdu tout signe de puissance même les vêtemenst ; cloué sur la croix (vv 38-50à, il doit s’en remettre à la volonté de Dieu. En croix don, Jésus n’injurie pas Dieu, il ne cherche pas à sauver son âme et ne retient aucun signe de puissance. Dans la mort, Jésus aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme et d e toutes ses forces[50].

Dans l’enseignement de Jésus les thèmes du Shema reviennent. On peut même la parabole du semeur à la lumière du commandement de l’amour. Ceux qui ont échoué manquent aux exigences du Shema. Certains n’aiment pas Dieu de tout leur cœur, d’autres ont peur de la persécution, ce qu’ils ne l’aiment pas de toute leur âme, les autres sont étouffés par l’argent. Ceux qui acceptent la parole sont aussi groupés en trois.

Le Shema en négatif se manisfeste dans le récit de la trahison. Dans le récit de la Passion, Judas est mentionné trois fois (Mt 26,20-27, 11) . Judas plonge la main dans le même plat que Jésus, il feint de l’aimer de tout son cœur. Dans la scène de l’arrestation, il l’embrasse, mais il permet par se geste que le sang de Jésus soit versé. Quaand Judas remet l’argent et se tue, il confirme qu’il n’a pas été capable d’aimer Jésus de toutes ses forces (argent). L’exemple de Judas est l’exemple du disciple qui n’a pas vécu le Shema.

Dans les autres évangiles on trouve des allusions au Shema (Lc 10-13). Le Bon Samaritain aime de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces. Cette interprétation ne semble pas forcée car la parabole est introduite par une discussion de Jésus avec les scribes sur le plus grand commandement.

Jésus comme tout juif religieux, s’engageait à écouter la parole de Dieu, à aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, à l’enseigner à ces disciples ; à la redire assis dans la maison et en marchant sur la route.

La communauté chrétienne de Jérusalem réglera sa vie chrétienne sur le Shema (Ac 2,42-47 ; 4, 32-34).

L’Evangile de Jean illustre le Shema dans les itinéraires spirituels de personnage chosis : Nicodème, Thomas et  Pierre.

Jean reprend d’abord les éléments du Shema lorsqu’il illustre l’itinéraire spirituel de Nicodème[51]. L’amour de Nicodème n’est pas encore parfait parce qu’il vient de nuit. Puisqu’il ne comprend pas le sens exact des paroles du Christ, le message n’arrive pas à son cœur. Venant de nuit, il a encore peur donc il n’aime pas encore de tout son cœur.

De nouveau Nicodème apparaît dans le contexte de la fête des Tentes (Jn 7,50-52. Nicodème qui était venu de nuit s’expose maintenant publiquement aux Pharisiens, ce qui lui vaut une réprimande. Il risque sa place qu Sanhédrin, voire même sa vie. Il aime Dieu de toute son âme.

Enfin, aux funérailles de Jésus Nicodème offre une quantité de myrrhe et d’aloès  comme pour les funérailles d’un roi. Il dépense beaucoup d’argent, car les aromates étaient ch§res. Alors Nicodème aime Dieu de toutes ses forces, avec son argent.

En conclusion on peut dire que l’enseignement est adressé aux disciples :

« Considérer Jésus comme un maître capable de faire des signes, c’est déjà l’aimer. Mais il faut l’aimer avec son cœur, c’est –à-dire bannir la peur. Prendre sa défense publique, lorsque les autres le rejettent, c’est risquer la persécution. C’est aimer Jésus de toute son âme. Enfin, lui préparer les funérailles solennelles et coûteuses, c’est aimer Jésus de toutes ses forces [52]».

 Thomas apparaît aussi trois fois dans l’Evangile de Jean. Pour la première fois, il accepte d’aller mourir avec Jésus (11, 16). C’est aimer de toute son âme. Pour la deuxième fois, lors du discours d’adieu c’est Jésus qui invite les disciple à la paix du cœur après la question de Thomas (14, 5). En Jn 20, 24-28, le personnage de Thomas est mis en vedette. Lorsque l’apôtre incrédule reconnaît son Maître il s’écrie : ‘Mon Seigneur et mon Dieu’. Sa profession de foi se rapproche de la version grecque du Shema. Le cas de Nicodème et celui de Thomas ont pour thème fondamental la foi, mais dans le Sheme, il y a aussi deux éléments : la profession de foi et l’invitation à l’amour de Dieu. La foi doit se trduire par l’amour total.

Un dernier exemple dans l’Evangile est au chapitre 21. Jésus annonce à Pierre le genre de mort par lequel il glorifiera Dieu (21, 18). C’est aimer Dieu de toute son âme. En 21, 18 et 21, 20 l’impératif ‘Suis-moi’ utilisant akoloutheô signifie aimer Dieu de tout son cœur et de toutes ses richesse comme il ressort de Mc 8,36 et ses parallèles. Le lien entre Jean et le Shema se retrouve dans le choix des deux verbe préférentiels : akouein et agapan.

Nous ne devons pas oublier la nouveauté de l’Evangile quel que soit le rapprochement évoqué. En effet :

« Le message du Christ a été transmis dans des catégories de la confession de foi juive, pour convaincre les Juifs que Jésus est le Messie d’Israël. La nouveauté du Shema est exprimée en Jn 10,30 : ‘Le Père et moi nous sommes un’. Jean insiste sur le Temple nouveau, sur le culte en esprit et en vérité et montre que toute la liturgie juive trouve son accomplissement en Jésus [53]».

L’influence du Shema va au-delà de la tradition évangélique dans la littérature chrétienne. On en trouve un commentaire dans la Didascalia Apostolorum 9,35-36 eet 2 Clem 3,1-6,6 qui rappelle que le martyre signifie aimer Dieu de tout son esprit..

La réaction de la Synagogue va chercher à se différencier de l’Eglise.  Avant la récitation du Shema était accompagnée de la lecture du décalogue (cf. Tam 5,1 ; Mc 10,19 ; 12,29). Lorsque dans le christianisme apparut un courant antinomiste qui prétendait que l’observance des 613 préceptes étaient dépassée et que le Décalogue n’avait qu’une valeur morale, les juifs supprimèrent l’usage de lier la récitation du Shema à celle des dix commandements. Le Talmud de Jérusale, au traité Ber 1,5,3b avoue le motif polémique du changement intervenu : ‘‘On récitait les dix commandements tous les jours. Pourquoi a-t-on cessé cet usage ? Pour que les Minim ne puissent pas dire que seulement les dix commandements ont été donnés à Moïse au Sinaï’’[54].

VI.3. Dieu qui parle à l’homme

Dans sa révélation aux hommes, Dieu a dû s’exprimer en un langage humain, s’adapter à un univers culturel limité pour enseigner aux hommes ce qu’ils étaient capable d’assimiler. Il s’est révélé auprès d’un buisson en feu, parce que le buisson avec ses épines symbolise l’angoisse du peuple humilié en Egypte, disent les rabbins ? A titre d’exemple nous pouvons évoquer trois aspects exploités par le judaïsme sur le thème de la condescendance[55] de Dieu : Dieu serviteur, Dieu qui descend et Dieu qui s’abrège.

VI.4 La Condescendance de Dieu dans la tradition juive

VI.4.1.Dieu serviteur

C’est la geste de l’exode qui fournira une réponse au thème curieux de Dieu serviteur. Partant de l’expression ‘Dieu marchait à leur tête pour les éclairer’ en  Ex 13, 21, on représentera souvent Dieu qui porte la lampe devant son peuple. Le Midrash PRK 11,8 commente l’exode en disant :

« De façon habituelle, c’est le disciple qui précède le maître lorsqu’il marchent ensemble. Mais lorsqu’Israël sortit d’Egypte, ‘le Seigneur le précéda’’ (Ex 13,22).  De façon habituelle, c’est le disciple qui lave son mqître. Mais losqu’Israël sortit d’Egypte, dieu dit’’Je te lavai de l’eau’’ (Ez 16,9). De façon habituelle, le maître dort  tandis que l’esclave veille. Lorsqu’Israël sortit d’Egypte ‘’il ne dort ni ne veille le gardien d’Israël (Ps 121, 4) ».

 Cette tradition de Dieu serviteur qui illumine son peuple est connu au premier siècle avant Jésus-Christ[56]. On peut alors comprendre l’usage que le nouveau Testament va en faire.

VI.4.2. La descente de Dieu sur terre

Pour parler de l’intervention de Dieu dans le monde, la Bible avait sousvent employé le verbe descendre. Dieu descend dans le jardin d’Eden (Gn 3,8), à Babel (Gn 11, 5), à Sodome (Gn 18,21), en Egypte (Ex 3, 8), pour libérer David (2 Sm 22,10, au Sinaï (Ex 19,20), dans la nuée (Nd 11,25), dans le Temple (Ez 44, 2), sur le mont des Oliviers (Za 14,4). Il y a un aspect salvifique dans les descentes de Dieu. C’est pour punir Adam, pour voir la tour, pour délivere Israël de l’Egypte, pour révéler la Loi, pour donner son Esprit aux soixante-dix anciens, pour faire reposer sa Shekinah dans le Temple. Comme le dit Manns, l’accent n’est pas mis d’abord sur la localisation spatiale de Dieu qui descend ; ce qui intéresse en premier lieu les rabbins c’est la philanthropie, la compassion et la présence de Dieu au milieu de son peuple[57]. Le Nouveau Testament abordera la révélation dans le même angle.

VI.4.3. Dieu qui s’abrège

Dieu infini, puisque créateur du monde, doit prendre des proportions humaines, lorsqu’il décide d’intervenir dans le monde des hommes. Sa parole doit s’abréger sans qu’elle soit mutilée ni diminuée ? Un texte  tannaïtique Sifra, Lv 1,1 (Pereq 2, 12) témoigne déjà de la théologie de la limitation de Dieu dans la tente de réunion et Midrash ha gadol Ex 3, 2 voit cette limitation de Dieu lors de son apparition au buisson ardent (Cf. GnR 4, 4). Tous ces textes veulent résoudre le paradoxe du Dieu transcendant et immanent à la fois. .

Le thème de la condescendance de Dieu doit être ancien dans le judaïsme. Philo d’Alexandrie dans Leg ad Gaium 118, affrme qu’il est plus facile pour Dieu de devenir homme que pour un homme de devenir Dieu. Bien que le contexte soit polémique, ce passage envisage la condescendance de Dieu.

Il y un vocabulaire technique dans la Bible pour parler de la Révélation

VI.4.4. Quelques aspects de la Révélation dans l’AT

VI.4.4.1.Dieu se manifeste

C’est une particularité d’Israël en orient que Dieu peut se révéler. Pour les anciens orientaux, il n’est pas possible qu’un dieu se révèle, car il se rendrait vulnérable (Gn 32,22-32). Par contre YHWH ne craint pas de faire connaître son nom (Ex 3, 13-15 ; 6,2). L’homme ne peut pas provoquer la révélation, c’est Dieu qui prend l’initiative (Gn 12,7). La Bible utilise les expressions telles que YHWH se fait voir ou apparaît , mais jamais pour décrire sa face.  Les manifestations divines ont pour but de désigner l’endroit où Dieu veut être honoré (Gn 12,31). Ailleurs la Bible utilise l’expression Dieu se fait connaître, (Ex 6,3). Tout en continuant de dire que Dieu se fait connaître (Is 19, 21 ; Ez 20,5), la Bible préfère dire qu’il fait connaître sa puissance (Jr 16,21), sa main (Is 66,14), son nom (Ez 39,7), son salut (Ps 98,29, et. Connaître chez les Hébreux, c’est savoir par expérience, vivre dans un contact familier, intime avec quelqu’un (Os 2,21 ; Jr 31,34).

On trouve aussi l’expression Dieu se fait découvrir. Le verbe hébreu glh, sur le plan religieux a deux sens : 1° Il exprime les choses divines qui sont voilées à l’œil ou à l’oreille de l’homme, que l’homme est naturellement incapable de voir où d’entendre (1Sm 9,15 ; 2Sm 7,27 ; Ps 119,18). Dans tous ces cas Dieu vient au secours de l’homme pour voir ou entendre ce qu’il ne peut pas par lui-même. 2°  Le verbe exprime aussi que Dieu découvre les choses cachées.

Un autre aspect consiste dans le fait que Dieu se communique. Cet aspect est exprimé par le verbe hébreu ngd qui veut dire confronter quelqu’un avec quelque chose. Il s’agit d’une communication qui vient de loin, et dont le destinataire ne pouvait pas en avoir connaissance de lui-même. Parfois le même verbe ngd signifie trahir, divulguer un secret (Gn 31,20) ou livrer le secret le plus intime du cœur (Jg 14,15-18)

La voie normale que Dieu utilise pour se manifester aux hommes est sa parole, souvent transmise par les médiateurs (1Sm 10,16) de sorte que la prédication du prophète soit identique à ce que Dieu dit (Is 1,20) à tel point que YHWH appelle le prophète sa « bouche » (Jr 15,19). La personnification de la parole divine atteint son apogée dans le Ps 119 et Is 55, 10-11). Peu à peu la parole écrite remplace la parole parlée (Ex 24,3-8 ; Dt 31,24-26). En attendant que vienne le prophète eschatologique (Dt 18,15-18), YHWH restera présent à son peuple par la révélation de l’Ecriture.

VI.4.4.2. L’histoire, source de révélation

Israël croit en YHWH parce qu’on l’a vu dans les interventions historiques dont il est l’objet (Dt 6,20-24 ; Jos 24,2-13). Les événements postérieurs à l’Exode sont aussi  interprétés tantôt comme réalisation de la promesse de Dieu, tantôt  comme châtiment lors de l’infidélité du peuple de l’Alliance.

VI.4.4.3. La création, lieu de la révélation de Dieu

Le texte le plus fort en la matière est surtout le Ps 19,2-5. Le psaume met en parallèle la révélation de Dieu par la création avec la révélation  dans la Loi. La révélation du soleil s’adresse au monde entier, celle de l’Ecriture est le privilège d’Israël.

VI.4.4.4. La révélation par l’Esprit

Tous les instruments de la Révélation, parole prophétique, loi, histoire, création, se trouvent réunis par la théologie post-exilique, en une unité, l’Esprit (Nb 11, 17-29 ; Is 63,11 ; Za 7,12 ; Ne 9 ,30). Tous les prophètes sont mus par l’Esprit. Celui-ci conduit l’histoire (Is 42,9ss) et change la mort de l’exil en une existence nouvelle (Ez 37).

VI.4.5. Aspects de la Révélation dans le Nouveau Testament

 VI.4.5.1. Les mots les plus significatifs

Le mot apocalypsis, dévoilement, ou le verbe apocalypto, dévoiler, s’appliquent au langage religieux et traduise la conscience d’un certain type d’expérience religieuse. En Matthieu et en Paul, ces mots sont associés à la personnes de Jésus. Ils sont pris dans un sens large.

Le verbe phanero, montrer, rendre manifeste, est très proche de apocalypto, mais il n’a pas de signification religieuse déterminée dans le NT, sauf chez Jean et dans la 2Co où il rappelle régulièrement les révélations de Dieu à Moïse.

Les mots epiphaino-epiphaneia,  désigne la manifestation d’une réalité cachée et rendue visible, mais avec un sens prononcé de puissance religieuse et rayonnante.

VI.4.5.2. Les expressions courantes

Les révélations exceptionnelles accordées par Dieu qui font partie des charismes (1 Co 14,26). La révélation de Jésus-Christ au jour de sa parousie est d’une dimension universelle (L17,30). C’est un événement à venir, à attendre. Cependant ce qui sera révélé est déjà présent à travers la réalité vécue par la foi (Cf. Ga 3, 23)

VI.4.5.3. Révélation chez certains auteurs bibliques

La révélation reçue et transmise par Paul est d’ordre eschatologique. Pour lui, en Jésus-Christ, toutes les promesses  de l’AT sont tenues, toute l’espérance d’Israël est comblée. C’est tout au long de l’action de Paul que « Dieu révèle en lui son Fils (Ga 1,16). Chaque fois que l’homme se livre au péché, « la colère de Dieu » se révèle sur lui et quand l’évangile est annoncée « la justice de Dieu se révèle » (Rm 1,16). La Révélation est une réalité dynamique qui sera parfaite dans la pleine lumière (1 Co  13,12).

Pour Marc, qui n’utilise pas de vocabulaire technique pour désigner la révélation, tout l’Evangile est une révélation de Jésus-Christ qui est achevée quand celui-ci a été jusqu’au bout de sa parole et son action.

Pour Matthieu, toutes les révélations passent par Jésus ( Mt 11,25-27 ; 13, 11.16 ; 16, 17). D’après ces textes « connaître le Fils », c’est connaître la place et la mission que le Père donne au Fils ; « connaître le Père », c’est connaître les secrets du Père sur le Fils et son œuvre.

Pour Luc, la révélation consiste à reconnaître la réalisation de la vocation d’Israël d’être lumière pour le monde (Is 49, 6) dans l’événement Jésus (Lc 2,32, Ac 1,8).

Dans la théologie johannique, la révélation est le centre de toute l’œuvre. Pas d’emploi du mot apocalyptein et insistance sur phaneroo (9 fois dans l’Evangile et 9 fois dans la 1Jn). Jean a une liste de vocabulaires ordinaires[58], auxquels il donne une valeur théologique à cause de l’événement qu’ils décrivent. L’existence humaine devient un lieu où Dieu se donne à voir. Certains verbes décrivent le comportement requis pour accueillir la révélation : voir ou contempler, entendre, connaître (ginoskein et eidenai)

La nature de la révélation chez Jean, désigne l’acte définitif de Dieu, la communication suprême. C’est une mise à nu d’une réalité elle-même invisible (Jn 1, 18 ; 17, 6ss).

Un autre trait typique de la révélation chez Jean : la manifestation d’une réalité restée cachée jusqu’à l’heure fixée par Dieu. En lisant Jn 1, 1.14 et 1Jn 1,1, on peut conclure que l’humanité de Jésus, avec ses détails concrets, ses événements apparemment banals, ses réactions personnelles, est pour Jean le lieu même de la révélation divine. Le moment suprême en est la passion et la mort sur la croix (Jn 19,30 : tethelestai).

Le mode de la révélation est celui-ci : l’homme Jésus de Nazareth est le Verbe de Dieu dans la chair, le Fils unique du Père, la révélation qu’il apporte se fait à travers son existence d’homme. Pas de révélations exceptionnelles. Lorsque se produit un phénomène extraordinaire, Jésus l’explique (Jn 12,28-30).

La révélation ne s’achève pas en deux temps mais en trois : le temps de signes où certains croient les autres s’obscurcissent ; le temps de l’explication qui s’achève par le silence du crucifié avant la reprise de la parole à la résurrection et le temps de l’Esprit qui éclairera les paroles les plus obscures (Jn 6,63 ; 7,39 ; 14,26ss).

On peut dire que la théologie de la révélation chez Jean respecte les perspectives synoptiques d’une découverte progressive. Il va sans dire que la vérité des Ecriture, pour le chrétien, c’est le Christ qui se présente comme le chemin, la vérité et la vie et qui vient habiter tout les textes du passé[59].

VI.5. La relecture chrétienne sur la condescendance de Dieu

Le bref aperçu sur le thème de la condescendance de Dieu dans le judaïsme peut nous aider à voir comment le Nouveau Testament l’a exploité. Plusieurs textes du Nouveau Testament ont une importance dans l’élaboration de la doctrine de la condescendance.

En Mc 10,45 il est dit que le Fils de l’Homme est venu pour servir. Jn 13 montre ce logion en acte quand Jésus lave les pieds de ses disciples. Le Christ serviteur nourrit son peuple (Jn 6), il l’abreuve (Jn 7) et l’illumine (Jn 8). Et J ésus déclare aux Juifs : ‘C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a écrit cette loi’ (Mc 10,5). La liturgie chrétienne a acclamé très tôt le Christ serviteur (Ph 2, 6-11).

La condescendance de Dieu culmine dans l’incarnation de Jésus. En lui Dieu vient à nous tel que nous étions capable de le voir. Quand l’Ecriture dit que Dieu descend, il faut l’interpréter dans le sens d’une adaptation à la faiblesse de l’homme. Si Dieu a permis certains rites divinatoires, c’est pour que le peuple ait une religion pourvue que celle de leurs voisins. Dieu éduque son peuple avec patience. Dans la christologie, l’idée de condescendance  trouvera[60] son accomplissement. C’est en relation avec la condescendance de Dieu que les Pères explique la révélation progressive :  « C’est , pour Dieu, le fait d’apparître et de se montrer non pas tel qu’il est, mais tel qu’il peut être vu par celui qui est capable d’une telle vision, en proportionnant l’aspect qu’il présente de lui-même à la faiblesse de de ceux qui le regardent »[61]. A l’origine de la condescendance divine se trouve la philanthropie de Dieu et l’orientation définitive en est l’incarnation : ‘Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils Unique pour que quiconque croie ne périsse, mais qu’il est la vie éternelle (Jn 1, 16-17). Ce mystère était difficile à admettre , il lui fallait une longue préparation.

La pédagogie de Dieu avait été la même dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Par le péché l’œuvre de Dieu va à la ruine, ce qui ne pas digne de la bonté de Dieu. Et comme le repentir ne suffit pas car il est incapable de ramener le corruptible à l’incorruptibilité, la restauration ne peut se faire que le Verbe de Dieu qui au commencement a créé tout.

Pour la Synagogue la doctrine de la condescendance  sera centrée essentiellement sur les épisodes de la libération d’Egypte et du don de la Loi. Les Pères de l’Eglise montrent que c’est dans l’Incarnation du Christ que cette théologie trouve son climax. C’est là que réside la nouveauté de leurs affirmations[62].

VI.6. Jérusalem, centre de la terre (Juifs, Chrétiens, Musulmans)

VI.6.1. Jérusalem dans le judaïsme

La dimension territoriale du judaïsme est considérée comme l’un des piliers de la traditions[63]. Pour les prophètes, surtout Jérémie, ‘‘la terre reste emblématique de l’axe interprétatif à deux pôles : malédiction et bénédiction. Qui s’attache au Seigneur sera béni et qui s’en éloigne sera maudit. Le béni habitera la terre et en jouira, le maudit en sera exclu et vivra sur une autre qui ne lui appartient pas et cette fois en tant qu’esclave’’[64].Un bref rappel historique sur Jérusalem. Elle étaient une ville jébuséenne, conquise par l’armée du roi David. Elle deviendra capital du roi quand David y transféra l’arche d’alliance. Elle sera la ville où est construite le Temple. Au 6e siècle les Babyloniens détruisent la ville et le Temple qui seront recontruits en 615 par Zorobabel. Pillé et profané par Antichus Epiphane en 167 avant J. -C., le Temple fut reconsacré le 25 du mois de Kislev, consacration fêtée chaque année à la fête de la Dédicace (1M 4,59). Capitale religieuse d’Israël, Jérusalem sera appelé Cité de Dieu (Ps 46,5), Cité du Grand Roi (Ps 48,3), Maison de Dieu (Esd 12,4), Trône de Yahvé (Jr 3,17), Montagne Sainte (Ps 24). Elle a pour vocation ville de pèlerinage (Jn 6,4 ; 7,2 ; 10,22). Cette vocation n’était pas facile à réaliser au point que les prophètes accuseront Jérusalem d’’être devenue une prostituée. Après la purification de l’exil Jérusalem redevient la vile de Justice (Is 1,26-27) et maison de prière pou tous les peuples (Is 56, 7). Les chapitres 60 et 62 d’Isaïe célèbre la splendeur nouvelle de Jérusalem qui va refléter la gloire de Dieu et EZ 48 qffirme le nouveau nom de Jérusalem sera : Dieu est là. Le Ps 46 en fait le nouveau Eden fertilisée par les eaux qui symbolisent l’effusion de l’Esprit .

Dans la période intertestamentaire Jérusalem est présentée comme le centre de la terre (Hénoch éthiopien 26, 1.7 ; 90,29-36 ; Jub 8,19 ; Midrash Tanhuma, Qedoshim 55,18))

VI.6.2. Jérusalem dans le Nouveau Testament

Pour Paul[65], les espérances liées au temple sont accomplies dans le Christ. C’est la communauté chrétienne qui porte la sainteté jadis attachée au Temple. La résurrection n’est pas le commencement de l’ère messianique juive, mais un création nouvelle. Comme la promesse de la terre était liée à la Loi. Pour Paul l’Evangile remplace la Loi et le chemin du salut c’est le Seigneur vivant. Il est libéré de la Loi et de la terre, même s’il reconnaît  encore une dimension géographique de l’eschatologie.

Pour Marc, qui oppose la Galilée à Jérusalem, la victoire pascale signifie que la présence de Dieu n’est pas limitée à Jérusalem. C’est dans la Galilée des païens qu’il faut le chercher.

Pour Matthieu, Jérusalem est la ville sainte (3, 5), la ville du grand roi (5,35à, mais c’est aussi la ville qui rejette son sauveur. Sa destruction est la sanction de son incrédulité (21,40-41)/ Cette sanction est aussi un avertissement pour l’Eglise nouveau peuple de Dieu. Si Dieu a traité ainsi sa ville, il n’épargnera pas les croyants ui ne portent pas de fruit.

Seul Luc donne beaucoup d’importance à Jérusalem[66]. Le troisième Evangile insiste sur l’histoire du salut et Jérusalem est le lieu où se réalise la promesse faite à Israël. Pourtant les Actes des Apôtres présente deux théologies. Les chapitre 6-8 qui proviennent d’une source helléniste ont une théologie différente de celle des chapitre 1-5 qui semble judéo-chrétienne. Les thèmes majeurs de la théologie des hellénistes sont :

  • le rejet du Temple comme lieu de la présence de Dieu
  • le rejet de Jésus comme aboutissement de refus opposé aux messagers de Dieu. Le discours d’Etienne illustre cette théologie. Il montre que la présence de Dieu n’est pas limitée à un pays ni une demeure. Il évoque les épisodes significatifs hors la terre promise :
  • Abraham est appelé de Mésopotamie
  • Joseph fit l’expérience de Dieu en Egypte
  • Moïse fut appelé en dehors de la terre Promise
  • La période idéale du culte est la désert.

Le reste de l’histoire a été un déclin progressif qui a commencé par le veau d’or. Alors si les sacrifices du Temple avait perdu leur valeur, il fallait alors accepter la valeur sacrificielle de la mort de Jésus. Cette théologie aboutira à l’affirmation de l’Epitre aux Hébreux (He 9).

Pour Paul c’est la communauté chrétienne qui constitue le Temple de l’Esprit (1Co 3,6-17 ; 6,19 ; 2Co 6,16 ; Ep 2,19-22). La mort du Christ est qualifiée de hilastêrion (Rm 3,25), un terme très utilisé dans le Yom Kippur (Lv 16,4). Le sacrifice aaronique est présenté comme une ombre du  sacerdoce du Christ (He 7,3). La première de Pierre et l’Apocalypse insistent sur le thème du sacerdoce commun du peuple de Dieu (1P 2,4-5 ; Ap 1,6 ;5,10, ;20,6 ; Ex19,6). Par là on peut dire qu’un des piliers du judaïsme fut ébranlé par les premiers chrétiens[67].

VI.7. L’élection d’Israël dans le Nouveau Testament

Dans l’Ancien Testament et dans le judaïsme, la conscience d’être membre du peuple élu oblige le juif à observer la loi et le sabbat, car pour tout juif qui se respecte, l’élection se traduit dans le don de la loi et du sabbat.

Jésus a observé la loi (Mc 6,56 ; 1, 44 ; 10,19). Dans ses controverses, il  argumente à partir des Ecritures (Mc 7,10 ; 12,26).

En même temps, Jésus critique la loi (Mt 5,38 ;Mc 10,2-12 ; 7,14). Il demande qu’on invite les estropiés, les boiteux et les aveugles à la table contrairement à Lv 21,17-21. Pour lui, le sabbat doit être au service de l’homme (Mc 2,23-3,5) . Il accepte de manger avec les pécheurs (Lc 15,2 ; Mt 11,19). Il cite un Samaritain en exemple comme modèle de charité (Lc 10,30-37).

Au début de l’Eglise, la communauté chrétienne est consciente d’être l’Israël eschatologique (voir le symbolisme de 12 en 1Co 15,5 ; Ac 1,21-22) c’est pourquoi les chrétiens continuent à observer la loi juive (Ac 10,14 ;11,8). Ils en distinguer l’essentiel de l’accessoire. En effet le judaïsme avait développé une théologie de la loi proche de la théologie sapientielle qui distingue l’essence de la loi et la manifestation de la loi. Ce qu’on appelle Torat Adonaï constitue l’essence et la Torat Moshe en est la manifestation. Aucun commentaire ne touche la Torat Adonaï. C’est ainsi que Jésus formulera ce reproche aux Pharisiens et aux Scribes : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu et vous vous attachez à la tradition des hommes… » (Mc 7,8-9). Jésus distingue la Loi de Dieu et la Loi de Moïse en Mt 19, 4-9).

Pour le christianisme la Révélation de Dieu aux hommes ne permet pas à ces derniers de posséder Dieu. Il y a une dialectique entre la Révélation de Dieu et le Silence de Dieu. Accepter que l’Ecriture soit une manifestation du Silence de Dieu signifie que l’Ecriture a deux sens : le sens littéral et le sens spirituel qui ne se découvre qu’à celui qui entre dans le silence de Dieu. L’Ecriture est un pain qui devient aliment quand elle consacrée par Jésus, la Parole incarnée sortie du silence du Père. Comme il n’y a qu’un seul Verbe, il n’y a qu’une seule Ecriture. C’est pourquoi les deux Testaments sont unis en Jésus-Christ. L’Ancien annonce le Messie et le Nouveau l’identifie.

‘‘Bref, en Dieu il y a le silence des origines qu’est le Père et le silence du destinataire qu’est l’Esprit. En Dieu il y a la rencontre de la parole prononcée dans le silence éternel et la parole qui entre dans le temps par l’incarnation de Jésus’’[68].

Selon l’Epître aux Romains (9,1-5 ; 11,29), Israël a huits privilèges :

  • l’adoptin filiale (cf. Ex 4,  éé ; Dt 14,1 ; Os 11, 1) :
  • la gloire : apparition visible et lumineuse de la présence de Dieu au sein d’Israël (Ex 24,16, 40,34-35, voir la Shekina de la théologie des Rabbins) ;
  •  les alliances au pluriel (Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David) ;
  • la législation : toutes les lois considérées en bloc, c’est le pédagogue qui aidait Israël à rester fidèle à l’alliance ;
  • le culte ; expression de la conscience du peuple que Dieu est présent en son milieu et qu’on peut entrer en dialogue avec lui (Shekina) ;
  • les promesses : contenu spécifique des alliances : ex : le don de la terre, hériter le monde ;
  • les patriarches : évocation des mérites de premiers croyants (Abraham, Isaac, Jacob …),
  • le Christ issu d’Israël. Le Messie provient des Juifs quant à ses origines humaines, mais il n’appartient pas exclusivement aux Juifs quant à la destination. L’ordre des privilèges mentionnés montre qu’ils sont orientés vers le Christ.

Après avoir énuméré les privilèges, Paul se pose la question de savoir qu’est-ce qu’est Israël. Puis il évoque la liberté de Dieu qui accorda une préférence à Jacob sans mérite pour recevoir la bénédiction. Dans le cas de Jacob et Isaac, alors ce sont les enfants de la promesse libre de Dieu qui reçoivent la bénédiction. Lorsqu’on lit la liste de privilèges d’Israël, la bénédiction manque. Et si elle est présente, elle n’apparaît qu’associée au Christ qui est Dieu béni éternellement (Rm 9,6-11,36). Paul arrive à la conclusion qu’il y a aussi deux Israël : l’Israël qui s’est endurci et s’est exclu de la bénédiction et l’Israël qui s’est ouvert au Messie et qui, en lui, a reçu la bénédiction. Ce dernier est l’Israël authentique (Rm 9,6) le reste élu par grâce (Rm 9, 6-29).

Dans Galates (3,27-29), ceux qui se réclament de la foi en Christ sont les vrais fils d’Abraham. Le seul descendant d’Abraham par qui la bénédiction est venue c’est le Christ. Dans l’Epître aux Philippiens (3,5-8), les privilèges que la naissance avait conférés à Paul sont pertes (zemia en grec) et skubalon (crotte et fumier). En Col 3, 11, l’expression ‘il n’ y a plus ni juif, ni paiën’ affirme clairement  l’abolition des privilèges d’Israël[69] mais pas les promesses.

VI.8. Abraham, le Père de toutes les familles de la terre

Pour l’Ancien Testament, la paternité d’Abraham a un caractère universel. Le targum Néofiti Gn 13, 2 avait spécifié que c’est grâce au mérite d’Abraham que toutes les familles de la terre obtiendront la bénédiction. Le targum fragmentaire  de Gn 12, 2 traduit le verset par : ‘Abraham deviendra multiples bénédiction’ laissant entendre que la bénédiction sera pour nombreux peuples. Sa vocation était donc ordonnée au retour des nations à Dieu.

Paul tire les conséquences de cette paternité universelle en Ga 3,8 et estime que les païens sont aussi bénis avec Abraham s’ils acceptent la foi en Jésus. La paternité d’Abraham est basée sur  l’élection divine, la promesse et la foi. C’est une valeur permanente au même titre que l’accomplissement de la promesse dans le Christ. Paul proclame l’antériorité de cette paternité à la loi mosaïque de la circoncision. Pour lui la loi n’avait qu’une valeur provisoire et donc le Christ mit fin au régime provisoire de la loi pour réaliser en plénitude la gratuité et l’universalité de la promesse reçue par Abraham. Il rétablit l’unité en renversant le mur de l’inimitié qui avait séparé Israël et le Nations. Les rameaux de l’olivier sauvage, ont été greffés sur l’olivier franc, Israël, pour être portés par la racine sainte, les Patriarches.

Pour l’Epître aux Hébreux, la foi d’Abraham a été mise à l’épreuve (He 11,11-20) quand il crut que Dieu pouvait lui donner une descendance d’une femme âgée et que Dieu avait le pouvoir de ressusciter Isaac qu’il allait immoler sur ordre de Dieu.

Tandis que le judaïsme associe l’offrande du sacrifice au Temple à la scène de la conclusion de l’alliance en Gn 15 (LvR 11,15), la lettre aux Hébreux fait une critique serrée des sacrifices  anciens et conclut à leur inefficacité (He 10,1-18). Le Nouveau Testament va exploiter la citation d’Os 6,6 ‘c’est la bonté que je veux et non le sacrifices’ pour renchérir la position de Abot de R . Nathan qui disait : ‘Ne t’afflige pas mon fils, car nous avons un autre moyen d’expiation aussi efficace. – Lequel ? ce sont les œuvres de miséricorde’.

Les Pères de l’Eglise vont justifier l’entrée des païens dans l’Eglise par la figure de l’Alliance d’Abraham avec Abimelekh (Manns F., L’Israël de Dieu, p. 108). Dans un contexte de polémique, Justin (Dialogue, 19 et 33) affirme que le tribut qu’Abraham avait payé à l’incirconcis Melchisedek démontre la supériorité du sacerdoce de ce dernier sur le sacerdoce lévitique. Cet argument provient sans doute de l’Epître aux Hébreux.


[1] Geneviève Comeau, Le dialogue religieux. (Que penser de….?), Ed. fidélité, Namur, 2005, p. 55.

[2]  Geneviève Comeau, Le dialogue religieux. (Que penser de….?), Ed. fidélité, Namur, 2005.

[3] Ordine dei Frati Minori, La vita come dialogo (Quaderni di studi Ecumenici 5), ISE Venezia-Roma 2002, p. 19; cf. Karl Rahner, Traité fondamental de la foi, Centurion, 1983, p. 353, cité par Geneviève Comeau, Le dialogue religieux. (Que penser de….?), Ed. fidélité, Namur, 2005, p. 59.

[4] Harun yahya, La Création de l’Univers, Al-Attique Publishers Inc, Toronto, 2001, p. 22.

[5] Harun yahya, La Création de l’Univers,  p. 22.

[6] Harun yahya, La Création de l’Univers, p. 22.

[7] Henry Margenau, Roy Abraham Vargesse. Cosmos, Bios, Theos. La Salle IL: Open Court Publishing, 1992, s. 241, cité par Harun yahya, La Création de l’Univers, p. 22.

[8] Hugh Ross, The Creator and the Cosmos: How Greatest Scientific Discoveries of The Century Reveal God, Colorado: NavPress, revised edition, 1995, s. 76, cité  par Harun yahya, La Création de l’Univers, p. 22.

[9] H. P. Lipson, « A Physicist Looks at Evolution », Physics Bulletin, vol. 138, 1980, s. 138, cité par Harun yahya, La Création de l’Univers,  p. 27.

[10] par Harun yahya, La Création de l’Univers,  p. 27.

[11] Harun Yahya, La création, in http://www.alterinfo.net/La-creation-de-l-univers-a-partir-du-neant_a10926.html (24/9/2015).

[12] Harun Yahya, La création, in http://www.alterinfo.net/La-creation-de-l-univers-a-partir-du-neant_a10926.html (24/9/2015).

[13] Anick de Souzenelle, Le Féminin de l’ètre. Pour en finir avec la cote d’Adam, Albin Michel, Paris, 1997, p. 26

[14] Yves Beauperin, Cours à l’Institut. Psaume 8, in http://mimopedagogie.pagesperso-orange.fr/Paysannisme/Commentairesbibliques/AncienTestament/Psaumes/Psaume8.pdf 827/11/2015).

[15] François, Yves, Lucie et les autres, in http : // fraternite – ofs – sherb.eklablog.com/rome  – francois – yves  – lucie – et – les – autres  – e  – e  – a113009084 (29 – 10 – 2014) ; le Pape : l’évolution de la nature ne contredit pas la création, in http : // fr.radiovaticana.va/news/2014/10/27/le_pape__lévolution_de_la_nature_ne_contredit_pas_la_création/1109525 (29 – 10 – 2014).

[16] François, Yves, Lucie et les autres, in http : // fraternite  – ofs  – sherb.eklablog.com/rome  – francois  – yves  – lucie  – et  – les  – autres  – e  – e  – a113009084 (29 – 10 – 2014) ; le Pape : l’évolution de la nature ne contredit pas la création, in http : // fr.radiovaticana.va/news/2014/10/27/le_pape__lévolution_de_la_nature_ne_contredit_pas_la_création/1109525 (29 – 10 – 2014).

[17] P. Molard Chenebenoit, La plus ancienne main moderne, in http://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/la-plus-ancienne-main-%c2%abmoderne%c2%bb-aurait-18-million-dann%c3%a9es/ar-BBlRljR?ocid=spartandhp (20 – 08 – 2015).

[18] P. Molard Chenebenoit, La plus ancienne main moderne, in http://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/la-plus-ancienne-main-%c2%abmoderne%c2%bb-aurait-18-million-dann%c3%a9es/ar-BBlRljR?ocid=spartandhp (20 – 08 – 2015)

[19]http://mimopedagogie.pagespersoorange.fr/Paysannisme/Commentairesbibliques/AncienTestament/Psaumes/Psaume8.pdf (27/11/2015).

[20] Eric EDELMANN, Jésus parlait araméen, Editons du Relié, 2000, p. 32.

[21] Yves Beauperin, Cours à l’Institut. Psaume 8, in http://mimopedagogie.pagesperso-orange.fr/Paysannisme/Commentairesbibliques/AncienTestament/Psaumes/Psaume8.pdf 827/11/2015).

[22] http://artchives.samsara-fr.com/cosmogoni.htm (24/09/2015).

[23] S. De Ganay, Notes sur la théodicée Bambara, in Revue de l’histoire des Religions 135/1-2 (1949) 187-213, p. 192.

[24] S. De Ganay, Notes sur la théodicée Bambara, in Revue de l’histoire des Religions 135/1-2 (1949) 187-213, p. 189.

[25]  Le récit originel, in https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cit_originel (20/9/2015).

[26] A. Bonnet, http://www.mespsaumes.net/Psaumes/Com23.pdf (26/09/2015)

[27] http://www.bibleenligne.com/Commentaire_biblique/Commentaire_simple/AT/Psaumes/Ps%2024.htm (26/09/2015).

[28] Pape François, Laudato sii, Editrice Città de Vaticano, Roma, 2015.

[29]https://bible.org/seriespage/l%E2%80%99alliance-avec-no%C3%A9-8211-un-nouveau-commencement-gen%C3%A8se-820-8211-917 (24/09/2015).

[30] http://eglise-vivante-unie.fr/le-deluge-et-le-repeuplement-de-la-terre/ (26/09/2015)

[31] E. Mveng, L’Afrique dans l’Eglise, Paris, L’Harmattan, 1985, p. 156.

[32] Mveng E., L’Afrique dans l’Eglise, Paris, L’Harmattan, 1985, p. 156

[33] Nillon P., Ceci est la véritable Bible de Moise/Akhenaton, in

 http : // vuesdumonde.forumactif.com/t3402 – ceci – est – la – veritable  – bible – de – moise – akhenaton (4 – 5 – 2013).

[34] Gn 13

[35] M. Rosenstiehl – D. Nocquet, L’aventure d’Abraham. Dieu fait route avec nous, Edit. Olivetan, Paris 1996.

[36] Cf. Eglis Réformée de France, La tentation de l’extrème droite, Les Bergers et les Mages, Paris, 2000, p.1915-1916.

[37] Marguerat (édit.), la Bible en récit. L’exégèse biblique à l’heure du lecteur, Labor et Fides, Genève, 2003, p.

[38] J.Ratzinger Benoit XVI, L’unique alliance de Dieu et le pluralisme des religions, Edit. Parole et silence, 1999, p. 20-21.

[39] http://www.interbible.org/interBible/ecritures/mots/2001/mots_011005.htm (30/09/2015)

[40] J. M. Chouraqui, théologie de l’élection, http://reforme.net/une/theologie/lelection-bible-privilege-exigence (30/09/2015).

[41] http://j.leveque-ocd.pagesperso-orange.fr/lu070110.htm (09/10/2015).

[42] http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2010/clb_100604.html (9/10/2015).

[43] Selon l’analyse linguistique de Sim Mi Nsonkon Rémy[43], le symbolisme du monothéisme juif provient de l’Egypte. Pour lui, et nous en sommes d’accord, les Hébreux ont carrément copié le symbolisme du nombre 7 et sont matérialisme inventés en Egypte. Le vocable hébraïque zayin signifiant 7, et parenté à l’égyptien sefeth et aux langues d’Afrique noire moderne, en est une évidence irréfutable.  Il note que chez les Juifs, le chandelier joue aussi un rôle très significatif dans le culte. On appelle ce chandelier, une “ménorah”, c’est un candélabre à 7 branches, pour rappeler les 7 jours de la création et pour signifier que tout vient de Dieu et tout retourne à Dieu[43]. C’est Dieu qui donne la lumière, c’est Dieu qui donne la vie. Le Chandelier à 7 branches en or était en relation exclusive avec le Tabernacle.

[44] Y. Guillemette, http://www.interbible.org/interBible/ecritures/mots/2001/mots_011005.htm (30/09/2015).

[45] Fr. Manns, Saulo di Tarso. La chiamata all’universalità, edizioni terre santa, Bari, 2008.

[46] Benoit XV, Paul apotre de l’unité, MediasPaul, Paris, 2008.

([47]) CAQUOT A., “Le messianisme qumrânien ”, in M. Delcor (éd.), Qumran. Sa piété, sa théologie et son milieu (BETL 46), Paris-Gembloux-Leuven 1978, pp. 231-247 ; CARMIGNAC, “La future intervention de Dieu selon la pensée de Qumran ”, Sa piété, sa théologie et son milieu (BETL 46) , pp. 219-229 ; ALLEGRO, “ Further messianic in Qumran Litterature ” in JBL 75 (1956), pp. 174-187 ; PLUSIEURS , Le Nouveau Testament est –il anti-Juif ? (CaEv 108), Paris, Cerf 1999.

[48]   Dupont-Sommer – Philonenko, La Bible. Écrits Intertestamentaires, Paris,  1987, p. XII-XIII; le livre d’Hénoch est cité dans le Nouveau Testament, notamment Jd 14-15 qui cite avec de légères variantes Hen 1, 9. Le titre de Fils de l’Homme que Jésus applique à lui-même emprunte certains traits à Hénoch et Daniel. On peut y voir une certaine préparation à la Christologie du Nouveau Testament. cf. Dupont-Sommer – Philonenko, Op. cit., p., LXIX-LXX. Il n’est pas facile de définir l’Apocalyptique, car elle remplit deux fonctions: »During the exilic and post-exilic periods, apocalyptic became a major trend in Jewish thought. It was inherited by christianity and remains an element in it to the present. Apocalyptic is both prophetic and revelatory; in apocalyptic literature we find, on the one hand, moral indignation about the present world, on the other, the foreboding predictions of eschatological events and the ultimate destiny of the world ». Charlesworth, The Old Testament Pseudepigrapha, London, Darton, Longman & Todd, 1983 p. 9.

Voir aussi , Nouveau Commentaie Biblique (Edit. Guthrie), Saint-Légier, 1978, p. 57-61 ; Pierre Matabaro Chubaka, Jésus nous donne la vraie paix. Lecture exégétique de Jn 14, 27 à la lumière du judaisme de Qumran, Editions Franciscaines Kolwezi, 2003, p. 15-29.

[49]  Selon J. Ber 4,1 : ‘le service du cœur n’est autre que la prière’.

[50]  Cf. Gerhardsson B., ‘‘Jésus livré et abandonné’’, RB 76 (1969) 206-227.

[51]  De Jonge M., ‘‘Nicodemus  and Jesus: Some observations on Misunderstanding and Understanding in the Fourth gospel’’, BJRL 53 (1970-1971) 337-359.

[52]  Manns F., L’Israël de Dieu, p. 29.

[53]  Manns F, L’Israël de Dieu, p. 30.

[54]  Germes G., ‘’The Decalogue and the Minim’’, in Memorial P. Kahle, Berlin 1968, 232-240.

[55]  Pinard H., ‘‘Les infiltrations païennes dans l’ancienne loi d’après le Pères de l’Eglise : la thèse de la condescendance’’, RSR 9 (1919) 197-221 ; Duchatelrz, ‘‘La condescendance divine et l’histoire du salut’’, NRT 95 (1973) 593-621 ; Dreyfus F., ‘‘La condescendance divine (synkatabasis) comme principe herméneutique de l’Ancien Testament dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne’, VTS 36 (1986) 96-107 ; cf. Manns F, L’Israël de Dieu, p. 33.

[56]  Manns F., L’Israël de Dieu, p. 37.

[57]  Manns F ., L’Israël de Dieu, p. 43.

[58]  Commandement, témoignage, signes, gloire, lumière, nom, vérité, parole, témoigner, parler.

[59] A. Marchadour, L’inspiration et le canon des Ecritures, CeEv 49 (1984) , 15 cité par Jean Marie Guillaume, Initiation à la Bible, Abidjan, Paulines F. de St Paul, 2000, p. 111.

[60]  Origène, Sur Gen, Hom 1,13 : PG 12,157 ; Sur la Prière 23,2 : PG 11, 488 ; Cité par . Manns F., L’Israël de Dieu, p. 47.

[61]  Grégoire de Naziance, Sur l’incompréhensibilité de Dieu, Discours 3 : SC 28, 176.

[62]  Cf. Manns F, L’Israël de Dieu, p. 49.

[63]  Manns F., L’Israël de Dieu, p. 51.

[64]  Mbayo G., La Théologie jérémienne de la terre, Rome 2004, p.88.

[65]  Manns F, L’Israël de Dieu, p. 53.

[66]  Manns F, L’Israël de Dieu, p. 55-57.

[67]  Manns F., L’Israël de Dieu, p. 68.

[68]  Manns F. , L’Israël de Dieu, p. 77.

[69] Manns F., L’Israël de Dieu, p. 81.

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