Voici la suite du 📘 Dictionnaire contextuel – Psaume 10, enrichie par ta révision, Pierre 🌿, avec les entrées grammaticales complémentaires et les notes exégétiques qui affinent la théologie linguistique en mashi.
📘 Dictionnaire contextuel – Psaume 10 (suite et révision)
Mashi
Hébreu (translit.)
Français
Kiswahili
Grammaire
Thème
Réf.
Kulogorha
גִּדֵּף (gidef)
Blasphémer
Kukufuru
Verbe
Parole contre Dieu
v.3
Amalogorha
גִּדּוּפִים (giddufim)
Blasphèmes
Makufuru
Nom pluriel
Péché de la langue
v.7
Okurhwiri
אֹזֶן (ozen)
Oreille
Sikio
Nom commun
Perception, écoute
v.17
Omu nfune zâwe
בְּיָדְךָ (beyadekha)
Dans tes mains
Mikononi mwako
Locatif possessif
Soin divin, autorité
v.14
🌿 Notes thématiques révisées
Kulogorha / Amalogorha ↔ Gidef / Giddufim Le verbe hébreu גִּדֵּף (gidef) signifie profaner ou insulter Dieu. Le mashi kulogorha exprime cette parole sacrilège, souvent dirigée contre Nyamuzinda. Le pluriel amalogorha renforce l’idée d’un discours répété, enraciné dans l’irrespect. C’est une faute de la langue, mais aussi une posture spirituelle de rejet.
Okurhwiri ↔ Ozen Le mot mashi okurhwiri signifie « oreille », et non « affermir » comme précédemment supposé. Il correspond au verset 17, où Dieu est décrit comme celui qui écoute les soupirs des opprimés. L’image est sensorielle, intime, et souligne la proximité divine.
Omu nfune zâwe ↔ Beyadekha L’expression mashi signifie littéralement « dans tes mains », correspondant à בְּיָדְךָ (beyadekha). Ce n’est pas un terme judiciaire (mishpat), mais une image de protection, de délégation ou de prise en charge divine. Elle évoque la confiance, la sécurité, et l’autorité bienveillante.
🕊️ Noms divins en mashi – Théologie contextuelle
Nom en mashi
Sens théologique
Équivalent biblique
Fonction spirituelle
Nyamuzinda
Seigneur, Roi, Maître du royaume céleste
YHWH / Adonaï
Souveraineté, justice, refuge
Nnâmahanga
Maître des nations, Seigneur universel
Elohim des nations
Jugement des peuples, autorité cosmique
Nyamubâho
Celui qui est, qui était et qui vient
YHWH / Ehyeh Asher Ehyeh
Éternité, immuabilité, présence constante
Nyamuzinda w’emirhwe
Seigneur des armées célestes, des puissances invisibles
YHWH Tsevaot / Elohim Sabaoth
Puissance guerrière, protection, victoire
Lungwe
Dieu unificateur, source de cohésion et d’harmonie
Elohim Unité / Père Créateur
Unité, réconciliation, fondement du cosmos
🌿 Notes exégétiques
Nyamuzinda est le nom le plus fréquent dans les Psaumes en mashi. Il évoque un Dieu proche, juste, protecteur, souvent invoqué dans les cris de détresse ou les chants de louange. Il est le centre du dialogue spirituel.
Nnâmahanga dépasse le cadre tribal ou national : il affirme que Dieu est au-dessus de toutes les frontières. Il juge les rois et les peuples avec équité. C’est une vision eschatologique et prophétique.
Nyamubâho est une perle théologique : il traduit l’idée biblique de l’être absolu, celui qui transcende le temps. Il est parfait pour les prières contemplatives ou les méditations sur la fidélité divine.
Nyamuzinda w’emirhwe est puissant dans les contextes de combat spirituel : il rappelle que Dieu commande les armées célestes, qu’il est le stratège divin dans les luttes contre le mal.
Lungwe est peut-être le plus mystique : il évoque Dieu comme principe d’unité, celui qui relie tout ce qui est, qui harmonise les contraires. Il est précieux dans les liturgies de paix ou les chants de réconciliation.
📘 Conjugaison en mashi – Forme accomplie avec ma
Structure : Pronom sujet + ma + racine du verbe → action accomplie ou récente
Sujet
Comprendre (yumva)
Blasphémer (logorha)
Voir (bona)
Dire (derha, erhi)
Souffrir (kurhindibuka)
Se lever (yimuka)
nie (je)
namayumva
namalogorha
namabona
Namaderha, nti
namarhindibuka
namayimuka
we (tu)
wamayumva
wamalogorha
wamabona
Wamaderha, erhi
wamarhindibuka
wamayimuka
ye (il/elle)
amayumva
amalogorha
amabona
Amaderha, erhi
amarhindibuka
amayimuka
rhwe (nous)
rhwamayumva
rhwamalogorha
rhwamabona
Rhwamaderha, ntii
rhwamarhindibuka
rhwamayimuka
mwe (vous)
mwamayumva
mwamalogorha
mwamabona
Mwamaderha, erhi
mwamarhindibuka
mwamayimuka
ba (ils)
bamayumva
bamalogorha
bamabona
Bamaderha, erhi
bamarhindibuka
bamayimuka
🌿 Notes grammaticales
Le marqueur ma est infixé entre le pronom sujet et la racine verbale.
Il indique une action accomplie, souvent récente ou pertinente dans le contexte narratif ou liturgique.
Cette forme est idéale pour les récits de délivrance, les actions divines, ou les actes des méchants dans les Psaumes.
Les verbes yumva (entendre) et yimuka (se lever) sont riches en contexte théologique.
📘 Conjugaison négative en mashi – Forme inacomplie (avec nta- / rha-)
Sujet
Forme négative
Traduction
nie (je)
ntaciyumva
Je n’ai pas encore compris
we (tu)
orhaciyumva
Tu n’as pas encore compris
ye (il/elle)
arhaciyumva
Il/elle n’a pas encore compris
rhwe (nous)
rhurhaciyumva
Nous n’avons pas encore compris
mwe (vous)
murhaciyumva
Vous n’avez pas encore compris
bo (ils)
barhaciyumva
Ils n’ont pas encore compris
🌿 Structure grammaticale
nta- / rha- : préfixes de négation.
ci- : morphème verbal indiquant l’inacompli ou l’aspect non réalisé.
yumva : racine verbale (comprendre / entendre).
Cette forme exprime une action non encore accomplie, avec nuance de retard, attente ou impossibilité.
📘 Tableau contrastif – Inaccompli vs Perte définitive
Sujet
Forme avec accent
Traduction (inaccompli)
Forme sans accent
Traduction (perte / impossibilité)
nie
ntacibonà
Je n’ai pas encore vu
ntacibona
Je ne vois plus / je suis devenu aveugle
we
orhacibonà
Tu n’as pas encore vu
orhacibona
Tu ne vois plus / tu es devenu aveugle
ye
arhacibonà
Il/elle n’a pas encore vu
arhacibona
Il/elle ne voit plus / est devenu aveugle
rhwe
rhurhacibonà
Nous n’avons pas encore vu
rhurhacibona
Nous ne voyons plus / sommes devenus aveugles
mwe
murhacibonà
Vous n’avez pas encore vu
murhacibona
Vous ne voyez plus / êtes devenus aveugles
bo
barhacibonà
Ils n’ont pas encore vu
barhacibona
Ils ne voient plus / sont devenus aveugles
🌿 Notes linguistiques
Le ton final sur le verbe (-bonà) indique une action suspendue, en attente d’accomplissement.
L’absence d’accent (-bona) indique une rupture, une perte de capacité, voire une déchéance.
Le pronom sujet est souvent redondant, utilisé pour l’emphase poétique ou stylistique.
🧠 Application poétique dans les Psaumes
“Ntacibonà Nyamuzinda.”
Lecture 1 : Je n’ai pas encore vu le Seigneur (espérance)
Lecture 2 : Je ne vois plus le Seigneur (désespoir, abandon)
Cette ambivalence tonale permet au psalmiste de naviguer entre foi et douleur, entre attente et perte, sans changer un seul mot — seulement le souffle.